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Prix des engraisBruxelles se penche sur les tarifs douaniers appliqués aux engrais azotés

La Commission européenne a ouvert une enquête sur les taxes à l'importation de solution azotée. (©AdobeStock)
La Commission européenne a ouvert une enquête sur les taxes à l'importation de solution azotée. (©AdobeStock)

La Commission européenne a lancé une enquête sur l'impact des taxes antidumping appliquées à l'importation de solution azotée. Une décision saluée par les organisations agricoles, en cette période de flambée historique des prix des engrais (cet article a initialement été publié le 26 novembre, et complété le 30 novembre).

Alors que les prix des engrais flambent depuis des semaines, la Commission européenne vient d’ouvrir une enquête pour évaluer l’impact réel des mesures antidumping appliquées en Europe sur la solution azotée (UAN).

Plusieurs organisations agricoles européennes ont salué cette décision. Le 19 novembre, l’AGPB écrit dans un communiqué : « Les barrières douanières et les taxes antidumping sur les engrais azotés forment un obstacle important à l’approvisionnement des céréaliers français et les exposent à des prix excessifs ».

Elle demande que « la France maintienne la pression et que les autorités européennes prennent rapidement les dispositions nécessaires à la levée totale des barrières douanières sur l’azote ».

Le ministre français de l’agriculture a été interpellé le 17 novembre sur le sujet lors de la séance de questions au gouvernement. Julien Denormandie a alors cité les travaux en cours pour « réétudier la question de ces tarifs douaniers » et a alerté : « Je redoute que la chute de la production d'engrais ne débouche sur une crise alimentaire mondiale de grande ampleur ».

Cours urée
En moins d'un an, le prix de la solution azotée a triplé (©Terre-net Média)

Suite à une plainte de la Pologne et de la Lituanie pour concurrence déloyale, la Commission européenne avait mis en place en octobre 2019 les taxes antidumping sur les importations de solution azotée en provenance des principaux pays producteurs : Russie, États-Unis, Trinité-et-Tobago.

Leur objectif était de protéger les industriels européens de la concurrence des pays tiers, mais elles s’avèrent désormais obsolètes, juge notamment la Copa-Cogeca, qui a demandé leur levée en avril dernier.

« Les prix de l’UAN en Europe ont doublé depuis 2017-2018, la période de référence pour la décision anti-dumping ! Aujourd’hui, les agriculteurs déboursent plus de 210 millions d’euros par an pour une taxe qui va directement dans la poche des producteurs d’engrais européens », écrivait l’organisation professionnelle européenne dans un communiqué, le 6 septembre.

« Cette barrière inutile à l’importation a pour conséquence une faible concurrence et des pénuries, qui permettent ainsi aux fournisseurs européens de spéculer de façon inouïe », ajoutait-elle.

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