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Paroles de lecteurs« Réformer l'assurance climatique, mais pour être indemnisés ! »

 « Pourquoi dépenser tant de matière grise à réfléchir à l'assurance climatique, sachant que personne n'a le pognon qu'il faudrait y mettre, pas plus le privé que l'État ? », s'interroge jpg .(©Pixabay, Terre-net Média // Création Terre-net Média)
« Pourquoi dépenser tant de matière grise à réfléchir à l'assurance climatique, sachant que personne n'a le pognon qu'il faudrait y mettre, pas plus le privé que l'État ? », s'interroge jpg .(©Pixabay, Terre-net Média // Création Terre-net Média)

Face à la réforme de l'assurance multirisque climatique, remise en avant par le gel et la sécheresse de ce début de printemps, les lecteurs de Terre-net attendent surtout un dispositif réellement efficace, qui les dédommage en cas de sinistre. Mais aussi une revalorisation des prix de leurs produits et une baisse des charges, qui leur permettent de mieux passer les mauvaises années.

Selon conventionnel, « en 2015 et en 2017, les assurances agricoles n'ont pas sorti un centime et maintenant, elles se posent en victime ! Pourtant, elles gagnent de l'argent, sinon leurs employés auraient changé de métier !! »

Mickael Saussereau confirme sur Facebook : « (...) Les assureurs veulent bien nous assurer avec une belle cotisation, mais pas donner d'indemnisation en cas d'aléas ! Ils sont forts !! »

35 % de franchise et pas un centime de dédommagement !

Eric Letinois est du même avis : « 35 % de franchise, ça ne paie pas grand chose ! L'assurance récolte ne sert à rien, je l'ai arrêtée comme bien d'autres. »

« De belles cotisations mais pas d'indemnisation »

Thierry Soret lance alors : « Réformer oui !! Mais pour escroquer encore plus les paysans ??? (...) »

« Il y a quand même un gros soucis avec ces assurances climatiques, estime x sur Terre-net. Soit vous respectez les règles du jeu et elles fonctionnent bien sur les premiers aléas météo, puis votre moyenne de rendement baisse et elles ne servent plus à rien (surtout dans les régions intermédiaires où les accidents climatiques sont nombreux, sachant qu'ils commencent à gagner d'autres régions...). Soit vous usez et abusez des failles du système et l'assurance devient rémunératrice. Et ça fait 10 ans que ça dure... Cette deuxième situation est même en progression ces dernières années, avec par exemple des surfaces de maïs qui fleurissent partout en zones sèches... Bien sûr certains agriculteurs se font virer quand ils commencent à coûter trop cher, mais quel intérêt les assurances ont à garder les autres ? »

« Avec des revenus et moins de charges, on pourrait résister »

jpg juge « qu'on ne peut pas reprocher à Groupama et au Crédit Agricole de dilapider l'argent des sociétaires dans l'assurance multirisque climatique mais l'État, la puissance publique, pourrait très bien mettre dans un pot commun toutes les taxes, impôts et autres redevances que payent les agriculteurs et puiser ensuite dans ce fond pour les indemniser en cas de sinistre lié à un phénomène climatique. »

L'État pourrait faire un pot commun de toutes les taxes.

Grochat propose de « mettre tous ces assureurs et banquiers dans des mobile-home dans une friche industrielle, puisque ça ne les gêne pas de dilapider nos cotisations dans des immeubles Haussmanniens à prix d'or, avec leurs salaires astronomiques. Et je ne parle pas des structures SAS qui les chapeautent et qui font de l'optimisation fiscale au Luxembourg. (...) L'argent est là mais pour une élite seulement... »

jpg, ironique : « Pauvres assureurs, en cinq ans d'accidents climatiques, ils sont à l'équilibre sur le rapport sinistres/cotisations, ils vont déprimer grave. Ça me met en rogne de voir la matière grise qu'on met dans toute cette réflexion sur l'assurance climatique, sachant que personne n'a le pognon qu'il faudrait y mettre, pas plus le privé que l'État d'ailleurs. (...) »

Il poursuit : « Si l'État ne mettait pas en danger les filières de production en les exposant aux marchés mondiaux avec des charges, des contraintes et une fiscalité à la Française, on pourrait constituer des réserves mobilisables en cas de sinistre. (...) Même en cas d'indemnisation, on peut même pas faire face à la perte du montant de la franchise, alors rangez vos calculs savants et donnez-nous des prix rémunérateurs, et pas de charges ni des impôts ! »

Rendre l'assurance obligatoire ?

Ayant « participé à la mise en place du contrat climatique avec Groupama », Bruno Genin est « favorable à l'assurance climatique obligatoire pour tous les agriculteurs et toutes les productions, pour mutualiser les risques au maximum. Après plusieurs réunions au siège des calamités agricoles à Paris, je me suis heurté à son président et aux anti-assurance de la profession agricole. (...) Je continue, malgré tout, à penser la même chose. (...) »

x  est « d'accord sur le principe » mais « ne pense pas que ça fonctionnerait ». « Déjà verser des indemnités sur une culture pour laquelle ont est censé avoir un suivi cultural optimal, c'est très subjectif..., d'après lui. Il y a bien trop de différence entre agriculteurs, productions, petites régions, etc. J'ai pratiqué l'assurance climatique il y a 10 ans et aujourd'hui encore, il y a toujours les mêmes abus... je suis dans une région intermédiaire, avec pas mal d'aléas climatiques, et pourtant je n'ai pas besoin d'assurance. J'ai développé un système cultural qui m'a certes coûté au départ mais qui me permet pour l'instant de traverser moi-même ces mauvaises années sans difficulté. Et il faudrait que je paie une cotisation obligatoire alors que pour certains agris, l'assurance climatique est devenue une source de revenu annuel ?? Il y a d'autres moyens d'aider des fermes à passer les années difficiles, en agissant sur la fiscalité par exemple... Mais les plans d'aides pour acheter encore du matériel, c'est vrai, c'est mieux !! »

Les systèmes résilients, la vraie alternative ?

PàgraT ne partage pas entièrement l'opinion de x : « Une assurance ne crée pas de richesse mais répartit les pertes, avec des assureurs qui prennent leur commission au passage. » Il approuve cependant : « Trouver des systèmes résilients est la seule vraie alternative. »

Maxens revient à la charge : « Ou des prix permettant de vivre et de mettre de l'argent de côté pour les coups durs, comme cela était le cas il y a 30 ans... Mais des agriculteurs qui gagnent leur vie, cela n'intéresse personne ! »

Journaliste installation/transmission des exploitations

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