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MomagriLes sombres perspectives de l'OCDE démontrent que la Pac n'est plus adaptée

Pour Momagri, le Mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture, le fameux discours sur « les 9 milliards de bouches à nourrir à l’horizon 2050 » est en train de battre de l'aile et la Pac actuelle ne semble pas répondre aux prochaines années de prix agricoles bas annoncés par l'OCDE.

« La période des prix agricoles élevés touche probablement à sa fin » : tel est le principal message que l’OCDE et la FAO ont mis en avant lors de la publication début juillet du rapport annuel, « Perspectives agricoles 2016-2025 », consacré à l’évolution des marchés agricoles. Les […] facteurs qui expliquent cette tendance sont la forte croissance de l’offre plusieurs années durant, le fléchissement de la progression de la demande dû à la crise économique globale, la baisse des prix du pétrole et la poursuite de l’accumulation des stocks […].

Il s’agit là d’une rupture importante avec le discours sur lequel la Commission européenne fonde ses orientations pour la PAC depuis 10 ans qui consiste à considérer que la perspective des 9 milliards de bouches à nourrir à l’horizon 2050 tirera les prix agricoles à la hausse.

Bien entendu, on ne peut que se satisfaire d’un tel revirement au regard des études identifiant les réserves en termes de terres cultivables ou de progression de rendements qui montrent l’ampleur du potentiel productif au niveau planétaire. Il n’en reste pas moins que l’aggiornamento sur les recommandations en termes de politiques agricoles reste à faire !
Mais le nouveau rapport ne dit rien sur la fin du « supercycle » des matières premières, ce qui confirme que les prix bas ne sont pas identifiés comme un problème. Pire, les recommandations de politique agricole demeurent inchangées : il s’agit de stimuler la production … alors qu’on entre dans une période de surproduction !

L’OCDE persiste en outre à anticiper des prix stables d’ici 2025, alors que leur modèle de prévision, basé sur l’hypothèse de l’équilibre des marchés, ne peut que prévoir des évolutions de prix stables ! Et pour cause : aucune des principales sources d’instabilité des marchés agricoles n’y sont représentées : les anticipations sont rationnelles (les producteurs connaissent le prix de leur récolte au moment du semis), tout s’ajuste immédiatement (il n’y a pas de coûts fixes) et le niveau des stocks ne joue pas dans la formation des prix !

Alors que les agriculteurs vont plus que jamais devoir faire face à des marchés incertains, une certitude s’impose : la PAC n’est absolument plus adaptée au contexte économique qui s’est ouvert depuis les crises alimentaire et financière de 2007/2008. C’est pourquoi les annonces dites exceptionnelles de Phil Hogan, attendues la semaine prochaine, devront aller au-delà de mesures conjoncturelles et des appels à la résilience des agriculteurs !

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