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Filière grains« Ce qui m’importe, c’est un marché qui vive, qui fluctue ! »

Baudouin Delforge est le président de l'association Agro Paris Bourse. (©Agro Paris Bourse)
Baudouin Delforge est le président de l'association Agro Paris Bourse. (©Agro Paris Bourse)

L’association Agro Paris Bourse organise ce 2 juillet une bourse internationale des grains au Palais Gabriel, à Paris. Échange avec son président, Baudouin Delforge.

 

Quel regard  portez-vous sur le marché du grain, très marqué par la volatilité des cours ?

Nos liens avec ce marché et ceux qui le font sont importants. Nombreux sont les facteurs d’influence : le marché mondial, les stocks, la situation climatique − la sécheresse dans une partie du monde, l’excès d’eau dans une autre, le gel −… Il y a aussi des paramètres financiers comme les niveaux de marché : on est aujourd’hui sur une dynamique de hausse, avec des cours des grains assez élevés. Tant mieux pour le producteur ! Les industriels sont moins contents, parce que les matières premières sont chères. Ce qui m’importe surtout, c’est qu’il y ait un marché qui vive, qui fluctue, avec des baisses et des hausses. Un marché animé, c’est bon pour nous ! Sans marché, nous ne nous réunirions pas et n’aurions pas de solutions à trouver : chercher à avoir des produits innovants, se démarquer par rapport aux concurrents, optimiser la chaîne logistique… Quant à la volatilité, elle est accentuée par un effet physique et par un peu de spéculation. Or la filière grain n’aime pas les spéculateurs !

La filière grain n'aime pas les spéculateurs !

Pouvez-vous nous rappeler le rôle et les objectifs d’Agro Paris Bourse ?

Le rôle d’Agro Paris Bourse est de favoriser la mise en relation et maintenir un lien au sein de la chaîne qui démarre du collecteur et va jusqu’au transformateur du grain ou à l’exportateur, en passant par tous les opérateurs qui accompagnent un contrat : les banquiers, les courtiers en marchandises, les sociétés de contrôle et d’agréage, la filière transports, les assurances… Agro Paris Bourse, anciennement Syndicat général de la Bourse de commerce de Paris, c’est l’association volontaire de tous les membres de cette chaîne, qui se réunissaient à la Bourse de Paris. Cela fait 25 ans que je la préside.

La pandémie de Covid vous a-t-elle conduit à repenser l’organisation de rencontres de ce type ?

Je pense que nous ne nous réunirons pas aussi fréquemment qu’avant, mais des rencontres en présentiel seront nécessaires. Les gens ont vraiment envie de se retrouver, d'échanger de visu. À l’avenir, je voudrais que nous nous rencontrions lors de bourses qui apportent quelque chose, des rendez-vous professionnels liés par exemple à la moisson, à des temps forts du commerce des céréales. Nous essaierons d’enrichir ces rendez-vous avec des conférences et des animations.

Comment se porte Agro Paris Bourse ?

On n’est pas gras, car on vit de cotisations volontaires, mais on se porte correctement. On a résisté à la crise grâce quelques grandes entreprises qui nous font confiance et nous ont aidés car elles ne souhaitent pas que la filière disparaisse. Mais il n’aurait pas fallu que ça dure plus longtemps. L’objectif, maintenant, c’est d’organiser la Bourse européenne au Grand Palais à Paris, en 2024. Après, je préparerai tout doucement des gens à reprendre le flambeau derrière moi.

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