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Plan contre le mal-être agricoleUne avancée qui ne doit pas éclipser le problème de la rémunération

Présenté le 23 novembre au ministère de l’agriculture, le plan d’action pour lutter contre la surmortalité par suicide dans le monde agricole est globalement salué. La FNSEA, JA, les Chambres et la MSA soulignent un certain nombre d’avancées. Pour Solidarités Paysans, en revanche, la question des responsabilités collectives des difficultés n’est pas réglée.

Prenant en compte les recommandations du député Olivier Damaisin et des sénateurs Françoise Férat et Henri Cabanel, qui ont formulé beaucoup de remontées de terrain sur la question du mal être agricole, la feuille de route pour accompagner les agriculteurs en difficulté a été saluée par la FNSEA, Jeunes agriculteurs, les chambres d’agriculture et la MSA suite à la présentation par les ministres, le 23 novembre.

Les organisations se félicitent des mesures destinées à créer les passerelles manquantes entre les différentes initiatives. « Il faut que dans chaque ferme de France, les agriculteurs sachent où s'adresser en cas de besoin », rappellent-elles, satisfaites également d’une remise en chantier de « ce qui ne marchait pas (simplification de l'aide à la relance de l'exploitation agricole Area, possibilité d'accompagnement devant les tribunaux des agriculteurs en procédure individuelle par des représentants associatifs et syndicaux…) » et du renforcement d’Agri’écoute.

Un métier qui rémunère, condition nécessaire au bien-être

« Rappelons que la bonne santé de la population agricole passera aussi et avant tout par un métier qui rémunère et qui soit considéré », ajoutent néanmoins la FNSEA, JA, la MSA et les chambres d’agriculture.

L’association Solidarités paysans, beaucoup plus sévère quant à ce plan d’actions, fustige de son côté « la non-prise en considération de la faiblesse du revenu des agriculteurs » dans la feuille de route. « Aucun engagement fort pour soutenir le redressement de l’exploitation (durée des échéanciers de paiement MSA, coût des procédures collectives…). Rien sur l’accès à la formation professionnelle des agriculteurs en plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire. Aucune mesure non plus pour faciliter l’accès aux financements des agriculteurs bénéficiant d’un échéancier de paiement ou d’un plan judiciaire d’apurement du passif. Aucune mesure concrète pour faciliter dès aujourd’hui l’accès des agriculteurs au RSA et à la prime d’activité », déplore l’association.

« Il est urgent d’interroger ce modèle industriel de développement agricole qui engendre isolement, surcharge de travail… Ce dont les paysans ont besoin aujourd’hui, c’est de pouvoir vivre dignement de leur travail, de retrouver une autonomie décisionnelle, de pouvoir retrouver la maitrise de leur exploitation », estime l’organisation.

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