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Traité commercial Usa/UEUne chance pour exporter encore plus de produits laitiers français

Face à la diversité des produits laitiers en vente, les pays européens n’ont « aucune raison de craindre des importations américaines car les Etats-Unis n’ont rien à exporter » estime Gérard Calbrix, économiste d’Atla. (©Terre-net Média)
Face à la diversité des produits laitiers en vente, les pays européens n’ont « aucune raison de craindre des importations américaines car les Etats-Unis n’ont rien à exporter » estime Gérard Calbrix, économiste d’Atla. (©Terre-net Média)

Le futur traité commercial transatlantique (appelé Ttip ou Tafta) serait une opportunité pour la filière laitière compte tenu de son potentiel de croissance à l’export. C'est ce qu'affirme Gérard Calbrix, économiste à l'Association française de la transformation laitière (Atla). Il s'exprimait lors d'un colloque organisé par le think tank Saf agr'Idées.

Les négociations en cours sur le prochain accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis, du 20 au 24 avril à Washington puis du 13 au 17 juillet 2015 à Bruxelles (1), effraient encore. Pourtant « on est loin de s’orienter vers un accord peu satisfaisant pour l’Union européenne compte tenu du nombre d’intermédiaires qu’il sera nécessaire de consulter avant qu’il soit approuvé », ont défendu plusieurs intervenants lors d'un colloque organisé à Paris, le 25 mars dernier, par le think tank Saf agr'Idées.

La filière laitière américaine a raison de craindre le Ttip car elle n’a rien à en attendre de bénéfique. En revanche, le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement serait, selon Gérard Calbrix, économiste à l'Association française de la transformation laitière (Atla), une opportunité pour l’Union européenne, compte tenu du potentiel à l’export qu’il représente.

Face à la diversité des produits laitiers en vente, « les pays européens n’ont même aucune raison de craindre des importations américaines car les Etats-Unis n’ont rien à exporter », a expliqué l’économiste d’Atla. Ils sont la première destination des produits français exportés vers les pays tiers et pour les Européens, le second marché après la Russie.

Pas de concurrence accrue

A ce jour, les droits de douane appliqués aux produits laitiers européens à l’entrée du marché américain sont supérieurs à 80 %. Aussi, en les ramenant à zéro, ils seront bien meilleur marché tandis que les produits américains exportés vers l’Union européenne seront toujours aussi peu attrayants.

En fait, l’enjeu des négociations commerciales sur Ttip porte sur les barrières non tarifaires. Il s’agirait par exemple d’en finir avec la taxe appliquée aux produits importés (Dairy port assement) dont la collecte est destinée à financer les promotions des produits américains. Ou encore d’harmoniser les normes requises au niveau fédéral pour que les fromages européens aient accès au marché américain.

Il revient actuellement à chaque entreprise qui souhaite exporter des produits laitiers de se plier au cahier des charges requis dans chacun des Etats où les marchandises seront commercialisées. Le processus de validation est long, coûteux et particulièrement dissuasif.

De même, devront être revues les normes bactériennes imposées pour empêcher les ventes les produits laitiers fabriqués à partir de lait frais.

La fin des indications protégées n’est pas d’actualité. Le prochain accord ne conduira pas à interdire la fabrication de spécialités fromagères aux Etats-Unis (Parmesan, feta) ou bien à remettre en cause, en Europe, leur labellisation. Les quantités de fromages en jeu sont beaucoup trop importantes.

Lorsqu’il sera conclu, le prochain accord commercial conduira à faire coexister à la fois un marché de masse et un marché de niche.

Parmi les inervevants du colloque organisé par la Saf Agr'iDées, Gérard Calbrix, directeur, Affaires économiques, Association de transformation laitière (Atla), à gauche.
Parmi les intervevants du colloque organisé par la Saf Agr'iDées, Gérard Calbrix, directeur des Affaires économiques à l'Association de la transformation laitière (Atla), à gauche. (©Saf Agr'iDées.)

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