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CreuseIncendie criminel et tags injurieux contre la « ferme des 1.000 veaux »

Le Centre engraissent les broutards de la région, habituellement destinés à être exportés en engraissés en Italie. (©Terre-net Média)
Le Centre engraissent les broutards de la région, habituellement destinés à être exportés en engraissés en Italie. (©Terre-net Média)

Un bâtiment de la ferme dite « des 1.000 veaux », un centre d'engraissement bovin du sud de la Creuse vivement contesté par certains défenseurs des animaux, a été la cible jeudi matin d'un « incendie criminel », a-t-on appris auprès de la préfecture du département.

 

Signalé vers 5h, l'incendie a fortement endommagé un bâtiment de 1.500 m2 renfermant notamment de la paille et du matériel, situé à l'écart des installations abritant les veaux de ce centre de Saint-Martial-le-Vieux, a indiqué à l'AFP la préfecture de la Creuse. L'incendie, qui n'a fait aucune victime humaine ou animale, a été circonscrit dans la matinée.

« Il s'agit de toute évidence d'un incendie volontaire et criminel puisque des tags ont été retrouvés sur le bâtiment », a déclaré le secrétaire général de la préfecture, Olivier Maurel. Le parquet de Guéret est saisi de l'enquête.

Sur le mur du bâtiment incendié étaient inscrits des tags injurieux à l'encontre de l'entreprise Jean Rozé et de Ségolène Royal, tandis qu'au sol étaient peints les mots « non aux camps de concentration », a précisé la préfecture.

Filiale viande des magasins Intermarché, la SVA Jean Rozé a signé en juillet 2015 un contrat par lequel elle est devenue le client unique de la société Alliance Millevaches, qui regroupe 45 exploitations agricoles au sein du centre d'engraissement bovin.

Quant à la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, elle a été critiquée la semaine dernière par des opposants de longue date à la « ferme des 1.000 veaux » pour un décret, paru le 6 décembre, qui double le seuil d'animaux pouvant être accueillis dans une installation classée avant autorisation.

Stéphane Le Foll condamne cet acte 

« Cela veut dire que l'Usine des 1.000 Veaux va pouvoir tourner à 800 bêtes sans enquête publique, ni étude d'impact, en déposant simplement un dossier d'enregistrement en préfecture », s'indignait le 15 décembre l'association L-PEA (Lumière sur les pratiques d'élevage et d'abattage), annonçant son intention d'attaquer ce décret en justice. Avec d'autres associations de défense de l'environnement et du bien-être animal, L-PEA a organisé au cours des deux dernières années de nombreuses manifestations pour s'opposer à ce centre d'engraissement.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a condamné dans un communiqué les « exactions » contre l'exploitation ainsi que « les qualificatifs inadmissibles et diffamatoires » des tags laissés sur place, « en particulier à propos d'une ministre de la République. » Il demande que « les auteurs soient poursuivis avec la plus grande fermeté », jugeant que « de tels débordements sont intolérables. »

Quant au président de la FNSEA, Xavier Beulin, il a pointé du doigt, sans citer de noms, « ces associations qui militent pour le bien-être animal » ayant selon lui « mis en péril 400 animaux qui auraient pu brûler vif ». « Ce qui s'est passé sur cet élevage s'apparente plus à une forme d'attentat qu'à une forme de revendication qui peut être par ailleurs légitime », a-t-il réagi auprès de l'AFP.

Il s'agit du premier acte de malveillance visant le centre d'engraissement, selon le président de la FDSEA de la Creuse, Pascal Lerousseau. « Le souci, c'est qu'ils mettent en danger les animaux », qui n'ont plus à boire ni à manger en raison des dégâts provoqués par l'incendie, a-t-il souligné. Une « cellule logistique » mise en place avec des élus locaux et la préfecture devrait toutefois y remédier rapidement.

L-PEA a condamné « fermement » l'incendie criminel dans un communiqué publié jeudi soir. » Nous condamnons de telles méthodes, non seulement stériles mais qui mettent en outre en péril la vie des animaux », souligne L-PEA.

L'association se dit par ailleurs « particulièrement choquée des propos tenus par les actionnaires de la SAS Alliance Millevaches », et « par Xavier Beulin, président de la FNSEA qui nous accuse à demi-mots d'être les auteurs de cet acte ».

Le centre, d'une capacité de 1.000 places, est soutenu et subventionné par l'Etat (au titre notamment de la reconversion d'un ancien site militaire) et des collectivités locales. Il doit accueillir des « broutards », veaux de 8-9 mois, engraissés sur place plusieurs mois avant d'être envoyés à l'abattoir. Les premiers veaux sont arrivés cet été.

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