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L'info marché du jourLe blé frôle les 300 €/t, record historique

Les cours du blé sont en forte hausse depuis début juillet. (©Pixabay)
Les cours du blé sont en forte hausse depuis début juillet. (©Pixabay)

Les cours du blé meunier approchent le seuil symbolique des 300 €/t, franchi en 2007. Pour le cabinet Agritel, cette performance ouvre la porte à une instabilité mondiale accrue en matière de sécurité alimentaire.

Le 4 novembre, le prix du blé meunier a frôlé les 300 €/t sur le contrat à terme d’Euronext. « Le record historique de prix, vieux de 14 ans, vient donc d’être de nouveau atteint », écrit Agritel dans un communiqué.

Cette performance illustre que « l’offre de blé en chute chez les grands exportateurs n’est pas suffisante pour répondre à la demande record des pays importateurs ».

Sébastien Poncelet, directeur du développement au sein du cabinet, développe : « Côté récolte, les déboires sont connus depuis l’été dernier. Pertes de production au Canada, aux États-Unis et en Russie à la suite de canicules. Pertes de qualité et de production en Europe suite aux intempéries de juillet ».

En face, la demande est forte : « Le manque de maïs sur l’été et l’automne a soutenu la consommation de blé. Les mauvaises productions locales poussent les pays du Moyen-Orient à des achats massifs, poursuit Agritel. Le Pakistan et la Chine continuent de leur côté des programmes d’achats massifs pour la reconstitution de stocks, tandis que le Bangladesh répond à la hausse effrénée de sa population ».

Les achats de blé n’ont « jamais été aussi forts que ces quatre derniers mois sur le marché mondial alors que les disponibilités à la vente ne suivent pas » et les prix montent à chaque nouvelle vague d’achats.

De très bonnes récoltes de maïs sont annoncées aux États-Unis, en Ukraine et en Europe, « ce qui soulagera quelque peu la demande dans la filière animale mais ne sera probablement pas suffisant », nuance le cabinet.

Dès lors, « une bonne production sera indispensable en 2022 pour remettre les stocks à flots », mais plusieurs éléments pourraient la compromettre : « levées de blé perturbées par le manque de précipitations en mer Noire ou aux États-Unis », «  flambée des prix des engrais azotés doublée de risques de pénuries ».

« Du blé au pain il n’y a qu’un pas. C’est la nourriture de base d’une partie de l’humanité qui est menacée. L’instabilité alimentaire dans les pays les plus dépendants aux importations s’annonce d’autant plus importante que les huiles végétales flambent également sur des niveaux de prix record », poursuit Sébastien Poncelet. Et d’ajouter : « le rôle stratégique et nourricier de l’agriculture revient plus que jamais sur le devant de la scène. ».

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