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Additifs nutritionnelsDe la vitamine B pour booster la production laitière

De la vitamine B pour booster la production laitière

Depuis leur découverte dans les années 1940, les vitamines B ont été oubliées comme additif dans les rations des vaches laitières. Il était acquis que la microflore du rumen en produisait assez pour combler leurs besoins. Mais de récents travaux ont mis à mal cette certitude. Détails.

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Chez les vaches en lactation, la supplémentation
de vitamines B protégées (acide folique, biotine,
pyridoxine et acide pantothénique) augmente
la production de lait ainsi que les rendements
en protéine et en gras. (© Terre-net Média)

Il est difficile de concilier forte production et couverture des besoins alimentaires des animaux. Parmi ces besoins,  les vitamines B sont des nutriments essentiels pour l’entretien, la croissance, la production et la reproduction des vaches.

Des travaux ont mis en évidence que les bactéries du rumen dégradaient la majeure partie des vitamines disponibles du complexe B. Presque 100 % de la choline et de l’acide folique, notamment, sont dégradés dans le rumen.

Par ailleurs, il s’avère également que les besoins en vitamines B des vaches sont affectés par le niveau de production laitière et le stress.

Enfin, une consommation de matière sèche inadéquate, associée à des besoins alimentaires élevés peut provoquer une carence en vitamines B.

Insuffisance d’apport de vitamines B

La science a également démontré que les bactéries du rumen produisent suffisamment de vitamines du complexe B pour soutenir un niveau modéré de production.

Cependant, pour les vaches laitières dont la ration est élevée en concentrés, ou dont la consommation de matière sèche est faible, la quantité de vitamines produites dans le rumen peut s’avérer inadéquate pour assurer les besoins du fœtus, ainsi qu’un bon départ en lactation.

La méthodologie

Dans ce travail, 23 essais ont été mis en place dans des fermes laitières de référence (Canada et Usa) utilisant un plan expérimental alterné (sans/avec/sans vitamines B protégées). Les vaches ont reçu la même ration pendant au moins trois périodes consécutives, « une période se définissant comme la durée entre deux contrôles laitiers », précisait Essi Evans. La dose de vitamines protégée était de 3g/vache/jour.

Les données individuelles de production laitière (PL), de taux protéique (TP) et de taux butyreux (TB) ont été collectées sur les trois contrôles laitiers consécutifs, ajustées à 150 jours de lactation puis analysées.

Sur les 23 essais, 12 ont été retenus pour l’analyse représentant au total 1.216 vaches dont 467 primipares.

« Tout cela conduit à dire que les quantités de vitamines B synthétisées dans le rumen ne sont pas suffisantes pour couvrir les besoins des animaux à forte production et soutenir la production optimale de protéines », résume Essi Evans (Jefo).

En partant du constat qu’une forte proportion des vitamines B apportées par les aliments étant dégradée par la microflore du rumen, les scientifiques ont eu l’idée de les apporter sous une forme protégée « pour que les animaux puissent en tirer profit de façon optimale au niveau métabolique ».

La société Jefo, spécialisée dans le domaine des additifs non médicamenteux de haute performance destinés à la nutrition des volailles, des porcs et des ruminants ainsi qu’à l’aquaculture, a ainsi mis en place un travail. Objectif : évaluer les effets d’une supplémentation en vitamines B protégées (biotine, acide folique, acide pantothénique et pyridoxine) sur les performances de production des vaches laitières en compilant les résultats de différents essais.

Améliorations tout au long de la lactation

Les résultats en un clin d’œil

L’apport des vitamines B protégées (3 g/j/vache) permet une amélioration significative de la production laitière (35,3 kg/jour vs 34,2 kg/jour), du taux protéique (32,1 g/kg vs 31,5 g/kg), du taux butyreux (36,5 g/kg vs 35,6 g/kg), du rendement protéique (1,13 kg vs 1,07 kg) et du rendement en matières grasses (1,27 kg vs 1,19 kg).

La production laitière est plus importante chez les multipares (+1,2 kg/jour) que chez les primipares (+0,8 kg/jour) que chez les primipares. L’hypothèse posée par les scientifiques sur cette différence au niveau du rang de lactation est que « les multipares ayant un niveau de production élevé répondent dans une moindre mesure à la supplémentation en vitamines B protégées que les primipares ayant un niveau de production faible ».

L’amélioration de la production de lait est plus importante en début qu’en fin de lactation.

L’analyse des résultats compilés montrent « l’intérêt d’un apport en vitamines protégées du groupe B sur l’amélioration des performances de production quantitatives et qualitatives des vaches laitières et ce tout au long de la lactation » résume Essi Evans.

Ces essais mettent également en avance des résultats inattendus : ainsi, « des améliorations de performances semblent être modulées par le niveau de production, le rang et le stade de lactation des animaux ».

Au final, ces travaux font apparaître clairement que l’apport en vitamines protégées du groupe B a un impact positif sur les performances de production des vaches laitières. « Ces résultats montrent que non seulement les animaux ayant un fort niveau production, mais aussi les primipares ayant un niveau de production plus faible, répondent de manière significative à la supplémentation en vitamines du groupe B protégées », poursuit le scientifique.

Enfin, les résultats laissent suggérer que les animaux âgés et les vaches en début de lactation sont plus sensibles à ce type de supplémentation.

Pour aller plus loin

Institut de l’élevage : www.inst-elevage.asso.fr.
Journée 3R : www.journees3R.fr

 

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