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Céréales ukrainiennesLa Commission européenne veut débloquer les exportations

Les wagons ukrainiens ne sont pas compatibles avec les réseaux ferroviaires de l'UE, ce qui pose problème. (©Pixabay)
Les wagons ukrainiens ne sont pas compatibles avec les réseaux ferroviaires de l'UE, ce qui pose problème. (©Pixabay)

La Commission européenne va aider l'Ukraine à débloquer ses exportations de céréales en créant une plateforme pour mobiliser des capacités de fret accrues et coordonner leur stockage avec les États membres, selon un plan annoncé jeudi.

Alors que la Russie impose un blocus aux ports ukrainiens, « 20 millions de tonnes de céréales stockées dans les silos doivent quitter l'Ukraine dans les trois mois (d'ici les prochaines récoltes) via les infrastructures de l'UE (...) Il faut optimiser les chaînes logistiques, éviter les goulots d'étranglement » aux frontières, a expliqué la commissaire aux Transports, Adinea Valean.

L'exécutif européen va créer « une plateforme de mise en relation » associant services de la Commission, entreprises de transport et négociants pour faire correspondre offre et demande. Il appelle aussi le secteur du fret à mobiliser « de toute urgence » des véhicules supplémentaires, conteneurs et conteneurs-citernes (pour l'huile) et structures de transbordement, avec plusieurs pistes pour accorder aux entreprises des garanties financières.

Problème majeur : les wagons ukrainiens ne sont pas compatibles avec les réseaux ferroviaires de l'UE, en raison d'un écartement des roues différent, ce qui oblige à transborder les céréales dans des camions ou des wagons au standard européen avec un temps moyen d'attente des wagons de 16 jours côté ukrainien.

« Les capacités de transbordement sont très insuffisantes, inadaptées à des volumes importants et à l'augmentation soudaine de la demande », mais le recours à des conteneurs peut aider, estime la Commission, qui note que « des structures de grutage mobiles peuvent être déployées relativement rapidement » et que des wagons adaptés sont « largement disponibles dans l'UE ».

Les camions doivent parfois patienter 12 heures pour passer la frontière en raison d'embouteillages et des « difficultés administratives ».

Bruxelles « invite instamment » les États « à appliquer un maximum de flexibilité et à mobiliser des effectifs suffisants » pour accélérer les procédures (contrôles phytosanitaires et vétérinaires, contrôles douaniers, autorisations) qui « peuvent encore prendre jusqu'à plusieurs jours » et diffèrent d'un pays à l'autre.

La Commission encourage les États à établir des « couloirs de solidarité » et demande aux gestionnaires des réseaux ferroviaires de réserver des créneaux « prioritaires » pour le fret ukrainien. Elle souhaite aussi mobiliser plus de péniches et de caboteurs pour le transport sur le Danube.

Enfin, Bruxelles va évaluer les capacités de stockage disponibles à travers l'UE pour mieux orienter les exportations ukrainiennes, et identifier les ports susceptibles de les acheminer dans le reste du monde.

La Commission s'engage à conclure « rapidement » un accord pour le transport routier avec Kiev, si les États membres lui en donnent mandat, et envisage d'utiliser des fonds européens pour développer les connexions entre UE, Ukraine et Moldavie.

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