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Anti-limacesPasser le cap de la nouvelle réglementation

Les produits CMR2 devront être stockés dans un local phytosanitaire fermé à clef, positionnés sur des étagères séparées et identifiés. (©De Sangosse)
Les produits CMR2 devront être stockés dans un local phytosanitaire fermé à clef, positionnés sur des étagères séparées et identifiés. (©De Sangosse)

Les produits anti-limaces traditionnels à base de métaldéhyde concentrés à 3 % ou plus seront classés parmi les produits cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction de niveau 2 (CMR2) à partir du 1er octobre 2021. S’adapter est possible et des alternatives efficaces existent.

En ce qui concernent les anti-limaces, les agriculteurs sont cette année confrontés à une difficulté liée au changement de la réglementation pour ces produits traditionnellement formulés à base de métaldéhyde. En effet, à partir du 1er octobre, cette substance qui a fait ses preuves depuis plus de 60 ans et qui n’a jamais montré de phénomène de résistance passe dans le giron des produits classés cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques de niveau 2 (CMR2), pour les concentrations supérieures ou égales à 3 %. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a donc classé les spécialités en contenant à ces taux comme reprotoxiques de catégorie 2 avec la mention de danger H361f (susceptible de nuire à la fertilité). Cette décision va avoir une incidence très forte sur le marché.

En 2019, parmi les 22 solutions commerciales anti-limaces disponibles sur céréales à paille et inventoriées par Arvalis-Institut du végétal, 16 seraient tombées sous le coup de la nouvelle réglementation (73 % en nombre et certainement beaucoup plus en volume). Un constat similaire peut être fait pour les spécialités utilisables sur colza. Les alternatives de biocontrôle, jusqu’ici minoritaires (moins de 17 % des surfaces de grandes cultures traitées contre les limaces en 2020 selon De Sangosse), sont amenées à gagner d’importantes parts de marché.

Continuer avec les solutions traditionnelles

Sans pour autant être interdite, l’utilisation de spécialités CMR2 à base de métaldéhyde devient contraignante pour l’utilisateur. Les produits devront notamment être stockés dans un local phytosanitaire fermé à clef, positionnés sur des étagères séparées et clairement identifiés. « Cela peut poser des difficultés logistiques pour les agriculteurs qui reçoivent ces produits en gros volumes, explique Pierre Olçomendy, chef de marché anti-limaces chez De Sangosse. Par ailleurs, une redevance pour pollution diffuse est appliquée et renchérit leur coût jusqu'à 0,45 €/kg de produit prêt à l’emploi. L’utilisation de ces spécialités CMR2 nécessite en outre d’adapter des postes de travail pour les salariés avec des contraintes sur l’utilisation d’équipements de protection individuelle ou pour leur utilisation par les femmes enceintes. »

Utiliser des alternatives

En dehors du métaldéhyde, une seule autre matière active est homologuée contre les limaces. Il s’agit du phosphate de fer, utilisable en agriculture biologique. De nombreux fabricants se sont lancés sur ce créneau. Les produits en contenant « présentent une efficacité et un coût (hors produits génériques) comparables à ceux des anti-limaces conventionnels. Leur application nécessite la même technicité et le même matériel d’épandage », constate Arvalis. Des travaux encore plus récents menés par l'institut ont cependant démontré que certaines formules commerciales de phosphate ferrique telles que l'Ironmax Pro sont bien plus efficaces que d'autres et conservent la même rapidité d'action que le métaldéhyde. Pour gagner encore en efficacité, un bon compromis consiste à exploiter l’effet combiné de concentrations faibles en métaldéhyde (1 %) et du phosphate ferrique. La firme De Sangosse a développé en ce sens un procédé breveté avec le Metarex Duo. Son conditionnement sous forme de billes assure également une meilleure balistique, avec un accroissement possible des largeurs de travail. 

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