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Paroles de lecteursEt vous, voulez-vous sous-traiter davantage aux ETA ?

  Le souci principal, selon Rebelle : « Les ETA sont de moins en moins nombreuses et beaucoup ont six mois de travail d'avance ! » (©Pixabay // Création Terre-net Média)
 Le souci principal, selon Rebelle : « Les ETA sont de moins en moins nombreuses et beaucoup ont six mois de travail d'avance ! » (©Pixabay // Création Terre-net Média)

D'après une enquête de Datagri pour la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT), près de 7 agriculteurs sur 10 comptent avoir davantage recours aux ETA. Certains lecteurs de Terre-net semblent, eux, plutôt réticents en particulier pour la moisson qui, suivant la météo, peut s'avérer compliquée. Quelques-uns craignent même que les exploitants deviennent "hors sol". Mais vu le prix de plus en plus exorbitant du matériel agricole, le partager est de plus en plus indispensable, rappellent d'autres.

Pour Schumi79, « il y a des avantages et des inconvénients » à faire plus appel aux ETA (entreprises de travaux agricoles). Mais, pour la moisson, « vu le coût d'une moissonneuse-batteuse... »

Vu le coût d'une moissonneuse-batteuse...

Même à la moisson ?

Grochat témoigne : « Personnellement j'ai une moissonneuse cabriolet qui sert à faire des échantillons, le premier tour et les fourrières en attendant que la grosse machine arrive. Si elle tarde trop et que la météo est incertaine, je moissonne tout avec la mienne. »

Avec la météo toujours incertaine.

Total64 raconte qu'il « ne sollicite les ETA que pour les récoltes d'automne "compliquées" nécessitant des chenilles pour les maïs entre autres. » Sinon sa TX65 de 97 avec 5 000 h « tourne comme une montre et ne coûte pas grand chose ».

Agrifatigue est dubitatif quant à recourir aux ETA pour la moisson : « À voir le retard qu'elles prennent dans les travaux, il faut bien réfléchir. Et accepter qu'avec une moisson très très compliquée comme l'an dernier, elles arrivent trop tard la plupart du temps. En plus, elles ont aussi souvent des (grandes) exploitations qu'elles font passer en premier. Il faut prendre tout cela en compte et surtout avoir une année facile. » « Pour moi, un agriculteur qui ne fait pas ses chantiers est un gérant d'exploitation, ce qui est complètement différent : il n'a pas la responsabilité du travail et de la qualité de ce dernier », ajoute-t-il.

Le risque : réduire les agriculteurs à des gérants d'exploitation

DaSa  est « totalement d'accord ». « On va bientôt voir plus que ça, des agriculteurs qui travaillent à l'extérieur et cultivent leurs terres à façon, fait-il remarquer. C'est triste... Le métier d'agriculteur est avant tout une passion. »

« Si votre passion est de conduire un tracteur, vous êtes chauffeur d'engins agricoles, pas agriculteur !, rétorque Très drôle. Un agriculteur gère une entreprise pour qu'elle soit rentable. Et la rentabilité s'articule autour des ventes, des achats et de la performance agronomique. » « Pour répondre à @agrifatigue, poursuit-il. Le marché des ETA est très concurrentiel. Je connais peu d'ETA qui ont privilégié leur exploitation plutôt que leurs clients. »

« Le mieux est de réunir le savoir-faire sur le terrain et une gestion comptable minutieuse, tempère Bibi. L'un sans l'autre donne souvent des résultats moyens. Un comptable n'a jamais fait un bon agri et un chauffeur acharné non plus. » Sa conclusion est plus catégorique : « Donc, selon moi, le recours aux ETA reste un non-sens. »

No est du même avis : « Un paysan doit faire son travail lui-même, à part pour les chantiers vraiment spécifiques. » « Certains devraient changer de calculatrice. L'ETA revient plus cher, estime-t-il. Comme elles achètent des matériels surdimensionnés pour épater la galerie, ce n'est pas rentable. »

En cause : le prix du matériel agricole

Rebelle est plus nuancé : « Dans les ETA, il y a de tout, des très au pas professionnelles. Le souci : elles sont de moins en moins nombreuses et les pro ont six mois de travail d'avance ! » Par contre, il incrimine le prix du matériel agricole, il n'est pas justifié. Un Valtra de six ans, par exemple, paie un Kubota neuf de puissance égale et garanti cinq ans. Mais ce n'est qu'un Kubota... »

Beaucoup d'exploitants n'ont pas les moyens de s'équiper.

« Aucun agri ne veut faire faire son taf, juge pour sa part Momo, rejoignant @Rebelle sur le prix des engins agricoles : « Aujourd'hui, un tracteur c'est 150 000 balles, une batteuse ou ensileuse 350 000, etc. Beaucoup d'exploitants ont recours aux ETA faute de moyens pour s'équiper ou parce qu'ils ne trouvent pas de machine dont la taille et le prix correspondent à leur exploitation. Les ETA touchent 40 % d'aide à l'investissement et nous rien. Les gammes moyennes ont disparu, ou sont réservées à l'exportation. Les coûts explosent cette année, on verra si ça continue ainsi... »

« Avec l'envolée des prix du matériel et les pénuries de composants électroniques, mieux vaut garder un ancien matériel, ça peut dépanner en cas de problème, conseille creusois. De toutes façons, une ETA en panne et sans pièce ne pourra pas faire avancer les chantiers. »

Pour certaines machines, il faut obligatoirement partager !

Au contraire, nico pense « qu'on peut trouver des tracteurs, des moiss-batt, des outils de travail du sol de milieu de gamme ». Il considère que « les marchands de machines agricoles et les centres de gestion bourrent le crâne des exploitants en leur disant d'investir pour ne pas payer d'impôts. Y en a marre des sols compactés et des travaux faits à la va-vite en mauvaises conditions ! » 

Même à la ferme des 1 000 vaches, pas assez de surface pour acheter une ensileuse ! 

Et Guigui de conclure, s'adressant à @Momo : « Vous confondez avec les Cuma concernant le taux de subventions : pour les ETA, c'est 10 % maxi dans le dernier plan d'aides (0 % jusqu'alors) et aucun accès aux aides PCAE dans la majorité des régions. Quant au prix des machines, aujourd'hui comme hier, aucune exploitation en Europe n'était et ne sera en mesure de justifier l'acquisition d'une ensileuse (même la "ferme des 1000 vaches" n'avait pas assez de surface à mettre en face), donc il faut inévitablement la partager, quel que soit le mode : ETA, Cuma ou autre... Bien-sûr, vous trouverez toujours des agris pour acheter de grosses machines, comme lors de l'arrêt des quotas sucriers avec des planteurs ayant presque 300 ha à arracher : ils ont vidé les parcs d'occasion des constructeurs, puis sont revenus frapper à la porte des ETA pour qu'elles les leur rachètent un an plus tard, lorsqu'ils ont compris que quelle que soit la surface arrachée, il fallait prévoir 3 semaines de lavage et 30 000 euros de pièces chaque hiver (c'est aussi ça que cache le "surcoût ETA"). »

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