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Verdissement de la PacLe collectif « Pour une autre Pac » « pessimiste » sur les arbitrages français

« On a la sensation de ne pas être écoutés » : des organisations membres de la plateforme « Pour une autre Pac », favorables à un « virage agroécologique » de l'agriculture craignent que la France s'oriente vers un statu quo dans sa répartition de l'enveloppe de la future Pac, ont-elles fait savoir vendredi devant le ministère de l'agriculture.

Vendredi matin, une poignée de porte-parole de ces organisations (notamment Greenpeace, Confédération paysanne, Fédération nationale d'agriculture biologique - Fnab) membres de la plateforme « Pour une autre Pac » ont déployé une banderole devant le ministère de l'agriculture. « Réforme de la Pac. À quand un virage agroécologique ? » pouvait-on lire.

Le ministère doit rendre prochainement ses premiers arbitrages concernant son plan stratégique national (PSN), celui-ci devant définir la manière dont la France répartira jusqu'en 2027 les quelque neuf milliards d'euros qu'elle reçoit chaque année de l'UE pour soutenir son agriculture.

En attendant, chacun défend sa part du gâteau. Emmenés par la FRSEA et Jeunes agriculteurs du Grand Est, des centaines d'agriculteurs ont ainsi manifesté ce 30 avril à Strasbourg, refusant que le verdissement prôné par Bruxelles ne les prive d'une partie des subventions.

À l'inverse, une quarantaine d'organisations, réunies dans la plateforme Pour une autre Pac, défendent une répartition « ambitieuse » de l'enveloppe, qui soutienne les petits exploitants et incite à modifier les pratiques. Mais « on a la sensation de ne pas être écoutés », déplore Mathieu Courgeau, président de Pour une autre Pac. Selon l'éleveur laitier de Vendée, le ministre de l'agriculture Julien Denormandie prête plutôt l'oreille à « la frange la plus conservatrice de la FNSEA ». C'est de « mauvais augure », estime Mathieu Courgeau.

« On est assez pessimiste » sur les futurs arbitrages, dit aussi Loïc Madeline, secrétaire national de la Fnab. Selon lui, les scénarios communiqués par les services du ministre préfigurent une baisse des aides à l'agriculture bio, un « signal hyper négatif qui peut représenter un coup de frein à son développement ». Pour le porte-parole de la Confédération paysanne, Nicolas Girod, le ministre « ne veut surtout pas bouger les équilibres » au risque de « nous enfermer dans un modèle qui a montré qu'il ne marchait pas ».

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