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Compte provisoire de l’agricultureLa valeur de la production agricole baisse encore en 2020

Le compte provisoire de l'agriculture pour 2020 indique une baisse de la valeur de la production agricole. (©Pixabay)
Le compte provisoire de l'agriculture pour 2020 indique une baisse de la valeur de la production agricole. (©Pixabay)

L’Insee a publié le 7 juillet le compte provisoire de l’agriculture pour 2020, et si la crise sanitaire n’a pas touché de plein fouet la production agricole, cette dernière a cependant été affectée par la perturbation des débouchés et surtout par les mauvaises conditions climatiques. On constate ainsi une baisse générale de la production, notamment céréalière, et une diminution de la valeur ajoutée agricole de 2,6 %.

La sécheresse et la crise sanitaire (ainsi que la réduction des débouchés liée aux restrictions) ont pesé sur les performances économiques du secteur agricole, indique le compte provisoire de l’agriculture pour 2020 publié par l’Insee le 7 juillet. La production de la branche agricole hors subventions sur les produits baisserait en valeur de - 1,9 %.

Baisse de la production céréalière

Le repli est surtout marqué sur la production végétale qui diminue de 4,8 % en volume, en raison d’une production céréalière en baisse de - 18,8 %. Cette tendance est visible sur le blé tendre (- 26,1 %) et l’orge (- 24,1 %), mais pas pour la production de maïs qui augmente de + 6,6 %, boostée par l’augmentation des surfaces. Les protéagineux diminuent également (- 9,8 %), tout comme les fruits et légumes qui se replient respectivement de - 6,3 et - 3,1 %. Très touchée par la jaunisse, la production de betteraves chute quant à elle - 30,8 %. Enfin, la production de pommes de terre progresse de 3,4 %.

La production animale (hors subventions) croît légèrement en volume (+ 0,4 %), avec une augmentation pour les porcins (+ 1,6 %), le lait (+ 0,8 %) et les œufs (+ 2,5 %), et une diminution pour les veaux (- 3,2 %) ainsi que pour les volailles (- 2,5 %).

Prix en hausse pour la production végétale

Parallèlement, le prix de la production végétale (hors subventions) rebondit de + 2,5 %, la demande mondiale soutenant le cours des céréales qui grimpent de 12,2 % par rapport à 2019. La faible production et l’augmentation de la consommation à domicile ont permis un renchérissement des prix des fruits (+ 10,8 %) et des légumes (+ 6,7 %). La fermeture de la restauration hors domicile a en revanche pénalisé les pommes de terre, dont le prix se contracte de - 3,1 %, tout comme le prix du vin (- 3,4 %).

Les prix sont en baisse pour la production animale : - 4,8 % pour les porcins, après une belle année 2019 soutenue par la forte demande chinoise, - 6,8 % pour les œufs (– 6,8 %), - 0,7 % pour le lait. Le prix de production des gros bovins diminue encore (- 0,8 %), tandis que celui des ovins-caprins augmente (+ 5,9 %).

Une nouvelle baisse de la valeur ajoutée

Sur trois ans, la production végétale augmente néanmoins en valeur (+ 6,1 %), tout comme la production animale (+ 1,5 %), mais la valeur ajoutée brute de la branche agricole diminuerait pour la deuxième année consécutive (– 1,8 % après – 5,5 % en 2019), indique l’Insee.

Avec 7,8 milliards d’euros, les subventions sont en baisse de 467 millions d’euros, ce qui s’explique par la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en allègement de cotisations patronales et par une légère baisse des aides couplées. Cette diminution contribue, après la prise en compte des impôts également, à une diminution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de 2,6 %. Ramenée à l’actif agricole, cette baisse serait de 0,9 %. En termes réels (c’est-à-dire en prenant en compte l’indice de prix du produit intérieur brut), la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif diminuerait de 3,3 % en 2020, après une baisse de 5,1 % en 2019.

Analysant les résultats présentés par l’Insee, l’APCA relève de son côté la réduction des investissements réalisés par les agriculteurs depuis 10 ans. « C’est une évolution préoccupante : réduire ses investissements au moment où d’importantes transitions sont nécessaires pourrait compromettre l’avenir de l’agriculture », redoutent les chambres d’agriculture, qui comptent sur le plan de relance pour enrayer cette tendance.

Journaliste politique et économie

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