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Mon projet mon avenirDes vaches montbéliardes au Pays basque

 « Les bêtes sont dehors toute l'année », sauf si les conditions climatiques sont trop défavorables. (©Gaec Chichante)
« Les bêtes sont dehors toute l'année », sauf si les conditions climatiques sont trop défavorables. (©Gaec Chichante)

Pierre Nabarra, en Gaec avec son père depuis sept ans, élève des vaches laitières montbéliardes, non pas dans le Jura mais dans le piémont pyrénéen. « Une race bien adaptée à notre système herbager de moyenne montagne », commente le jeune producteur qui souhaite améliorer l'autonomie protéique de l'exploitation, le bien-être du troupeau et le confort de travail des éleveurs. Ceci, grâce au programme "Les 2 pieds sur terre" et au financement participatif.

Voir des Montbéliardes dans les prairies basques, ce n'est pas habituel. Pourtant la famille Nabarra élève cette race depuis trois générations à Arthez d'Asson, dans le piémont pyrénéen, en zone de moyenne montagne. « Ma mère a repris l’exploitation de ses beaux-parents, éleveurs laitiers, en 1987. Mon père l’a rejointe en 1994. Moi, je me suis installé avec eux en 2014 », détaille Pierre qui s'est ensuite associé avec son papa. Aujourd'hui, le Gaec Chichante compte 60 vaches laitières et 40 génisses. 

« Nous apprécions la race montbéliarde, rustique et calme, explique le jeune homme de 28 ans qui présente régulièrement des animaux aux concours régionaux. Elle convient très bien à notre système herbagé de moyenne montagne. Les bêtes peuvent être dehors toute l'année », sauf si les conditions climatiques sont trop défavorables. Le troupeau produit 400 000 l de lait par an, livrés à l'usine Danone de Villecomtal-sur-Arros, à une heure de l'élevage. 

Une race calme et rustique, convenant bien à notre système herbager de moyenne montagne.

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L'exploitation est située à Arthez d'Asson dans le piémont pyrénéen, depuis trois générations. (©Gaec Chichante)
 

« Le pâturage, la base de l'alimentation »

Depuis peu plus d'un an, une dizaine de Blondes d’Aquitaine, vendues en direct, complètent le cheptel.  « Mes parents montaient les vaches à l’estive. J’ai toujours souhaité reprendre cette pratique. Grâce à la diversification en viande bovine, nous avons pu à nouveau la mettre en place, en y associant quelques génisses montbéliardes », précise Pierre.

Sur une SAU d'une soixantaine d'hectares, la surface en herbe couvre 42 ha, dont 15 ha conduits en pâturage tournant, « la base de l'alimentation des vaches quand le temps le permet ». En hiver, la ration comporte aussi du maïs fourrage, de l'enrubannage d'herbe, du foin et des concentrés distribués manuellement. Toutefois, les éleveurs veulent augmenter leur autonomie alimentaire, protéique notamment, afin de limiter les achats extérieurs.

« + d'autonomie protéique via l'interculture »

C’est pourquoi ils participent au programme environnemental "Les 2 pieds sur terre" de leur laiterie. Ils ont réalisé un diagnostic carbone de leur ferme, via l’outil Cap2ER de l’Institut de l’élevage idele.  « Nous avons pu identifier des leviers d’action en cohérence avec nos attentes », se félicitent les producteurs qui espèrent diminuer leur empreinte carbone de 0,20 kg eq.CO2/an (- 20 %), à  1,09 kg eq.CO2/an. Le principal : développer la couverture des sols via des intercultures après maïs.

12 ha de dérobées (ray-grass d’Italie et trèfle incarnat) et 5 ha de méteil (triticale, pois et vesce) doivent être implantés pour un coût de 1 860 €. Lesquels « seront à la fois valorisés sous forme de fourrages riches en protéinesstockeront le carbone et amélioreront la structure du sol ». Pierre et son père souhaitent également simplifier le travail du sol, notamment pour le renouvellement des prairies, ceci afin de lutter contre l'érosion. « Notre Cuma va s'équiper d'un semoir de semis direct », note le jeune éleveur.

interculture
Exemple d'une interculture protéique : un méteil constitué de pois, féverole et triticale. (©Gaec Chichante)
 

« Bien-être des animaux et des éleveurs »

Autres objectifs en parallèle au sein de l'élevage : l'amélioration du bien-être animal et des conditions de travail, pour réduire la pénibilité et avoir plus de temps libre. « Actuellement, mon père et moi passons 2 h par jour à nourrir notre troupeau. Nous souhaitons investir dans un stockage et un distributeur automatique de concentrés, pour répartir les quantités journalières apportées en plus de 10 micro-repas. Ainsi, la ration serait adaptée aux besoins nutritionnels individuels de chaque vache. »

distributeur automatique de concentres
En projet : un Dac pour remplacer la distribution manuelle des concentrés. (©Gaec Chichante)
 

Une ration adaptée aux besoins de chaque vache.

Au total, le projet coûte 17 900 € (8 000 € pour le Dac et 7 900 € pour le silo de 10 m3). Danone participe à hauteur de 7 500 € et, pour le restant, le Gaec a eu recours au financement participatif sur la plateforme Miimosa, avec un premier palier à 1 000 € pour l'implantation des dérobées et méteils et un deuxième de 2 000 € pour le distributeur automatique de concentrés. La collecte, terminée depuis fin mai, a rapporté 10 650 € et dépassé légèrement la somme fixée au départ.

Journaliste installation/transmission des exploitations

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