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SondageThé de compost, macération de plantes... : vous en pensez quoi ?

Que pensez-vous du thé de compost ou des macérations de plantes ? N'hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires sous l'article. (©Terre-net Média)
Que pensez-vous du thé de compost ou des macérations de plantes ? N'hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires sous l'article. (©Terre-net Média)

D'après un sondage publié sur Terre-net, l'usage du thé de compost ou des macérations de plante en agriculture reste minoritaire en France. Retrouvez des témoignages d'agriculteurs utilisateurs et des résultats d'essais sur le sujet.

Avez-vous déjà essayé le thé de compost ou les macérations de plantes sur vos cultures ? Leur usage pour nourrir et protéger les plantes des pathogènes est minoritaire dans l'Hexagone : 5,7 % des agriculteurs indiquent en employer sur leurs exploitations, selon un sondage publié sur Terre-net entre le 16 et le 23 novembre 2021 (1 495 votants). Si 6,8 % ont testé et ne sont pas convaincus et 64,6 % se disent non intéressés, 22,9 % des agriculteurs y réfléchissent. 

Infogram ci-dessous

Pour « optimiser la santé des plantes »

Pour alimenter le débat, Thierry agriculteur d'aujourd'hui a organisé un RDV agri, le 8 novembre dernier, à ce sujet sur sa chaîne Youtube. Parmi les invités, des conseillers et des utilisateurs de thé de compost et de macérations de plantes, venant de régions et de systèmes différents (agriculture de conversation des sols, bio...), témoignent de pratiques diverses, notamment en termes de solutions.

Avec ces différentes préparations, « on raisonne à l'envers. L'idée est d'optimiser au maximum la bonne santé de la plante », indique Baptiste Maître, qui fait de l'accompagnement auprès des agriculteurs. Thé de compost en enrobage de semences, en foliaire, extrait frais de luzerne, macération de plantes... : chaque producteur présente sa manière de faire et la dose utilisée, qui varient selon le contexte. Tous s'accordent néanmoins sur l'importance « d'évaluer l'état de la plante », via des mesures de Brix, de rédox ou des analyses de sève, de façon à corriger en fonction des résultats avec la bonne méthode.

Retrouvez les témoignages en intégralité (cliquez sur le curseur pour lancer la vidéo)

Concernant le thé de compost, le réseau Agr'eau Adour-Garonne, réseau d'agriculteurs basé dans le sud-ouest de la France, précise : le compost constitue « un excellent intrant en agriculture, très riche en micro-organismes (quantité et diversité) pour une vie microbienne très active ». « L'idée du thé de compost oxygéné (TCO) est de multiplier à bas coût cette vie abondante dans un milieu liquide oxygéné − ou plus exactement : aéré − afin de pouvoir l'appliquer plus facilement et sur de plus grandes surfaces. »

« Il contient les différentes classes de micro-organismes bénéfiques dans de bonnes proportions, notamment les décomposeurs (protozoaires et nématodes). Ce sont les interactions entre ces micro-organismes (relations proie/prédateur) qui vont apporter des composés complets et facilement assimilables par les plantes. »

« Des résultats encourageants »

Si le thé de compost a été beaucoup étudié aux États-Unis, « peu d'essais ont été menés en France », souligne le réseau Agr'eau Adour-Garonne. Pour y palier, les agriculteurs membres de ce réseau ont réalisé leurs propres essais, notamment sur une prairie permanente irriguée dans le Gers, afin de comparer l'apport de TCO et d'hydrolysat de soja (sur des bandes de 60 m²).

Ils témoignent aujourd'hui de « résultats très encourageants ». En effet, cela a permis de révéler un gain de biomasse aérienne de 40 % pour la modalité avec un apport 200 l/ha de TCO par rapport aux 2 témoins traités uniquement à l'eau (19,21 kg contre 13,63 kg). Les modalités avec 50 et 100 l/ha de TCO montrent aussi un gain de biomasse, moins important : + 10 % pour les 2. Et les modalités avec l'hydrolysat de soja ont obtenu « des résultats faibles, voire inférieurs aux témoins ».

De plus, « il est essentiel de rappeler que le coût de production du thé de compost est autour de 0,06 €/l, revenant donc à 12 €/ha pour une application de 200 l/ha », ajoute le réseau. À noter toutefois : « le TCO reste un biostimulant qui ne se conserve pas, sa production et son application requièrent une hygiène et une organisation irréprochable. » « Il ne faut pas une eau trop dure, par exemple », souligne Émeric Saboureau, agriculteur dans la Vienne. 

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