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Prix de l'alimentationDes « hausses absolument nécessaires » pour le gouvernement

« Il faut être lucide : les prix de l'alimentation vont continuer à augmenter dans les prochaines semaines », a déclaré Julien Denormandie jeudi matin sur RMC. (©Pixabay)
« Il faut être lucide : les prix de l'alimentation vont continuer à augmenter dans les prochaines semaines », a déclaré Julien Denormandie jeudi matin sur RMC. (©Pixabay)

Il est « absolument nécessaire » que les enseignes de supermarché achètent plus cher les produits alimentaires aux industriels, afin de répercuter la flambée des coûts de production avec la guerre en Ukraine, a estimé jeudi le ministère de l'agriculture.

Des hausses de tarifs sont « absolument nécessaires » en raison des « perturbations actuelles du marché », liées à l'accélération de l'inflation des coûts de production des agriculteurs et des industriels (alimentation animale, engrais, énergie...), a souligné le cabinet de Julien Denormandie.

« Les ministres sont extrêmement mobilisés et impliqués » sur ce point, a-t-on indiqué de même source, à l'issue d'une réunion des maillons de la chaîne alimentaire (agriculteurs, industriels et distributeurs) sous l'égide des ministres Julien Denormandie et Agnès Pannier-Runacher (Industrie). Il s'agissait du deuxième rendez-vous sous ce format dédié aux répercussions de la guerre en Ukraine depuis le 18 mars. Les acteurs sont convenus de se revoir chaque semaine.

Alors que les négociations annuelles déterminant le prix des produits mis en rayon viennent de s'achever le 1er mars, le gouvernement a appelé distributeurs et industriels à rediscuter, jugeant déjà nécessaire de revoir une partie des contrats signés. « Il faut être lucide : nous sommes dans un contexte de forte inflation, donc oui les prix de l'alimentation vont continuer à augmenter dans les prochaines semaines », a déclaré Julien Denormandie jeudi matin sur RMC. « C'est très concret : quand j'ai l'ensemble de mes coûts - engrais, carburant, alimentation animale - qui explosent, si je veux continuer à pouvoir vivre, il faut (pouvoir les) répercuter », a-t-il ajouté.

Les nouvelles négociations « se sont enclenchées », affirme le cabinet du ministre qui rapporte que, selon les représentants des grandes marques nationales, « 10 % des entreprises ont déjà envoyé des demandes de réouverture des discussions ». « On se prépare à réenclencher les discussions avec la grande distribution » car « on est très loin du compte », a déclaré mercredi la directrice générale du leader français du lait Lactel, Anne Charlès-Pinault, lors d'une conférence de presse.

« Il y a des entreprises qui me disent que même pour payer le lait au mois d'avril, ça va être compliqué », affirme à l'AFP Thierry Roquefeuil, président de l'interprofession laitière (Cniel) et de la fédération des producteurs de lait FNPL, section spécialisée de la FNSEA. Les éleveurs ont « besoin de visibilité sur l'évolution [à la hausse] du prix du lait », sans quoi la collecte française poursuivra sa décrue, met-il en garde.

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