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Production de pommes de terre en EuropeLa hausse des coûts de production pourrait jouer sur les surfaces

En 2021, les quatre pays du NEPG ont produit 22,7 millions de tonnes (Mt) de pommes de terre, contre 23,5 en 2020 et 22,6 Mt en 2019 (©Pixabay)
En 2021, les quatre pays du NEPG ont produit 22,7 millions de tonnes (Mt) de pommes de terre, contre 23,5 en 2020 et 22,6 Mt en 2019 (©Pixabay)

Pour le NEPG (Groupement des producteurs de pommes de terre du Nord-ouest européen), l'augmentation des coûts de production, la hausse des prix des céréales et l'incertitude quant aux prix contractuels pourraient influencer la superficie de pommes de terre en 2022.

Dans un bilan de campagne diffusé le 19 novembre, le NEPG (Groupe des producteurs de pommes de terre du Nord-ouest européen : France, Allemagne, Belgique et Pays-Bas) insiste sur l’augmentation des coûts de production tout au long de la saison : « le diesel et l'électricité ont considérablement augmenté, les coûts de pulvérisation ont été plus élevés en raison de l'énorme pression du mildiou ».

Et la hausse se poursuit : « pour la saison prochaine, les prix des engrais ont augmenté de plus de 50 % pour la potasse, et de 200 à 300 % pour l'azote ».

Selon le NEPG, l’augmentation des prix des céréales et du colza pourrait inciter certains producteurs à se détourner de la pomme de terre, dont la culture « comporte des risques importants, que ce soit sur le plan financier (coûts de production plus élevés) ou en lien avec les conséquences du changement climatique ».

Dans sa synthèse, le groupement pointe aussi l’incertitude quant aux prix contractuels : sur la récolte 2021, « ils ont baissé de 5 à 20 €/t par rapport à ceux de l'année précédente » et il faudrait pour 2022/23 qu’ils augmentent « d'au moins 30 à 40 €/t pour mériter d'être considérés par les producteurs de pommes de terre ».

Ces éléments conduisent le NEPG à envisager encore à la baisse les surfaces de pomme de terre sur son territoire.

Marchés équilibrés tout au long de la saison

La superficie s’est déjà réduite de 24 000 hectares entre 2020 et 2021 au sein de l’UE-04, et la production est estimée pour cette année à 22,7 millions de tonnes (Mt) au terme d’une récolte « moyenne à bonne », soit 0,7 Mt de moins qu'en 2020.

Associée à la reprise des flux d’exportation de produits transformés, « cette baisse des surfaces conduit à un certain équilibre entre l'offre et la demande actuelles », qui devrait selon les observateurs du marché perdurer tout au long de la saison.

Pour le NEPG, les prix sur le marché libre devraient être « au moins similaires à ceux des contrats », soutenus par « la réticence des producteurs à vendre ce qui est actuellement stocké, et par la dynamique des ventes de produits finis (les usines ont des difficultés à reconstituer leurs stocks) ».

Des incertitudes sont toutefois à noter du côté de la transformation industrielle : difficultés d'approvisionnement, hausses de coûts pour certains intrants (énergie, huiles, emballages, main-d'œuvre). Quant aux exportations lointaines, elles « restent tributaires d'une éventuelle résurgence du Covid-19 au sein de l’UE et à travers le monde ».

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