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Embargo russeUn coût bien supérieur aux 650 M€ d’exportations agroalimentaires perdues

Un coût bien supérieur aux 650 M€ d’exportations agroalimentaires perdues

Au-delà des pertes générées par l’embargo russe, les agriculteurs craignent les effets économiques par ricochet d’une telle mesure. Au niveau de l’Union européenne, ce sont près de 10 milliard d’euros de ventes de produits agroalimentaires qui ne trouvent plus de débouchés vers la Fédération de Russie.

La Fédération de Russie et son président, Vladimir Poutine, ont décidé le 7 août dernier de mettre fin aux importations d’un certain nombre de produits agricoles et agroalimentaires. L’embargo russe est une décision politique qui vise à pénaliser des pans entiers de l’économie des pays engagés dans des mesures de rétorsions contre la Russie suite à son annexion de la Crimée et à son soutien à la guerre engagée dans les territoires russophones par les séparatistes russes. Mais cet embargo ne pourra pas être sans conséquences sur la vie quotidienne des Russes.

Bœufs, porcs, volailles, poissons, fromages, lait, ainsi que les fruits et légumes en provenance de l'UE, des États-Unis, de l'Australie, du Canada et de la Norvège sont boycottés.

« Les fruits et légumes en provenance de l'UE seront frappés par cet embargo total », a déclaré Alexeï Aleksinko, porte-parole de l'agence de sécurité sanitaire (Vpss) cité par l'agence Ria Novosti.

Les produits français ne font donc pas exception. Mais au-delà des pertes commerciales (environ 650 millions d’euros en 2013), les agriculteurs doivent surtout redouter les effets par ricochet de la décision politique prise par la fédération de Russie et imposée, non seulement à la France, mais à l’ensemble des partenaires commerciaux occidentaux. Car c’est l’ensemble des grands pays exportateurs de produits agricoles et agroalimentaires soumis à cet embargo qui, comme la France, devront dorénavant de replier sur d'autres marchés pour écouler des quantités massives de produits invendus. Pour les huit premiers exportateurs de l’Union, la mesure porte sur 9 à 10 milliards d’euros, selon le périmètre des produits retenus.

Aussi, les produits invendus en Russie tenteront d’être écoulés sur le marché européen en concurrençant par conséquent ceux destinés aux marchés intérieurs. Dans un tel scénario, les agriculteurs ont toutes les raisons de craindre un effondrement des prix, des pertes de revenus colossales et des faillites en cascade.

Que des perdants

La Russie fait partie des premiers exportateurs mondiaux de céréales mais elle a importé en 2013 plus de 29 milliards d’euros de produits agricoles et agroalimentaires. Pour de nombreuses filières européennes, le marché russe, particulièrement déficitaire en fruits, en légumes, en produits laitiers ou encore en viandes, constitue un débouché essentiel pour se développer et conquérir des parts de marché.

Pour certains produits comme les pommes et les poires, c’est en hiver que les tensions sur les prix seront les plus vives si la Russie ne revoit pas ses positions. Surtout que les récoltes de pommes sont, cette année, abondantes.

Mardi 26 août, les agriculteurs polonais se sont rendus massivement à Bruxelles pour demander des soutiens financiers pour compenser les manques à gagner attendus par la perte des débouchés russes (tous produits confondus, les exportations sont estimées à 1,2 Md d’€ selon l’ambassade de France en Russie.). Ce mercredi 27 août, c'est la Fnsea qui a fait sa rentrée en faisant part de ses vives inquiétudes sur les conséquences de l'embargo.

En 2013, le montant des exportations de produits agricoles et agroalimentaires victimes de l’embargo russe est estimé à 650 millions dont 134 M€ de viandes, 28 M€ de légumes et 20 M€ de fruits.

La France était, en 2013, le 9ème pays fournisseur de produits agricoles et agroalimentaires après le Brésil, l’Allemagne, l’Ukraine, les Pays-Bas, la Chine, les Etats-Unis, la Turquie et la Pologne entre autres. 

Premières victimes : les agriculteurs européens et les consommateurs russes

Les victimes de l’embargo commercial imposé par Vladimir Poutine sont non seulement les pays sanctionnés mais aussi les Russes eux-mêmes. Ces derniers ont toutes les raisons de redouter une inflation des prix des produits alimentaires dans les prochains mois. Même si la Russie aura recours à des importations massives de produits en provenance de pays qui ne sont pas touchés par les mesures de rétorsion, ceux-ci n’auront pas, dans l’immédiat, les produits en quantités suffisantes pour compenser les achats opérés en Australie ou encore dans l’Union européenne !

« En 2013, l'industrie agroalimentaire américaine a exporté de son côté pour 1,5 milliard de dollars de produits alimentaires vers la Russie, qui est notamment le deuxième marché d'exportation des volailles américaines derrière le Mexique. L'an passé, 276.000 tonnes de volailles américaines ont été vendues en Russie, soit 8 % des exportations du secteur, d'après les données du département américain de l'Agriculture », explique le Courrier russe.

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