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Cultures énergétiques« On envisage de passer toute l’exploitation en miscanthus et switch grass »

Philippe Colin, l'un des précurseurs du miscanthus en France. (© Terre-net Média)
Philippe Colin, l'un des précurseurs du miscanthus en France. (© Terre-net Média)

A 52 ans, cet exploitant de Hangest-sur-Somme (Somme), a comme pari de convertir toute sa ferme de polyculture-élevage de 272 hectares en culture de biomasse : miscanthus et switch grass. L’objectif pour lui étant de « libérer du temps pour son entreprise de travaux agricoles, et préparer sa retraite », tout en maintenant ses revenus.

L’entreprise de travaux agricoles que dirige Philippe Colin lui prend énormément de temps, et il lui était difficile de gérer son exploitation de polyculture-élevage en parallèle. C’est pourquoi il à décidé de se lancer dans la culture de biomasse. 

Il estime que les cultures de miscanthus qu’il implante actuellement, lui rapporteront de l’argent dans dix ans, et il pourront lui garantir un revenu correct, à la hauteur d’un blé actuel, tout en demandant moins d’intrants et d’interventions.

Sa première récolte de miscanthus à été vendue à une usine de déshydratation pour des tests d’insertion avec du charbon pour une intégration régulière de biomasse dans la filière énergétique. « Il faut bien commencer à mettre du produit sur le marché pour lancer la filière et motiver les investissements » ajoute-t-il.

Se désengager des marchés, commercialiser soi-même 


L'installation de stockage de miscanthus chez Philippe Colin (© Terre-net Média)

Son projet est de se chauffer au miscanthus pour l’hiver prochain et il espère pouvoir commercialiser ses récoltes dans les prochaines années dans les collectivités locales des alentours, pour du chauffage collectif. Il recherche principalement des débouchés locaux car le transport du miscanthus, qui est peu dense (140kg/m2) peut vite devenir un poste de charges important.

Son entreprise de travaux agricoles lui permet d’avoir le matériel adapté à la récolte du miscanthus, sans frais supplémentaires.
Il à élaboré, d’autre part, un machine permettant de planter les rhizomes, il travaille désormais en prestations de services pour Bical Biomass France, qui, par contre, lui vend des plants.

L’implantation, un moment clé

Il conseille, pour l’implantation, d’avoir une bonne réserve en eau, et d’éviter les terres calcaires. Il faut aussi des terrains propres d’avance car le désherbage, surtout en cas de levées difficiles, peut s’avérer délicat compte tenu de l’absence d’homologation pour le désherbage actuellement.
Au niveau climatique, il craint les gelées tardives qui, selon lui, influent largement sur le rendement.


 

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