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À découvrir ou redécouvrirUne année 2020/21 riche en témoignages de jeunes installés et de cédants

Ils ont raconté leur installation et leur transmission sur Web-agri ces 12 derniers mois. À lire ou relire cet été ! (©Monkey Business, Fotolia)
Ils ont raconté leur installation et leur transmission sur Web-agri ces 12 derniers mois. À lire ou relire cet été ! (©Monkey Business, Fotolia)

Depuis l'été dernier, de nombreux éleveurs récemment installés ont témoigné sur Web-agri de leur parcours et de leur passion du métier. De même que plusieurs cédants sur leurs démarches de transmission. Parmi les projets d'installation/cession, de plus en plus misent sur l'herbe et le pâturage.

L'herbe sous toutes ses formes, et en particulier lorsqu'elle est pâturée, a du succès auprès des jeunes éleveurs. David Escot, dans la Loire, a fait appel au financement participatif sur le site internet Miimosa pour accroître au maximum la part de ce fourrage dans l'alimentation des ses vaches laitières, ainsi que le pâturage. Il a notamment planté des arbres et des haies pour un meilleur confort de ses animaux l'été. Charly Lahaye dans le Calvados et Cédric Bouvet en Ille-et-Vilaine, ont aussi investi dans l'herbe grâce au financement participatif, le premier en améliorant les accès de ses pâtures et le second en installant un boviduc. Arnaud Torchy, dans le Calvados également, a lui aussi aménagé ses prairies via le crowdfunding, pour nourrir ses Jersiaises 100 % à l'herbe. 

Les systèmes herbagers ont la cote auprès des jeunes producteurs

De même, chez Jean-Pierre Chassang et Gaëlle Petit dans le Cantal, les prairies multi-espèces sont la base de l'alimentation du troupeau. Au Gaec des Ferrandaises, situé entre 800 et 1 000 m d'altitude, la rusticité des animaux prime sur la productivité, qui doit être adaptée au potentiel de l'élevage. C'est pour cela que les producteurs ont été récompensés aux Trophées de l'agroécologie 2020-2021, comme Andrew Coecup dans le Gers, un ancien musicien reconverti dans l'agriculture. Il élève des bœufs Red Sussex dans des prairies qu'il qualifie de « céréalières » puisqu'il y sème des variétés anciennes de blé pour faire de la farine et du pain bio.

Clément, dans le Gers aussi, a remporté le Trophée de l'excellence bio 2021 pour son système basé exclusivement sur l'herbe, inspiré de Nouvelle-Zélande où il a passé un an. Même dans ce département, ses prairies multi-espèces sont productives toute l'année, y compris l'été, et permettent aux vaches de pâturer 365 jours sur 365. Autres élevages récompensés aux 28e et 29e Prix national de la dynamique agricole, pas pour leur système herbager mais pour leur capacité d'innovation : la ferme des Délices dans la Loire, qui fabrique des glaces depuis plus de 30 ans, et la SAS de Keroudy dans le Finistère, qui transforme sa production de lait et de viande. Ces éleveurs ne sont jamais à cours de projets : vente directe, création d'un magasin de producteurs locaux, agritourisme, production d'énergies... 

Ils témoignent sur leur installation...

Le parcours pour s'installer en élevage est aussi un moment marquant pour les jeunes installé(e)s, qu'ils racontent volontiers pour montrer à ceux qui vont bientôt sauter le pas. Comment procéder ? Quelles sont les difficultés qu'ils peuvent rencontrer et les atouts qu'ils peuvent mettre en avant ? Depuis qu'elles sont éleveuses, Bérénice en Dordogne se sent « libre, dans son élément » et Albane dans le Morbihan constate que « les femmes se lancent plus facilement qu'avant ». Pour preuve : Lauriane Achard et Audrey Lopez, deux citadines de la région parisienne, ont changé de vie et repris la ferme de Kervily en Bretagne. Pour leur apprendre le métier, les cédants, Jean-Yves et Élisabeth Penn, les ont accompagnées pendant un an.

Quant à Matthieu Merceur dans le Finistère, lui, n'imaginait pas qu'il rencontrerait son futur associé, Lionel, en épandant du lisier sur ses terres ! Travaillant pour l'ETA de l'exploitation où il était salarié, son objectif était de devenir éleveur. Lionel lui, cherchait quelqu'un pour travailler avec lui. Le hasard d'une rencontre peut bien faire les choses et aboutir à une association réfléchie... Apolline, Marine, Victor..., eux, parlent de leur passion, de la production laitière à la transformation/commercialisation. Zoé, Florine et Marthe sont en stage ou en apprentissage, grâce à la plateforme Stage-agricole.com, pour peut-être un jour reprendre un élevage.

Même si les capitaux engagés sont encore plus importants qu'en élevage laitier, s'installer en bovins viande, c'est possible comme le prouvent Sylvain dans l'Allier ou Mathieu dans le Cantal, et même en hors cadre familial puisque Thibaut dans la Manche a réussi à devenir naisseur-engraisseur.

En lait comme en viande, les jeunes éleveurs ont souvent besoin d'un appui technique et moral pour répondre à leurs nombreuses questions et lever leurs doutes. D'où l'intérêt d'échanger entre eux et avec d'autres éleveurs. Quentin Dubois en Ille-et-Vilaine et Caroline Le Bodic dans le Morbihan « ont investi du temps dans les groupes de développement, dès leur installation, et en gagnent derrière » !

... Et sur leur transmission

Pour Yvon Boutier dans les Côtes-d'Armor, qui a cédé sa ferme en mai 2020, transmettre, c'est « échanger en toute transparence » avec les repreneurs. Il s'agit de nouer « une relation de confiance » entre les deux parties, basée sur la communication, et sans non-dit ni « tabou » afin que chacun se « sente à l'aise » d'aborder les points qui lui tiennent à cœur, au risque sinon que « la cession n'aboutisse pas ». Michel dans le Morbihan transmet, lui, son exploitation à son ancien stagiaire Sébastien. Les clés d'une transmission réussie selon eux : anticiper et être ouvert aux envies du jeune pour Michel, une ferme fonctionnelle à un prix raisonnable pour Sébastien. Et pour les deux, l'écoute et le partage d'expérience. 

Et si échanger ses parcelles, pour avoir un foncier fonctionnel et pouvoir faire évoluer son système, permettait de trouver plus facilement en successeur ? Un parcellaire groupé est toujours plus attractif et « ouvre la porte à une plus grande diversité de projets », répond Cyril Guerillot de la chambre d'agriculture de Bretagne. Frédéric Chevalier en Ille-et-Vilaine, l'un des quatre associés du Gaec familial de Rovny, fait de l'échange de parcelles depuis qu'il s'est installé. D'un foncier très morcelé, la ferme laitière est passée à une gestion optimisée du pâturage. « Il faut du temps et des compromis mais sans échange parcellaire, nous n'aurions pas pu mettre en place le système herbager qui répondait à nos convictions », conclut Frédéric. 

Journaliste installation/transmission des exploitations

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