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Paroles de lecteursSécheresse, canicule, feux, qualité, rendements... Votre moisson 2022 !

Et vous, quels résultats pour la moisson 2022 ? Comment avez-vous vécu ces récoltes à la fois en avance, concentrées, avec la sécheresse et la canicule ? N'hésitez pas à commenter cet article. (©Terre-net Média)
Et vous, quels résultats pour la moisson 2022 ? Comment avez-vous vécu ces récoltes à la fois en avance, concentrées, avec la sécheresse et la canicule ? N'hésitez pas à commenter cet article. (©Terre-net Média)

Baisse de rendements, de qualité, chantier atypique à bien des titres... en 2022, les récoltes de céréales et d'oléoprotéagineux ont été si précoces et rapides que les lecteurs de Terre-net.fr peuvent déjà faire le point fin juillet, soit un mois plus tôt que l'an dernier.

Jacques Jdl est dubitatif vis-à-vis des estimations de rendement des cultures pour 2022 des différents organismes : « Pas certain que ce soit la réalité ! »

« Toutes ces récoltes supposées bonnes alors que la grande majorité des agris enregistrent des pertes de 15 à 30 % (...) ! », renchérit Alain Queyral.

Des pertes de 15 à 30 %.

Toreador pense que « seuls les OS, qui ont eu des récoltes satisfaisantes, ont été interrogés ». « (...) Mais ce n'est pas la situation générale, loin de là, poursuit-il. Les zones ouest et sud de la France sont vraiment sinistrées et même des prix élevés ne suffiront pas à compenser la mauvaise moisson 2022. »

Des estimations trop optimistes ?

« (...) L'agriculture française, ce n'est pas que la Beauce et la Picardie où il n'y a jamais de déception de rendements pour les céréales et oléoprotéagineux notamment ! », lance Gibero.

« Les petites terres ont décroché dès le printemps, témoigne Nico. Allez voir dans le Berry, la Bourgogne ou plus au sud. Les rendements sont parfois inférieurs à ceux de 2003. »

Encore pire que 2003 !

« On aurait fait un carton si on n'avait pas eu 35°C au mois de mai pendant huit jours, déplore moi-même. Les blés ont séché en huit jours : 20 quintaux envolés ! Sinon on aurait eu un rendement comparable à l'année dernière, ou juste un peu plus faible à cause du temps sec. Seul le colza s'en sort à peu près (...). »

« Des rendements en dents de scie suivant les céréales, précise pour sa part Agnès Roland, mais une belle paille. »

60 q/ha en blé, voire moins chez plusieurs lecteurs

Cédric Imbert donne des chiffres : « On passe de 80 q/ha de moyenne en blé l'an dernier à 60 q cette année. » « En plus, les grains sont petits à cause du manque d'eau », ajoute-t-il.

Toutes les régions ne sont pas la Beauce et la Picardie...

« Moi, en orge, c'est largement mieux : 52 q/ha, ironise Agrifatigue, qui espère « vendre la paille cher ».

Sur la ferme de Salut, « c'est 45 q ». « Pas d'eau pendant deux mois », explique-t-il.

Sec, grêle, gel : quid de la qualité et des récoltes à venir ?

Quant à la grêle, un voisin d'eric17, qui « s'est attrapé le fameux orage de juin 2022, n'a fait que 30 q dans ses blés et impossible de récolter ses colzas sans casser la machine à cause du taux d'impureté énorme ». 

Sans parler des effets « du gel », complète Paolo Enzo Laetitia.

Joël Peyrot craint que « la qualité des récoltes 2022 ne soit pas terrible non plus ». La situation est encore pire en bio, selon lui : « Certains n'ont pas ramassé car plus de frais que de revenus... De quoi satisfaire les cailles et les perdreaux ! »

Pire en bio...

Et pour Jean-Claude Houée, « les récoltes à venir − pommes de terre, maïs... − seront encore moins brillantes ».

Avec les charges qui s'envolent...

« Avec la flambée des charges, ça va être dur... », redoute Jérôme Fritsch.

« Même si les prix des céréales restent élevés, comme les engrais sont 2,5 fois plus chers et le gasoil 2 fois plus, cela équivaut à 700 € de charges supplémentaires à l’hectare, détaille Alain Queyral. Avec des rendements minables, on n'a plus de trésorerie !! »

« Dire qu'on nous avait prédit un mois de juillet 2022 très humide !, se souvient Jean-Bernard Guérin. Or, même sur les côtes de la Manche, c'est la sécheresse totale. On va déjà ensiler du maïs, qui ne vaut rien... »

Dire que juillet devait être très humide !

Les déficits hydriques, « nous en avons déjà connus ces dernières années et avec le réchauffement climatique, ils deviendront de plus en plus fréquents », insiste Dany Tranchant.

