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Comptes prévisionnels de l'agricultureUne baisse de - 6,5 % de la valeur ajoutée brute par actif agricole en 2020

Les comptes de l'agriculture 2020 traduisent un repli de la production agricole et une baisse de la valeur ajoutée par actif. (©Terre-net Média)
Les comptes de l'agriculture 2020 traduisent un repli de la production agricole et une baisse de la valeur ajoutée par actif. (©Terre-net Média)

Moins impactée que d’autres secteurs par la crise sanitaire, la filière agroalimentaire a cependant dû composer avec les reports de consommation et surtout, des conditions climatiques particulièrement défavorables aux productions végétales. Les comptes prévisionnels de l’agriculture pour 2020 montrent ainsi un recul de 12,1 % des céréales. La production totale diminuerait de 2,1 %. La valeur ajoutée brute par actif chute de - 6,5 % par actif, se traduisant par une baisse de 11,8 % du résultat net des agriculteurs.

Une production agricole qui diminue de 2,1 % et une valeur ajoutée brute par actif en baisse de 6,5 % par rapport à 2019 : ce sont les chiffres issus des comptes prévisionnels de l’agriculture pour 2020, publiés par l’Insee le 16 décembre.

Repli de la production végétale à - 3,1 %

Les accidents climatiques ont marqué cette année agricole davantage que les conséquences de la crise sanitaire (malgré des impacts notables sur certaines filières), se traduisant directement sur les volumes de productions végétales.

La baisse globale de la récolte céréalière atteint ainsi - 18,7 %, une chute particulièrement marquée pour le blé tendre (- 26,4 %), l’orge (- 23,5 %) et le blé dur (- 17,1 %). Si la production de maïs augmente de 5,7 %, c’est uniquement en raison de l’augmentation des surfaces cultivées.

Touchée de surcroit par la jaunisse, la production de betteraves industrielles chute de - 28,4 %. En revanche, la production en volume de pommes de terre croît de nouveau (+ 6,0 %) et la récolte d’oléagineux augmente (+ 1,9 %), entraînée par le tournesol, tandis que celle des protéagineux se replie nettement (– 12,0 %).

Les prix augmentent de + 1,6 %, tirés par ceux des céréales (+ 8,1 %), soutenus par le manque d’offre et la demande. Les prix des pommes de terre subissent en revanche le contrecoup d’une demande en baisse, en raison de la fermeture de la restauration hors foyer, et se replient à - 14 %.

De la production à la valeur ajoutée
De la production à la valeur ajoutée (©Insee)
 

Légère croissance de la production animale en volume (+ 0,4 %)

La production animale augmente légèrement au total, à + 0,4 %. La production de gros bovins reste stable, celle de porcins est en légère hausse (+ 0,8 %) tout comme celle des ovins-caprins (+ 0,9 %) et la production laitière (+ 1 %). La production d’œufs décolle (+ 6,4 %). En revanche, elle baisse nettement pour les veaux (- 5 %), et diminue pour les volailles (- 1,7 %). Les prix sont en baisse de - 1,3 %, tirés vers le bas par le porc (- 4,0 %), les gros bovins (- 1,3 %) et le lait (- 1,6 %).

Stabilité des intrants

Après une hausse de 1,2 % en 2019, la consommation d’intrants n’augmenterait que très légèrement, de 0,3 %, pour une augmentation de 0,4 % des prix. Les dépenses en engrais et amendements augmentent un peu (+ 0,5 % après - 8,4 %), en lien avec un rebond des volumes (+ 3,7 % après - 16,3 %) car les prix fléchissent (- 3,1 %). La valeur des pesticides et produits phytosanitaires décroît sous l’effet des prix (- 2,5 %).

Les achats d’aliments diminuent en volume (- 1,8 %), ce qui selon l’Insee peut s’expliquer par un recours accru aux aliments produits sur les exploitations (+ 1,2 % en volume). Ces aliments sont globalement plus chers qu’en 2019 (+ 0,5 %).

Nouvelle baisse de la valeur ajoutée brute

Comme en 2019, la valeur ajoutée brute de la branche agricole subit une baisse (- 5,4 %) liée à la diminution de - 2 % de la production au prix de base (comprenant les subventions sur les produits). Les subventions d’exploitation s’élèvent à 7,9 milliards d’euros, soit 375 millions de moins qu’en 2019, en raison de la transformation du CICE en allègement de cotisations patronales.

En tenant compte des subventions d’exploitation, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs diminuerait de 5,4 % en 2020. L’emploi agricole diminuant (baisse de l’emploi non salarié), cette valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif baisserait de 4,7 %. En termes réels (c’est-à-dire déflatés par l’indice de prix du produit intérieur brut), elle se réduirait de 6,5 %, après une baisse de 4,3 % en 2019. D’après les calculs de l’APCA, le résultat net de la branche agricole par actif non salarié serait ainsi de - 11,8 %.

Journaliste politique et économie

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