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Agriculture et nouvelles technologiesLa France, futur « berceau mondial de l’AgriTech »

La France, futur « berceau mondial de l’AgriTech »

Si l’agriculture française et la french tech ne manquent pas de qualités, renforcer les interactions entre ces deux secteurs apparaît comme un levier puissant pour répondre aux défis actuels du secteur agricole, tels que la lutte contre le changement climatique, ou la durabilité. Le ministre de l’agriculture et le secrétaire d’État au numérique ont donc annoncé, le 30 septembre, le lancement de la French Agri Tech, avec un objectif : mieux accompagner les start-up agricoles en tenant compte de leurs besoins spécifiques, et structurer cette filière en développement.

Les ministre de l'agriculture et de la transition numérique, lors d'un déplacement sur la French AgriTech, le 31 août à Saint Nom la Bretèche (78)
Les ministres de l'agriculture et de la transition numérique, lors d'un déplacement sur la French AgriTech, le 31 août à Saint-Nom-la-Bretêche (78) (©Terre-net Média)
 

Avec 215 start-ups et entreprises référencées dans le secteur de la FoodTech et de l’AgriTech, la France se classe, dans ce domaine, 1er pays européen et 5e mondial (au niveau des levées de fonds). Un dynamisme entraîné en partie par l’appétence des agriculteurs français pour les nouvelles technologies, puisque 67 % y ont recours pour gérer leur exploitation, entre robotique, capteurs connectés, ou applications de gestion.

Côté agricole, ces innovations sont d’autant plus prisées que les défis à relever sont nombreux : lutte contre le changement climatique, gestion des aléas, attractivité du métier, répondre aux attentes sociétales sur l’alimentation… Cependant, pour amplifier la tendance, plusieurs freins sont à lever en matière de réglementation, de financement, et de lien entre les start-ups et l’agriculture.

Des problématiques spécifiques aux start-ups agricoles

À Saint-Nom-la Bretêche, dans les Yvelines, l’exploitation horticole Théart, qui appartient à la Ferme de Gally, abrite plusieurs de ces start-ups du monde agricole. Le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, et le secrétaire d’État à la transition numérique, Cédric O, s’y sont rendus le 31 août pour affirmer leur volonté de structurer et d’accompagner ce qu’ils ont nommé la French Agritech.

Car si les start-ups sont capables de mettre en place des innovations performantes, la recherche de financements et le déploiement de leurs solutions relèvent parfois d’un parcours du combattant, alors que les technologies qu’elles proposent répondent aux besoins actuels des agriculteurs. Ainsi, UV Boosting stimule et renforce les défenses immunitaires des plantes et donc leur résistance aux maladies grâce à des lampes UV. « On a même observé un effet contre le gel », indique Baptiste Rouesné, directeur général de l’entreprise. Pourtant, le matériel n’est pas référencé comme donnant droit à des aides pour les agriculteurs qui veulent investir dans la transition agroécologique, par exemple.

Un certain nombre de problèmes réglementaires existent également (régime social, baux ruraux…), liés au cloisonnement encore trop important entre le monde agricole et l’univers des start-up. Ainsi, le temps de développement des innovations, en agriculture, se compte en années, quand il s’agit de mois pour les innovations digitales classiques. « Nous avons un énorme enjeu, reconnaît Julien Denormandie, la France est un des leaders pour l’agriculture et pour l’innovation, mais il nous faut lier les deux ».

200 M€ d’investissements

Pour identifier tous les besoins, une mission a été confiée à Jérôme Leroy, président de la Ferme Digitale, dont le rapport est attendu d’ici décembre. Un financement de 200 M€ sur cinq ans, sous forme de subventions et d'avances remboursables, a également été annoncé, et deux premiers appels à projets seront lancés en septembre : innover pour réussir la transition agroécologique, et innover pour répondre aux besoins alimentaires de demain.

« On veut, avec le ministère de l’agriculture et de l’alimentation, structurer ces start-ups autour de l’agritech, avoir des personnes qui les suivent, qui les aident à dialoguer avec les administrations », a insisté Cédric O. « La dynamique est forte, elle est ambitieuse, c’est faire de la France le berceau de l’Agritech mondial », résume le ministre de l’agriculture.

Journaliste politique et économie

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