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FnclLes coopératives laitières prêtes à soutenir les éleveurs face à la volatilité

 Dominique Chargé, président de la Fncl et Sylvie Bourcier, directrice associée de la société ADquation dévoilent le baromètre économique des coopératives laitières. (©Terre-net-média)<span style="font-size: 14px; line-height: 1.5em; text-align: justify; color: #000000;"> 
Dominique Chargé, président de la Fncl et Sylvie Bourcier, directrice associée de la société ADquation dévoilent le baromètre économique des coopératives laitières. (©Terre-net-média) 

La Fédération nationale des coopératives laitières (Fncl) a tenu son assemblée générale annuelle ce jeudi 23 avril. Les quotas laitiers bel et bien enterrés, elle a évoqué plusieurs dispositifs afin de maîtriser la volatilité des prix, gérer les volumes et la contractualisation. L'occasion également de poser trois questions à Dominique Chargé, le président de la Fncl.

Lors de l'assemblée générale annuelle de la Fncl qui s’est déroulée ce jeudi 23 mai 2015, Dominique Chargé, son président, a présenté un baromètre économique. Au lendemain de l’arrêt des quotas laitiers, la Fncl a ainsi livré une photographie chiffrée de la coopération laitière depuis cinq ans. 58 structures laitières françaises ont été interrogées (soit 88 % du volume collecté par la Fncl).

« Les coopératives laitières françaises ont un poids de plus en plus important » se félicite Dominique Chargé. Elles représentent 53 % du chiffre d’affaire de la filière et les volumes de lait collecté ont augmenté de 19 % depuis 2010. La coopération laitière se distingue par la diversité des entreprises : 10 % font du B to B, 15 % transforment le lait en produits de grande consommation. Le reste étant des entreprises mixtes ou ayant une dominante. Depuis cinq ans, les coopératives se sont davantage implantées à l’international : elles étaient 42 % en 2010 contre 96 % aujourd’hui. Ceci s’explique non seulement par les regroupements de coopératives mais aussi par un choix stratégique de celles-ci.

Le président de la Fncl a également apporté son soutien aux producteurs en zones plus reculées : « Nous demandons des aides aux producteurs pour l’acheminement du lait ou aux laiteries pour la collecte de celui-ci. La France est reconnue pour la diversité de ses terroirs et la qualité de ses produits. Nous devons soutenir les productions laitières partout où il y a une nécessité économique ».

Dominique Chargé, président le la Fncl
Dominique Chargé, président de la Fncl. (©Terre-net-média)
Dominique Chargé, dans un contexte de volatilité croissante des prix, quelles solutions supplémentaires les coopératives vont-elles proposer à leurs adhérents afin qu’ils subissent le moins possible ces variations de paiement ?

La gestion de la volatilité se réalise à trois niveaux. Au niveau de l’exploitation, nous allons proposer à nos adhérents plusieurs indicateurs économiques afin de les aider à évaluer leurs coûts de production. Concrètement, ils auront accès à une étude des performances économiques de leur atelier de production de lait.

Au niveau de la coopérative laitière, il est important d’avoir des indicateurs européens réactifs et efficaces. C’est pourquoi, la Fncl soutient la mise en place d’un observatoire européen du secteur laitier. La fédération sollicite également la Commission européenne afin de disposer d’un système de gestion de crise équitable et qui s’applique à tous afin de mieux s’adapter aux différentes situations du marché. La Fncl souhaite également une sécurisation de la marge des producteurs. Cette assurance serait inspirée des politiques des autres pays et notamment du Farm bill.

Enfin, lors des conseils d’administration de chaque coopérative, les adhérents pourront définir les modalités de paiement. Nous leur laissons prendre les décisions qui leur convient le mieux : s’ils veulent fixer un prix de base et ensuite obtenir des compensations afin de lisser leur revenu, c’est à eux d’en décider.

Avec l’arrêt des quotas, la production laitière est prévue en hausse. Comment les coopératives vont-elles gérer leurs stocks et les volumes grandissants ? 

Les coopératives ne cessent d’investir (au total 990 millions d’euros depuis 2010). L’étude économique qui a été effectuée auprès des coopératives adhérentes à la Fncl a mesuré qu’au moins un milliard d’euros sera déboursé pour différents projets au cours des cinq prochaines années. Grâce à ces investissements, les coopératives ont les capacités de gérer leurs stocks. Notre préoccupation est de toujours être en adéquation avec le développement de la production et des marchés. Nous ne pouvons pas faire de stocks sans avoir de marché sur lequel s’imposer.

La Fnpl a demandé des audits sur la contractualisation. Comment les envisagez-vous ? Elle souhaite également remettre en cause le principe de l’apport total, comment réagissent les coopératives ?

Ces audits qui vont être effectués sur toute la filière laitière vont d’abord mettre en évidence les différences de fonctionnement entre les entreprises privées et les coopératives. Elles doivent être respectées dans leur modèle. La coopérative est au service du développement et du revenu de ses associés coopérateurs, une entreprise privée a une autre finalité dans la façon d’aborder son activité.

Quant à l’apport total, même s’il a été décidé comme étant une règle souhaitable pour les coopératives, la décision d’abroger ce principe revient aux coopérateurs et au conseil d’administration de chaque coopérative. Chacune gère l’équation économique du volume et des prix en fonction de ses associés coopérateurs et des décisions du conseil d’administration.

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