Récolte d’herbe : préserver la qualité à chaque étape
L’herbe est un fourrage de qualité, intéressant pour faire du lait. Rappel sur les points de vigilance pour être sûr de distribuer le meilleur fourrage à vos animaux.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
Miser sur la bonne date
Pouvoir distribuer un fourrage de qualité débute par une récolte de l’herbe faite au meilleur moment. Le stade physiologique des plantes est le premier facteur de qualité. Cette dernière baisse avec la maturité physiologique, à l’inverse du rendement. La date de récolte sera donc un compromis entre qualité et rendement, à trouver selon ses besoins de stocks et les animaux à nourrir. « Pour déclencher le chantier de fauche à la bonne date, il faut faire, bien avant, le tour de toutes les parcelles car la qualité varie selon la flore, la fertilisation, le contexte pédo-climatique. N’hésitez pas à faire des analyses sur pied pour suivre la valeur alimentaire », encourage Emilie Turmeau, référente fourrages et systèmes fourragers à Elvup.
Le choix de la date doit aussi se faire en tenant compte de la portance et des conditions météo, qui doivent permettre le séchage rapide des fourrages. Des applis aident à trouver le bon créneau selon le rendement estimé, le matériel utilisé et les prévisions météo. « Pour ne pas louper le bon créneau, il faut se tenir prêt à saisir l’opportunité d’une fenêtre météo favorable », recommande Emilie Turmeau. Pour la récolte des dérobées, il faudra en plus penser aux semis de maïs à suivre, donc faire attention de ne pas récolter trop tard.
Préserver la qualité à chaque étape
En fonction du matériel dont on dispose, il faut organiser sa chaîne de récolte pour atteindre un taux de MS optimal, 35 % de MS pour les graminées, 40 % pour les légumineuses, en 24 à 36 heures, pour préserver la qualité. « Veillez à passer vos consignes de réglage à chaque étape et à vérifier leur bonne application », conseille Emilie Turmeau.
Faucher les graminées à 8 cm et les légumineuses à 10 cm.
Première exigence : faucher haut, à 8 cm pour les graminées, 10 cm pour les légumineuses. Déjà parce que le bas de la plante n’a pas une valeur nutritionnelle intéressante mais surtout parce que ça limitera les risques de contaminer le fourrage avec de la terre. Cela facilitera aussi le séchage puis le redémarrage des plantes. Mieux vaut faucher l’après-midi quand le taux de sucre est maximal. Par contre, pour le fanage et l’andainage des légumineuses, on privilégiera les interventions à la rosée pour préserver les feuilles, qui sont fragiles quand trop sèches.
Des morceaux de 15 à 25 mm de long.
Autre chiffre à avoir en tête, celui de la longueur de coupe. Il faut que l’ensileuse soit réglée pour obtenir des bouts de 15 à 25 mm. Avoir une coupe fine et homogène est important, d’abord pour le tassage, puis pour l’ingestion, en quantité et en temps. « En début de chantier, l’éleveur doit dire à son entrepreneur ou au chauffeur de la Cuma quelle longueur de coupe il veut, encourage Emilie Turmeau. Il ne faut pas hésiter à aller vérifier rapidement au silo si c’est bon et avoir le numéro du chauffeur pour lui faire ajuster rapidement la coupe si elle ne correspond pas à ce qu’on veut ». Pour de l’enrubannage, il est nécessaire d’utiliser le rotocut pour réduire la longueur des brins et obtenir la coupe fine qui permettra un pressage suffisant pour bien éliminer l’air.
Silo bien tassé, qualité conservée
Entrer un ensilage d’herbe au bon taux de matière sèche et sans terre dans un silo ne suffit pas à garantir un démarrage rapide en fermentation et une bonne conservation dans le temps, ni à réduire les pertes (par jus ou moisissures). La qualité de l’ensilage se joue également par la qualité du tassage. L’objectif est d’évacuer le maximum d’oxygène du silo pour favoriser les fermentations lactiques recherchées. L’efficacité du tassage est donc primordiale. Il faut y passer du temps avec un tracteur bien lesté. Le repère est d’avoir 400 kg d’engin tasseur par tonne de matière sèche entrante par heure. Pour plus d’efficacité, le fourrage doit être étalé en couche de moins de 20 cm. « La confection du silo est une phase clé pour la conservation, insiste Emilie Turmeau. Il faut consacrer du temps au tassage. Quitte à ralentir le rythme des remorques si le tasseur n’a pas le temps de bien faire ». Une fois le tassage effectué, il faudra veiller à ce que le bâchage soit bien hermétique.
L’herméticité est aussi primordiale pour les balles d’enrubannage. Après la confection des balles et des silos, attention aux nuisibles qui pourraient tout gâcher en faisant des trous.
Pour accéder à l'ensembles nos offres :