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Fabrication d’alimentA la ferme, mais sans investir

A la ferme, mais sans investir

La fabrication d’aliment à la ferme (Faf) permet, aux éleveurs, de mieux maîtriser leur coût alimentaire, mais exige des investissements lourds, du temps et des nouvelles compétences. Pour de petits volumes, d’autres solutions existent… Un article paru dans Terre-net Magazine n°28 - septembre 2013

Dans une exploitation bovine, le coût de la Faf lié aux amortissements, aux frais d’entretien et de fonctionnement est de l’ordre de 16 à 25 €/t pour une centaine de tonnes par an.
Dans une exploitation bovine, le coût de la Faf lié aux amortissements, aux frais d’entretien et de fonctionnement est de l’ordre de 16 à 25 €/t pour une centaine de tonnes de céréales par an. (©Terre-net Média)

Si en production porcine, l’intérêt de la fabrication d’aliment à la ferme (Faf) n’est plus à démontrer, il est moins systématique en élevage bovin où les volumes d’aliment consommés sont bien inférieurs.

Près de 45 % des porcs bretons sont nourris avec des aliments fabriqués à la ferme. Un chiffre qui n’a cessé de croître ces dernières années suite à l’augmentation des prix des matières premières. « En moyenne, ces ateliers porcins broient et transforment 1.800 t d’aliment par an, alors que les exploitations bovines aplatissent généralement moins de 100 t de grain par an. Les logiques d’investissement et d’économie d’échelle sont très différentes », fait remarquer Hervé Roy de la Chambre d’agriculture de Bretagne et coordinateur de l’association Airfaf(1), dont le rôle est de promouvoir la fabrication d’aliment à la ferme et d’apporter un appui technique aux éleveurs "fafeurs".

Depuis deux ans, le Conseil général de Bretagne encourage l’autonomie alimentaire des élevages en soutenant, à hauteur de 30 à 40 %, les achats individuels ou collectifs de matériels de fabrication d’aliment neufs. « 75 éleveurs en ont déjà bénéficié, pour un montant de près d’un million d’euros. Il s’agit presque exclusivement d’ateliers porcins, alors que cette aide est également destinée aux autres productions animales, aux Cuma et aux Eta. D’autres régions soutiennent les investissements dans la Faf, avec certaines conditions à respecter. »

Travail à façon

Devenir "fafeur", c’est prendre un risque sur les plans financier, temps de travail et technique au vu des compétences requises en formulation des aliments, pour le stockage et la ventilation des grains, etc. « En porcs comme en bovins, il faut que la structure tourne bien avant de vouloir changer de type d’aliment et d’y consacrer du temps », conseille Hervé Roy.

La capacité financière de l’exploitation doit être suffisante pour investir dans des équipements et stocker les matières premières. C’est pourquoi faire faire le travail à façon par une entreprise peut s’avérer avantageux, notamment pour des volumes restreints.

L’Eta Le Bœuf par exemple, basée à La Caine au sud de Caen, s’est équipée de camions-usines pour aplatir, broyer ou mélanger des grains secs. Les camions effectuent des tournées régulières chez près de 300 éleveurs de Normandie, de Mayenne et d’Ille-et-Vilaine qui stockent chez eux. « En fonction de la taille des cheptels de nos clients, nous fabriquons de 2 t d’aliment régulièrement à 50 t après la récolte, explique l’entreprise. Cela coûte en moyenne 30 €/t pour du mélange et 20 €/t pour de l’aplatissage. » Les céréales sont prélevées par aspiration, ce qui permet de s’adapter à tous les modes de stockage : cellule, à plat, grenier. Les camions sont équipés pour ajouter des minéraux ou pulvériser de l’huile afin de réduire la poussière.

Vente interdite

D’un point de vue légal, il est interdit de fabriquer des aliments à la ferme pour d’autres éleveurs, cette activité étant considérée comme commerciale au même titre que pour les sociétés qui fabriquent et vendent de l’aliment. Une raison qui, en plus du problème de traçabilité des matières premières, limite l’achat d’aplatisseurs en copropriété.

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