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Grippe aviaireL'abattage préventif peut désormais être ordonné dans cinq départements (JO)

[Mis à à jour à 16h47] Le périmètre dans lequel les préfets peuvent ordonner un abattage préventif de volailles autour de foyers confirmés de grippe aviaire a été élargi et concerne désormais cinq départements, selon un décret paru mardi au Journal officiel (J0).

Selon cet arrêté, en date du 11 janvier et publié mardi, « peuvent être ordonnés par le préfet des abattages préventifs de volailles dans l'ensemble des communes des départements suivants : Gers (32); Landes (40); Pyrénées-Atlantiques (64); Hautes-Pyrénées (65) ». Et dans le département du Lot-et-Garonne, ces abattages préventifs peuvent être ordonnés dans 11 communes, est-il précisé. Un précédent arrêté, publié le 3 janvier, concernait plus de 110 communes des Landes et 15 communes des Pyrénées-Atlantique.

Ces mesures ont été prises « considérant la propagation rapide du virus responsable de l'influenza aviaire hautement pathogène de sous-type H5N8 dans l'avifaune et chez des volailles d'élevage et la nécessité de prévenir le risque d'extension de l'épizootie », est-il indiqué. 

Selon le dernier bilan du ministère de l'Agriculture, arrêté lundi, « on dénombre 197 foyers d'influenza aviaire H5N8 dont 170 foyers d'infection dans les Landes, 7 dans les Pyrénées-Atlantiques, 6 dans le Gers et 2 dans les Hautes-Pyrénées ». Des foyers ont également été signalés dans des élevages en Vendée et dans les Deux-Sèvres, ainsi que dans des animaleries en Corse et dans les Yvelines.

La plupart des cas sont concentrés dans le bassin de la Chalosse (Landes) qui présente une très forte densité d'élevages de canards pour le foie gras.

Depuis la découverte d'un premier foyer dans un élevage début décembre, « près de 700 000 volailles (essentiellement des canards) ont été abattus sur ordre de l'administration suite à la détection de foyers ou de manière préventive », selon le ministère.

Ce nombre est appelé à rapidement augmenter à mesure que de nouveaux foyers sont découverts, d'autant que les autorités prévoient désormais de procéder « rapidement » à des abattages préventifs de volailles dans un rayon de 5 km autour de ces foyers.

Cinq abattoirs ont été réquisitionnés sur les communes de Gibret (Landes), Montaut (Landes), Came (Pyrénées-Atlantiques), Maubourguet (Hautes-Pyrénées) et Castelnau d'Auzan (Gers).

La propagation du virus soulève des critiques sur la célérité de la réponse des autorités sanitaires, et interroge sur l'efficacité des investissements réalisés par la filière foie gras depuis les épisodes d'influenza aviaire endurés lors des hivers 2015-16 et 2016-17, qui avaient entraîné l'abattage de millions de canards et des arrêts prolongés de production.

« Dans le retour d'expérience, il va falloir qu'on ait un véritable discours de vérité » au sujet des dérogations ayant permis de maintenir des canards en plein air malgré le risque de contamination via les oiseaux migrateurs, a avancé mardi le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie lors de ses vœux à la presse.

« Non, ça n'est pas la fin du plein air », a-t-il dans le même temps assuré, plaidant pour une « approche pragmatique » quand la menace liée à l'influenza aviaire est « avérée ».

« Le plein air devient le bouc émissaire », dénonçaient vendredi dans un communiqué les syndicats agricoles Confédération paysanne et Modef. Ils mettent en cause de leur côté « l'industrialisation des filières volailles » et notamment la « segmentation de la production » sur différents sites (fermes de reproduction, couvoirs, élevage avant gavage, élevage dédié au gavage...) « générant des flux incessants d'animaux vivants ».

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