Pour certains, c'est bon

Marius, en revanche, reconnaît « avoir été gâté avec trois orages très pluvieux sur trois semaines en mai ». Résultat : « De belles orges, avec rendement au-delà de nos espérances. Et surtout une année exceptionnelle qui a permis de diviser par deux les traitements. D'où un gain de temps, de gasoil et surtout moins de produits chimiques épandus (...). »

nico constate certes « des rendements 2022 variables en fonction de la réserve hydrique des sols » : « On a sur une même zone des colzas à 30 q et à 50 q, comme des blés à 75-80 et 100 q », raconte-t-il. Mais « globalement, tout le monde est surpris en bien », résume ce lecteur.

Au-delà des espérances.

Très drôle émet quelques doutes : « Au silo, tout le monde est toujours à plus de 100 q/ha. »

« Chaque région a ses particularités climatiques, faut faire avec, conclut moi-même, considérant que « beaucoup trop de variétés, tant en colza qu'en blé, ne sont pas adaptées au sud de la France, et particulièrement aux sécheresses précoces et aux températures au-dessus de 30°C dès mi-mai ».

Avec la canicule, des conditions de récolte particulières

« Il a fallu moissonner la nuit ou tôt le matin », pointe Typhaine Rouzo.

« On s'est surtout organisés en fonction des heures d'ouverture des coopératives agricoles. Tout le monde aurait dû jouer le jeu », nuance Éric Cerdan.

 « La nôtre était ouverte 24 h sur 24 », défend Jérôme Godart.

« Sauf que les gens portent plainte à partir de 22h00... (...) » pour tapage agricole nocturne, fait remarquer Jean-Marc Geliquot.

Moissonner la nuit et tôt le matin.

eric17 suggère lui aussi  « (...) d'adapter les horaires de travail au climat comme  en Espagne ou en Afrique du Nord, où  ils travaillent la nuit et dorment le jour quand il fait très chaud ». « De toutes façons, nous n'avons pas vraiment le choix pour limiter les risques de feux de champs, appuie-t-il. (...) Et si nous le faisons pas de nous-mêmes, le législateur nous y contraindra de plus en plus. Le bon sens paysan... »

« Même en centre Bretagne, dans le Finistère, il y a eu des incendies et donc une interdiction de moissonner » aux heures les plus chaudes, rapporte Erwan Yvon.

Faut-il interdire de récolter l'après-midi ?

jpg n'est pas d'accord : « Interdire de moissonner entre 14 et 18 h − dans mon département, c'est même entre 14 et 22 h − la bonne blague ! Une décision inutile, le préfet ne fait que se couvrir en montrant qu'il a anticipé ! Le gars, qui a encore de la récolte sur pied, vous croyez qu'il va attendre patiemment que l'orage de grêle, qui était annoncé, lui ramasse sa récolte ?? La meilleure prévention : les mesures de vigilance classiques et un entretien rigoureux des machines. Et quand le risque de feux de récolte devient élevé, il faut un outil de travail du sol attelé dans la parcelle ou mieux une tonne à lisier pleine, prête à l'emploi !! »

Et en cas d'orages annoncés ?

William 18 est du même avis que @jpg : « Quand on est en panne depuis 23 h et que de la pluie est annoncée le lendemain soir, faut que ça tourne l'après-midi. » « On peut souffler la batteuse deux fois par jour par exemple (...) », propose-t-il.

Déchaumeurs et cuves à eau de sortie

Chez Bruno Chevry, « la cuve à eau (pulvérisateur avec lance à incendie) suit la machine au fur et à mesure de la moisson. C'est juste une question d'organisation ».

« Une sacrée organisation quand même, tempère VM Vmsq SQ. Nous on le fait, mais on ne peut pas l'emmener partout à cause de la distance entre nos parcelles. Et on préfère l'avoir pas loin de la ferme en cas d'incendie. Sinon faut en emprunter une à un collègue, ou alors un déchaumeur ou cover crop. Va falloir évoluer vers davantage de solidarité entre agriculteurs, quelle que soit la région. En Eure-et-Loir, dès qu'il y a un incendie dans les champs, ça bouge. 1 ha qui brûle et 5 déchaumeurs + un tracteur arrivent avec une cuve de 4 000 l et une lance. »

« Les agriculteurs ont été solidaires en apportant leur aide aux pompiers », y compris pour les feux de forêts », met en avant Odile Dejean.

Pourra-t-on semer les colzas ?

« Pas gagné ! », d'après Adrien Tabary.

Benjamin Charney va plus loin : « Si aucune pluie significative n'est prévue dans les semaines qui viennent, ça ne sert strictement à rien de semer du colza. J’en ai vu par chez moi semer des couverts dans le sec, qui ont peu de chance de lever. »

Et moi-même encore plus : « Au vu de la météo actuelle et des sols très secs comme jamais vus, je pense que le colza sera absent des assolements 2023. »

Gustave Ferme ne partage pas ces opinions : « Il est très tôt pour semer le colza, on peut très bien attendre l’annonce de pluies, ou mieux, réaliser les semis après la pluie plutôt que de les voir détruits par un gros orage ou d’avoir le sol encroûté après le dessèchement, parce qu'un sol très sec en profondeur fera ressécher très rapidement la couche superficielle. »

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