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Paroles de lecteursVotre bilan de la moisson 2021

En cette fin de moisson 2021, les lecteurs de Terre-net ont le moral au ras du sol comme ces épis de blé. (©Terre-net Média)
En cette fin de moisson 2021, les lecteurs de Terre-net ont le moral au ras du sol comme ces épis de blé. (©Terre-net Média)

Retardée, voire pas encore terminée, faibles rendements, mauvaise qualité... : comment les lecteurs ont-ils vécu les récoltes atypiques de cette année ? Chiffres à l'appui, tous témoignent de leur déception.

 

Claude Mouflard annonce sur Facebook : « Le 31 août 2021, il y aura encore du blé à récolter dans le nord de l'Aisne et les Ardennes. À 55 ans, je ne me souviens pas avoir déjà vu ça ! Je croyais même cela impossible !! »

À 55 ans, je ne me souviens pas avoir déjà vu ça !

D'après Isidore, « une vraie cata dans les Hauts-de-France aussi ! Encore 30 % des pois à faire la semaine passée et des orges de printemps germés !! »

« Pas terminée avant septembre »

« La récolte 2021 est bien partie pour finir en septembre... », prévoyait Terminé la 3e semaine d'août sur Terre-net.

Hubert Thonon et Fabrice Eneu se souviennent « qu'en 1978 » pour le premier et « il y a une quinzaine d'années » pour le second, les moiss'bat tournaient toujours en septembre ». C'était même « habituel dans les Ardennes belges » quand Josée Dotet, 56 ans, était jeune.*

3 mois de mauvais temps non stop !!

François Carlu n'a que 30 ans et a « déjà connu des moissons se prolongeant en septembre : en 2005, 2008, 2013, 2014, 2016 ».

« Bien sûr qu'on a déjà terminé les moissons en septembre !, lance Bernard Haubruge. Mais cette fois, le mauvais temps dure depuis début juin !! 3 mois non stop !!! Les sols qui n'ont jamais séché... »

« Rendements catastrophiques »

« En Belgique non plus, la moisson n'est pas encore terminée, déclare Pipo 1er. Rendement : aux alentours de 80 q/ha. »

« 80 q/ha cette année en blé contre 120 q les deux années précédentes, il n'y a pas photo ! », déplorait eul picard il y a trois semaines. « Serait-il possible de prélever le manque à gagner des agriculteurs sur le salaire mirobolant des analystes d'Agreste ? », ironise-t-il.

The germs confirme : « Il me semble en effet avoir vu sur Terre-net, début juillet, une note d'Agreste qui prédisait un rendement en hausse... Mais encore faut-il pouvoir récolter !! »

Pour le blé : 80 contre 120 q/ha en 2019 et 2020, y a pas photo !

toutoune ne se faisait déjà guère d'illusion bien avant cette date : « dès le mois de mai, nous savions qu'on se dirigeait tout droit vers un 2016 bis, pour le blé en tout cas ». Et début juillet, « au nord de Paris, dans l'Oise par exemple, et la Seine-et-Marne, c'est déjà catastrophique en rendement pour le blé, 15 % environ de moins. Aucune benne en stand by en bout de champ, ni de défilé sur les routes comme lors des moissons normales. Mais une qualité correcte en PS et protéine. »

Pas mieux côté qualité

Il y a deux jours, Popeye 76 indiquait « des récoltes toujours inachevées dans la région » avec « des PS en blé allant de 58 à 68 ».

Très drôle est dubitatif : « Une qualité correcte ? En protéines peut-être mais en PS... »

« Dans mon secteur, le Rhin supérieur, en bio comme en conventionnel, le temps de chute de Hagberg est pénalisé ! », complète ouf.

Pour Chris, « en Bretagne, c'est la mer**, quelques gouttes d'eau tous les jours et des céréales à 15-16 % d'humidité au mieux ».

Humidité, PS, temps de chute d'Hagberg... pénalisés.

Fin juillet, Michel Bouffaut au nord du Jura, se plaignait de « la pluie et des températures froides » qui lui faisaient « craindre des risque de germination des grains avec de la fusariose déjà bien installée ». « Les colzas germent dans les siliques et les épis d'orges cassent en dessous du col de cygne, ajoutait-il. Un désastre... »

« C'est un peu partout pareil, résume ptiloui. Par ici, les orges qui ont pu être moissonnées sont toutes parties au séchoir à maïs ! 17-18 % d'humidité !! Et de belles ornières dans les champs !!! »

Dégâts irrémédiables, pas qu'en céréales ! 

Sophinette est « entièrement d'accord ». « Les dégâts sont irrémédiables ! Et pas que pour les céréales !!, s'exclame-t-elle. Les légumineuses, pas mieux : pois protéagineux ou vesces communes plaqués au sol et germés avec de l'herbe qui passe au dessus (bonjour la récolte et l'état de la batteuse au passage), sans parler des lentilles pourries... Le rendement comme la qualité, ce n'est apparemment pas pour 2021 !! »

Alain Lhugnot se montre solidaire : « Soutien aux agriculteurs ! »

« Des estimations à côté de la plaque »

Terminé, revenant sur les prévisions de récolte : « Des stats biaisées pour spéculer sur les marchés et compromettre encore davantage l'avenir de l'agriculture, déjà mis à mal par les aléas climatiques. » Il poursuit : « Les supers experts prévisionnistes avaient prévus, il y a six mois, un mois de juillet chaud et sec ?? Quelle indécence ! L'agriculture ne se voit pas à travers une boule de cristal !!! »

jpg renchérit : « Agritel, Agreste et consort ont déjà oublié la leçon de 2016, ça paraît tellement incroyable ! C'est à se demander si ce n'est pas pour provoquer des mouvements de yoyo sur le marché à terme. (...) Les fonds spéculatifs ont horreur du calme alors il faut annoncer des rendements records pour faire baisser les cours et permettre aux acheteurs de se fournir à bas prix (...). Comment ne pas tenir compte de tous les aléas pédoclimatiques qui ont altéré le développement des cultures  cette année ? Le sec puis le gel de printemps, l'excédent de pluie estivale... »

Comment ne pas intégrer les aléas climatiques de cette campagne ?!

Le point positif selon Bouillère : « La hausse actuelle des cours des céréales et oléoprotéagineux, bienvenue pour les agriculteurs même si une bonne partie de la récolte est déjà vendue, à cause des besoins de trésoreries entre autres. Sauf si les boursicoteurs s'en mettent encore plein les poches sur notre dos. Nos coûts de production risquent aussi de grimper. Et ce n' est pas pour cela que les prix de lait et de la viande vont suivre. Par contre, celui de la baguette de pain, lui, augmentera ! »

steph72 s'inquiète pour les éleveurs en raison de la « hausse du coût de l'alimentation animale, pourtant un gros débouché pour les céréales, surtout cette année avec les blés déclassés de panifiables à fourragers. »

Cette moisson laissera des traces, chez les éleveurs aussi.

jpg rétorque : « Or heureusement que l'élevage est là pour avaler toutes les productions impropres à la consommation humaine : des parcelles noyées sous 30 cm d'eau, des blés avec un PS inférieur à 70 et des grains roses...  »

« Cette moisson va laisser des traces, conclut yayauque. Les causes sont multiples : des semis forcés, des protections inefficaces, des repères perdus, etc. Le bon sens paysan supplanté par le poids des réglementations... »

Journaliste installation/transmission des exploitations

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