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[Vidéo] Au feu, les pompiers !Tous les conseils pratiques pour limiter le risque incendie lors de la moisson

Incendie de culture maîtrisé par les pompiers de l'Oise et du Val-d'Oise en 2017. (©@OPtillon)
Incendie de culture maîtrisé par les pompiers de l'Oise et du Val-d'Oise en 2017. (©@OPtillon)

Avec les périodes de sécheresse et de fortes températures, que faire pour limiter les risques d’incendie pendant vos chantiers de moisson ? Grégor Lamirault, agriculteur en Eure-et-Loir et youtubeur avec sa chaîne L’Atelier Agricole, a reçu les brigades de sapeurs-pompiers de Bonneval pendant deux jours pour une formation et des exercices sur ces risques pouvant ruiner à la fois le matériel et la récolte. Retrouvez la synthèse de ces précieux conseils. (Article publié initialement le 24/06/2022 à 7h)

 

Agriculteur à Alluyes, au nord de Bonneval (Eure-et-Loir), Grégor Lamirault, qui a lancé sa chaîne Youtube « L’Atelier Agricole » en janvier 2021, a accueilli les brigades de sapeurs-pompiers de Bonneval durant deux journées pour des formations des pompiers et des manœuvres sur l’une de ses parcelles en jachère pour simuler un feu de cultures.

«  La moisson est souvent source d’incendies », explique-t-il dans une vidéo faisant la synthèse de ces deux journées de sensibilisation et d’exercice. Surtout avec les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.

Concrètement, que faire en amont pour limiter les risques d’incendie ?

Les points de vigilance sur la moissonneuse-batteuse

  • Entretenir parfaitement la barre de coupe

Il s’agit de limiter les points de chauffe quand elle est en action : bien la dégripper et la graisser, « et garder un peu de jeu pour éviter que la barre ne chauffe trop » ;

  • Équiper la moissonneuse de plusieurs extincteurs facilement accessibles

L’agriculteur en a disposé quatre sur sa machine, pour toujours en avoir un à proximité ;

  • Équiper éventuellement la machine de caméras supplémentaires

« Elles sont toujours utiles pour voir rapidement les départs de feu sur la machine. » Après avoir vécu un départ de feu sur son ancienne moissonneuse, l’agriculteur a équipé sa nouvelle machine – une Case IH 7230 d’occasion – d’une caméra supplémentaire au niveau du moteur ;

  • Nettoyer très régulièrement les zones d’accumulation de poussières et pailles

« Je fais régulièrement la chasse aux poussières et pailles. Pour éviter que la poussière ne s’y dépose, j’ai enlevé la tôle entourant le filtre à particules. »

Les autres précautions à prendre pour la moisson

  • Avoir toujours un déchaumeur attelé au tracteur, près à partir en cas de besoin

Si le déchaumeur était bien attelé au tracteur et prêt à l’emploi durant la formation des sapeurs-pompiers, « il le sera aussi pendant la moisson » assure l’agriculteur. L’ensemble sera d’autant prêt à l’usage que l’agriculteur fait partie d’une « cohorte » d’agriculteurs volontaires prêts à venir en appui aux sapeurs-pompiers en cas de feu pendant la moisson. « Que ce soit chez moi ou ailleurs, je serai prêt à intervenir s’il le faut. » L’initiative est mise en place en Eure-et-Loir depuis 2019, année noire en termes d’incendies durant la moisson, par la chambre d’agriculture et le Sdis (service départemental d'incendie et de secours) d’Eure-et-Loir.

  • Un extincteur dans chaque tracteur

Sur sa ferme, l’agriculteur dispose d’un extincteur dans chacun de ses deux tracteurs utilisés pour le déchaumage.

  • Consulter une application ou un site sur les risques incendies

Outre la mise en place de la cohorte d’agriculteurs volontaires, la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir et le Sdis 28 mettent à jour une application mobile (disponible uniquement sur mobile) référençant quotidiennement le niveau de risque incendie dans le département, découpé en huit zones distinctes.

Coupe-circuit, ouvertures de capots : les suggestions de l’agriculteur aux constructeurs de moiss-batt’ 

L’agriculteur a profité des deux jours de formation des sapeurs-pompiers sur sa ferme pour suggérer quelques pistes aux constructeurs de moissonneuses-batteuses.

Sous la barre de coupe, il faut, selon lui, « privilégier des palpeurs larges ». « Plus ils sont larges, moins la pression exercée au sol est importante, et donc moins il y a de risque d’étincelle en cas de contact avec les cailloux ». Sur la barre de coupe de 7,60 m montée sur sa moissonneuse-batteuse Case IH 7230, l’agriculteur compte tester la pose de plaques de polyéthylène sur les palpeurs en métal, pour limiter encore les risques.

Sur certains modèles, les palpeurs en forme de tringle métallique « sont des vrais briquets dans les silex ».

Dans la conception de la machine, « il faudrait aussi limiter tant que possible les recoins et zones où les poussières et pailles peuvent s’accumuler.

Et lorsqu’il s’agit d’éteindre en urgence un départ de feu sur la machine, pourquoi ne pas faciliter l’intervention des pompiers, qui ne connaissent pas forcément la conception de l’engin ? « A l’idéal, il faudrait que toutes les machines aient des ouvertures de capots sans outils. Sur certaines, il faut un tournevis ou autre outil qu’on n’a pas forcément sous la main. »

Tout le monde sait ouvrir une voiture. Mais ouvrir des capots d’engins agricoles, c’est pas toujours évident.

Selon l’agriculteur, le coupe-circuit n'est pas évident à trouver pour quelqu'un qui ne connaît pas - comme les pompiers - la machine. devrait profiter d’une norme entre tous les constructeurs, « Ce serait intéressant de disposer, par exemple, de pictogrammes visuels communs à tous les constructeurs pour identifier la localisation du coupe-circuit ». Et pourquoi pas une concertation des constructeurs pour placer le coupe-circuit toujours au même endroit, avec la même signalétique, quelle que soit la marque et quel que soit le modèle ?

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