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Congrès de la FnplLes éleveurs laitiers confiants malgré l'insuffisance de régulation européenne

Les éleveurs laitiers confiants malgré l'insuffisance de régulation européenne

En congrès à Pontarlier, les éleveurs de la Fnpl veulent plus que jamais être acteurs du dynamisme de la production laitière en Europe. A un an de la fin des quotas laitiers, et en l'absence de régulation des marchés, le syndicat veut conclure un pacte de responsabilité avec l'ensemble de la filière.

Vidéo: Bilan du 70e congrès de la Fnpl, par son président Thierry Roquefeuil


Un vent d'optimisme a soufflé pendant deux jours à Pontarlier, dans le Doubs. Réunis pour leur 70e congrès, les producteurs de lait de la Fnpl ont manifesté une certaine confiance en l'avenir. Une confiance quelque peu éloignée des revendications syndicales défendues par le syndicat ces dernières années. Il faut dire que le prix du lait tout juste négocié pour 2014 entre transformateurs et distributeurs, sous la pression du syndicat, offre de bien meilleures perspectives aux éleveurs pour les prochains mois. « Le prix du lait a progressé en moyenne de 29 €/1.000 l en 2013. Il en manque. Le retard doit être rattrapé cette année », concède Thierry Roquefeuil, le président de la Fnpl.

Le prix du lait n'est plus, pour l'heure, la principale préoccupation des éleveurs. Après 31 années de bons et loyaux services, les quotas laitiers disparaîtront au 1er avril 2015. Et, à un an de l'échéance, les producteurs laitiers ne veulent surtout pas rester à l'écart du dynamisme de la filière laitière européenne.

C’est bien ce message d’optimisme que les éleveurs auraient bien voulu porter au ministre de l’Agriculture. Mais s’astreignant à un devoir de réserve à quelques jours des Municipales 2014, ni Stéphane Le Foll, ni aucun de ses conseillers, n’a fait le déplacement à Pontarlier.

Se battre davantage pour la compétitivité que pour le prix

« Le prix du lait ne doit plus être une revendication syndicale, explique même un représentant départemental de la Fnpl. Il faut se battre pour que nos exploitations puissent produire au prix du marché. » Une ligne syndicale vers la compétitivité qui risque d'accélérer l'arrêt des ateliers les moins performants, et qui nécessitera néanmoins des soutiens pour moderniser les exploitations.

François Hollande s'était engagé, au dernier Sommet de l'Elevage, à une enveloppe de 200 M€. La « priorité donnée à l'élevage laitier » reste, pour la Fnpl, une revendication d'autant plus forte, que « un million de vaches sera à reloger dans les 10 ans qui viennent ».

La modernisation des élevages apparaît donc indispensable pour que les éleveurs français puissent profiter, à l'instar de leurs homologues irlandais, néerlandais et allemands, de marchés porteurs. Avec 2,3 milliards d'euros, l'UE concentre ainsi la moitié des investissements mondiaux dans les tours de séchage. Mais au sein même de l'UE, la France reste très en retard.

Pacte de responsabilité pour la filière

Il ne reste plus qu'un an à la filière laitière française pour se préparer à l'après-quota. Une étape qui ne fait plus peur à la Fnpl. « Nous sommes prêts mais restons réalistes, assure Thierry Roquefeuil. Nous voulons maintenir un véritable tissu laitier en France.  »

Face à leurs représentants nationaux, les éleveurs ont toutefois soulevé leurs craintes quant à l'absence de régulation en Europe et, en France, à la main-mise des entreprises sur la gestion des volumes.

Pour éviter ce scénario, la Fnpl veut conclure, « à l'automne au plus tard », un pacte de responsabilité du secteur laitier avec les pouvoirs publics. Cette formule « à la mode » doit aussi écarter le spectre d'une médiation forcée annuelle pour déterminer les prix. L'objectif affiché est de formaliser « les engagements de tous les acteurs laitiers », tant en matière de respect des contrats laitiers par les industriels que de leurs stratégies de développement à moyen et long terme.

Les OP renforcées par la loi d'avenir

En attendant, la Fnpl veut poursuivre la structuration de la production, en proposant un rassemblement national des OP le 8 avril prochain, « pour parler de nos projets, de nos complémentarités et de nos besoins réciproques. »

Sur ce dossier, Thierry Roquefeuil s'est félicité des amendements au projet de loi d'avenir agricole. Le principe de la « class action » par les OP agréées est acté. Une OP agréée pourra défendre ses adhérents collectivement devant la justice.

A la tribune, François Thabuis, le président de Jeunes agriculteurs, a insisté sur la nécessité de développer des OP territoriales, et non seulement verticales par entreprises. La Fnpl est d’accord. « Mon ambition est de provoquer la mobilité des producteurs face à leurs entreprises. Sur une logique territoriale, mettre les acheteurs en concurrence est sain. »

En fait, l’une des clés essentielles pour que les producteurs de lait soient prêts à affronter l’après-quota réside dans une contractualisation mieux respectée. Les quelques mois restants avant l’échéance ne seront pas de trop pour la parfaire et renforcer le poids des producteurs dans les négociations. Mais Thierry Roquefeuil, fidèle à l’esprit de ce 70e congrès de la Fnpl, reste optimiste. « En 2014, les contrats s’appliqueront ! »

Entre producteurs, les éleveurs laitiers de la Fnpl
En l'absence de Stéphane Le Foll, les éleveurs laitiers veulent mettre les bouchées doubles, sur tous les dossiers, pour se donner les moyens de passer le cap de l'après-quota. (©La terre de chez nous)

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