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MomagriQuelles politiques face à l’instabilité croissante des marchés agricoles ?

Quelles politiques face à l’instabilité croissante des marchés agricoles ?

Parce que des coopératives agricoles ne retrouvaient pas dans les études internationales la réalité que vivaient leurs adhérents sur leurs exploitations, elles ont décidé de créer un think tank, Momagri, puis une Agence de notation. Au cœur de leurs réflexions : la volatilité des cours agricoles, l’instabilité des marchés agricoles, les politiques agricoles et la lisibilité des stratégies agricoles. Au Sommet International des Coopératives 2014 à Quebec, Momagri a présenté une étude sur ces sujets.

Québec, le 26 septembre 2014 : le think tank Momagri publie une étude intitulée "Quelles politiques face à l’instabilité croissante des marchés agricoles ?"

  • Premier résultat intéressant : l’étude démontre que la nature de la volatilité des prix agricoles a évolué depuis le début des années 2000.

Cette mutation se traduit par un accroissement remarquable des « évènements extrêmes » qui sont les variations des cours sur les marchés agricoles présentant de fortes amplitudes à la hausse ou à la baisse.

Un exemple sur le cours du blé : sur la période 2008-14, le nombre d’évènements extrêmes aura été 50 % plus élevé que sur la période 2002-08 et multiplié par deux sur la période 1996-2002.

Et seules des politiques agricoles adaptées peuvent gérer ces variations extrêmes qui sont les plus déstabilisatrices pour les agriculteurs, comme pour les coopératives.

Des politiques agricoles divergentes

  • Deuxième résultat intéressant : face à cette situation, l’étude démontre que les politiques agricoles présentent des caractéristiques de plus en plus divergentes, tant dans les modalités de soutien que dans les budgets affectés.

Momagri présente l’indicateur Sgpaa (Soutiens Globaux à la Production Agricole et Alimentaire) construit dans la perspective de disposer d’un outil de comparaison adapté aux nouvelles réalités des politiques agricoles. Evaluer de manière homogène les soutiens publics à l’agriculture est en effet essentiel dans les négociations multilatérales et bilatérales.

L’étude présente les résultats de Sgpaa pour le Brésil, le Canada, la Chine, les Etats-Unis et l’Union Européenne.

Un exemple : les soutiens publics à l’agriculture par habitant entre 2008 et 2012 se sont accrus de 71 % en Chine, de 40 % aux Etats-Unis (aide alimentaire comprise), de 24 % au Brésil, contre seulement 4 % au Canada et - 6 % dans l’Union Européenne.

L’indicateur Sgpaa renouvelle les analyses traditionnelles des politiques agricoles et témoigne de la priorité stratégique qu’accordent les Etats à leur agriculture.

En conclusion, le think tank souligne que la divergence des politiques agricoles appelle une meilleure coopération internationale, dans la perspective d’améliorer la prévention et le traitement des crises agricoles.

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