Menu

Animaux « sensibles »La Fnsea craint des répercussions sur l'élevage

Paris, 17 avr 2014 (AFP) - La Fnsea regrette la décision des députés de reconnaître que les animaux sont « doués de sensibilité », craignant qu'un tel changement dans le Code civil ne « remette en cause la pratique de l'élevage ».

Dans une lettre ouverte au président de la République, le principal syndicat agricole du pays estime que cette évolution juridique pourrait « remettre en cause la pratique même de l'élevage, le savoir-faire des éleveurs en matière de bien-être animal et offrir par là-même une opportunité aux mouvements animalistes de multiplier les procédures judiciaires à leur encontre ».

Dans ce contexte, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, demande à François Hollande un « arbitrage » sur le sujet, lui qui s'était opposé à toute évolution réglementaire sur le sujet au moment du salon de l'agriculture fin février.

Interrogé par l'AFP, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, dit lui aussi jeudi qu'il n'était « pas favorable » à cet amendement. « J'ai parfaitement conscience de la nécessité du bien-être animal mais le Code rural a déjà intégré que les animaux sont doués de sensibilité. Et repasser ça dans le Code civil, je n'y étais pas favorable » même si « je ne crois pas que cela va changer des choses (pour les éleveurs, ndlr), car il y a un parallélisme entre Code civil et Code rural », a-t-il expliqué.

Les députés ont reconnu mardi aux animaux la qualité symbolique « d'êtres vivants doués de sensibilité », alors que jusqu'à maintenant le Code civil les considère comme « des biens meubles ».

Cette modification législative fait suite à une pétition lancée il y a près de deux ans par la fondation de protection animale 30 Millions d'amis, et qui a reçu le soutien de plusieurs intellectuels.

François Hollande avait écarté la possibilité de modifier le statut de l'animal dans un entretien à l'hebdomadaire la France Agricole, publié au moment du salon de l'agriculture. « Dans le code rural notamment, l'animal est déjà considéré comme un être sensible. Pourquoi ajouter d'autres considérations? », s'était-il notamment demandé.

Réagir à cet article

Sur le même sujet