Menu

Objectifs de sélection génétiqueLes éleveurs laitiers font-ils les bons choix ?

Les éleveurs laitiers font-ils les bons choix ?

Les premiers objectifs de sélection génétique des éleveurs laitiers sont la morphologie suivie de la production laitière, loin devant la qualité du lait et les caractères fonctionnels.

Sélection des vaches laitieres
(©Terre-net Média)

Les éleveurs laitiers font-ils vraiment les bons choix en matière d’objectifs de sélection ? Derrière cette question provocante, se cachent les résultats d’un sondage en ligne réalisé auprès des lecteurs de Web-agri.fr, qui montre que la passion semble souvent l’emporter sur la raison économique.

A la question « quel est votre premier critère de sélection génétique ? », (où une seule réponse était possible, ce qui est loin de refléter la réalité d’un éleveur choisissant des taureaux sur de multiples caractères), une majorité d’éleveurs répondent la morphologie (34 %) et le volume de lait (23 %). Or, une étude de l’Institut de l’élevage portant sur le modèle bioéconomique pour mettre à jour l’objectif de sélection de la race prim’holstein, montre que le volume de lait ne représente qu’un poids de 3,3 % dans « l’indice de synthèse (IS) économique ». Ainsi, en augmentant le volume de lait d'un kilo par vache (en 305 j) sans modifier les taux de matières utiles, le revenu diminue de - 0,01 €/VL/an. Cette production supplémentaire de lait entraîne une hausse du coût alimentaire supérieure à celle des recettes laitières.

Cette étude calcule différents caractères selon leur poids économique dans l’objectif de sélection afin de créer un Indice de synthèse économique (IS éco). Selon la conjecture des prix de vente et des coûts de production sur plusieurs années, elle classe les caractères ainsi :

  1. La quantité de matière protéique : 27,9 % de l’IS éco
  2. La fertilité des vaches : 17,7 % de l’IS éco
  3. Le score cellulaire (Scs) : 16,9 % de l’IS éco
  4. La longévité fonctionnelle : 13,8 % de l’IS éco
  5. La quantité de matière grasse : 8,8 % de l’IS éco
  6. La fertilité des génisses : 5,4 % de l’IS éco
  7. Le volume de lait : 3,3 % de l’IS éco
  8. Les mammites cliniques : 2,4 % de l’IS éco
  9. Le poids vif des réformes : 1,9 % de l’IS éco
  10. Les conditions de naissance : 1,2 % de l’IS éco
  11. La survie des veaux à 48 heures : 0,5 % de l’IS éco

Le sondage indique que la fertilité (4 % des votants) ou les taux (9 % des votants) ne semblent pas faire partie des objectifs prioritaires des éleveurs alors qu’ils se classent en tête du poids économique des caractères.

Il est par contre bien difficile d’attribuer une valeur économique à la morphologie. Si quelques éleveurs parviennent directement à tirer profit de la morphologie via les concours et les ventes d’animaux, ce n’est pas le cas pour une majorité. Il faut aussi admettre qu’il est moins fréquent de réformer une vache pour des aplombs pas solides ou une mamelle qui décroche que pour cause de comptage cellulaire trop élevé, d’infertilité ou d’autres problèmes fonctionnels.

Quoi qu’il en soit, le débat sur les choix des objectifs de sélection de chacun est loin d’être clos et les contre-arguments sont nombreux : certains caractères sont liés entre eux et ne présentent pas les mêmes niveaux d’héritabilité et d’expression selon les conditions d’élevage. Alors si une majorité d’éleveurs choisissent la morphologie et le lait pour premier objectif de sélection, ils doivent avoir leurs raisons, d’autant qu’ils ne poursuivent pas qu’un seul objectif à la fois.

Enfin, l’étude de l’Institut de l’élevage constate que l’Isu Prim’holstein rénové en 2012 se situerait à 93 % de l’optimum économique. Ce qui signifie que l’Isu actuel convient bien pour améliorer le revenu des éleveurs.

Réagir à cet article

Sur le même sujet