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Grippe aviaire, peste porcineLes défenseurs d'élevage en plein air s'inquiètent

« On résistera » : les règles sanitaires élaborées contre la grippe aviaire ou la peste porcine mettent en péril le maintien de l'élevage traditionnel en plein air, a affirmé mercredi le porte-parole du syndicat agricole Confédération paysanne à l'AFP.

« On doit se donner les moyens pour que le plein air puisse se développer et ne soit pas attaqué par des épisodes sanitaires », a déclaré Nicolas Girod depuis Pau, à l'occasion du lancement d'une mobilisation nationale sur le sujet.

Le rassemblement a réuni une centaine de personnes - « une majorité de paysans, des citoyens consommateurs et quelques membres de partis politiques » - selon le responsable syndical, 80 selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

À l'appel de la Confédération paysanne et du Modef (respectivement troisième et quatrième syndicats représentatifs de la profession agricole, derrière FNSEA-JA et Coordination rurale), d'autres rendez-vous étaient organisés dans le Sud-Ouest, touché depuis décembre par l' influenza aviaire (communément appelée grippe aviaire) dans ses élevages de volailles et canards.

Selon le ministère de l'agriculture, la France compte 436 foyers en élevage, dont 423 dans le Sud-Ouest. Plus de deux millions de volailles (essentiellement des canards) y ont été abattues pour tenter d'endiguer la propagation du virus.

Les autorités sanitaires et l'interprofession du foie gras Cifog ont déjà estimé qu'il faudrait à l'avenir pouvoir confiner l'ensemble des palmipèdes d'élevage lors des périodes à haut risque de contamination par les oiseaux sauvages. Le Cifog tenant à préciser mardi que cela « ne remettait absolument pas en cause la pratique de l' élevage en plein air ».

M. Girod a répondu que des canards confinés avaient été infectés. Pour lui, « on tire à boulets rouges sur le plein air » au lieu de remettre en cause la « densification, l'intensification, et la segmentation » de la production de foie gras, qui sont selon lui sont des « vecteurs majeurs de la diffusion de ce genre d' épizootie ».

« On claustre les animaux, on fait évoluer nos modes d'élevage, ce n'est pas acceptable », dit l'éleveur laitier du Jura, qui plaide plutôt pour « travailler sur la densité, les tailles d'élevages compatibles avec les épisodes sanitaires ».

Quant à la menace de peste porcine africaine, également transmise par la faune sauvage et dont la France est pour l'heure indemne dans ses élevages porcins, les mesures préventives de biosécurité imposées sont « inconcevables en termes pratiques et d'investissement » pour les éleveurs plein air, ajoute le porte-parole. Il réclame notamment que soient installées des clôtures mobiles, plutôt que fixes, pour empêcher les contacts avec les sangliers.

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