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Exportations françaises de bléDes exports revus à la baisse, plombés par une demande qui se tasse

Depuis juillet 2021, la France a exporté 7,26 Mt de blé tendre hors de l'Europe (©AdobeStock)
Depuis juillet 2021, la France a exporté 7,26 Mt de blé tendre hors de l'Europe (©AdobeStock)

FranceAgriMer estime que la France aura exporté 17,37 Mt de blé tendre sur la campagne de commercialisation 2021/22, une baisse de 300 000 tonnes par rapport à ses dernières estimations. Cette dégringolade est due à une demande en berne chez les pays tiers, mais qui peut encore reprendre d'ici à fin juin.

Le 11 mai, FranceAgriMer revoyait à la baisse les exportations de blé tendre français sur l’ensemble de la campagne de commercialisation 2021/22, qui touchera à sa fin dans un peu moins de deux mois.

Le total exporté serait de 17,37 Mt, contre 17,68 Mt estimés en avril et 17,63 Mt en mars. Cette chute est principalement liée à des exportations révisées à la baisse vers les pays tiers : 250 000 tonnes de moins que prévu le mois dernier, à 9,25 Mt.

En cause : un tassement de la demande « de façon générale et notamment en Chine », explique Paul Le Bideau, responsable adjoint de l’unité Grains et sucre. La politique « zéro Covid » de l’Empire du milieu génère de fait une chute de la consommation et pénalise la logistique, ce qui limite les échanges.

Les prix très élevés sont par ailleurs inaccessibles à certains pays importateurs, quand d’autres sont parvenus à reconstituer leurs stocks.

Un risque d’effet ciseaux ?

Cette demande en berne peut-elle mener à une chute brutale des prix ? C’est peu probable pour l’instant : « même si c’est un risque possible, les facteurs de tension des cours semblent dominer », indique Marc Zribi, responsable de l’unité Grains et sucre.

Mais en cas de retournement des marchés, « attention, si les prix du blé s’effondrent, ce ne sera pas le cas pour ceux des intrants », ajoute Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé « Grandes cultures ».

Cette campagne reste particulièrement évolutive et incertaine, rappelle Marc Zribi. Pour lui, la dépréciation de l’euro sur le dollar peut bénéficier à la compétitivité des blés français en fin de campagne : « une chute de 4 % sur un mois, ce n’est pas rien ! ».

Un "top 5" de clients dans la ligne des campagnes précédentes

Le blocage quasi-total des exports ukrainiens depuis fin février a-t-il provoqué un regain d’attractivité des blés français auprès des habituels clients de l’Ukraine ?

Il est certain que « beaucoup de pays méditerranéens ont besoin de compenser le déficit en seconde partie de campagne », notamment la Tunisie et l’Égypte, mais il est « encore trop tôt pour savoir si cela bénéficiera aux blés français » selon Marc Zribi.

D’après le service Taxud de la Commission européenne, la France a exporté 7,26 Mt de blé tendre vers les pays tiers à dix mois de campagne, contre 6,79 Mt l’an dernier. La Chine demeure notre premier client, avec 2,14 Mt déjà exportés.

En deuxième place, on assiste à un retour de la demande algérienne : 1,5 Mt. Suivent le Maroc (1,2 Mt), la Côte-d’Ivoire (312 000 tonnes) et le Royaume-Uni (233 000 tonnes), soit « un top 5 en ligne avec ce qu’on observait au cours des campagnes précédentes ».

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