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Prairie multi-espècesBien choisir son mélange de semences

Bien choisir son mélange de semences

Semer une prairie multi-espèces, oui mais lesquelles choisir ? Parmi plus d’une vingtaines d’espèces fourragères, les combinaisons sont infinies. L’intérêt d’un mélange de semences se raisonne selon le type de sol, l’utilisation de la prairie et le comportement des espèces entre elles.

L’Association française pour la production fourragère (Afpf) vient d’éditer le guide 2014 de préconisations agronomiques pour les mélanges de semences pour prairies en France. Résultats d’une synthèse nationale, ces quelques pages présentent les particularités des espèces de graminées et de légumineuses fourragères.

Le choix des espèces à mélanger tiendra compte des objectifs de l’éleveur (prairie de fauche ou de pâturage, longue ou courte durée, valeurs nutritives pour les animaux…), des conditions pédoclimatiques (sol hydromorphe, profond, à alternance hydrique, séchant calcaire ou séchant acide,…) mais aussi du comportement de chacune des espèces au sein du mélange : précocité au démarrage, agressivité et pouvoir couvrant, pousse estivale,…

Pas plus de 30 kg/ha

« Il est possible d’associer jusqu’à six, voire huit espèces différentes dans une même prairie, mais mieux vaut ne pas descendre en-dessous d’un taux d’incorporation de 5 % », explique Pascale Pelletier d’Arvalis-Institut du végétal. « Ces mélanges complexes sont surtout utiles dans les parcelles très hétérogènes avec, par exemple, une zone séchante en hauteur et une autre plus humide en fond de vallée. »

Le coût d’un mélange de semences, acheté en sac déjà mélangé ou à mélanger soi-même, oscille entre 170 et 200 € HT par hectare. Il est recommandé de ne pas dépasser une dose de semis de 30 kg de graines à l’hectare sous peine de gaspillage, quel que soit le type de sol. « Avant la dose ou la date de semis (fin d’été ou printemps), les conditions d’implantation sont primordiales, avec un lit de semences très fin et un rappuyage avant et après le semis. On doit pouvoir marcher sur la terre sans laisser de marque avec ses pieds », rappelle l’experte en fourrage chez Arvalis.

Un choix variétal étendu

« Le choix des espèces est primordiale, mais il ne faut pas occulter le choix des variétés et leur adaptation aux conditions pédoclimatiques. Chez certaines espèces, la gamme variétale est très étendue », fait remarquer Michel Straëbler du Gnis. C’est par exemple le cas des festuloliums, une famille de graminées, issues de croisement entre le ray-grass et la fétuque, qui couvrent une large palette de comportements et d’adaptations aux conditions climatiques, aux modes d’utilisation et à la durée de culture.

La différence de potentiel génétique est conséquente entre une variété récente et une autre inscrite au catalogue il y a plusieurs décennies. « Une praire temporaire s’implante pour plusieurs années, alors autant choisir des variétés récentes et inscrites au catalogue français plutôt qu’européen, généralement mieux adaptées à nos conditions de milieu », conseille Michel Straëbler. Les valeurs agronomiques des variétés inscrites depuis 2010 sont consultables sur le site Herbe-book.org

Préconisations our les mélanges de semences pour prairies longues durée
Préconisations pour les mélanges de semences pour prairies longue durée. En vert foncé : espèces à privilégier dans le mélange ; En vert clair : espèces d'accompagnement (rôle peu productif) ; En jaune : espèces peu adaptées. Voir le guide de préconisation pour en savoir plus. (©Afpf)
 

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