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Coordination rurale« Un plan protéines déjà vu et sans ambition »

Le ministère de l’Agriculture a présenté un nouveau plan protéines. Si l'intérêt agronomique de cultiver les protéines en France est incontestable, il apparaît cependant que, d'un point de vue économique, cet énième plan de relance ne sera pas plus efficace que les précédents selon la Coordination Rurale dont voici le communiqué.

Un éternel recommencement

« Les programmes successifs pour la reprise de ces cultures ont tous été basés sur des soutiens à enveloppe maximale. L'histoire se répète à chaque fois. La première année, peu d'agriculteurs s'y risquent et touchent finalement des aides assez conséquentes. La deuxième année, tout le monde s'y engouffre et chacun touche finalement une minuscule miette du gâteau. La troisième année, il n'y a plus de candidats. Conséquence : le plan de relance échoue.

C'est une fois encore une enveloppe fermée que propose S. le Foll. D'ailleurs, le ministère ne s’y trompe pas ; il estime que l’aide à l’hectare ira du simple au double. La suite est donc prévisible : un nouvel échec.

Quelques éléments positifs

L’intégration des cultures protéiques aux Sie est une avancée intéressante, de même que leur introduction dans les systèmes irrigués. Mais cette dernière mesure n’étant pas encore validée par la Commission européenne, il est délicat d’en faire un argument pour le choix des assolements que les agriculteurs ont, pour la plupart, déjà déterminé à cette date.

Quant aux mesures concernant le plan de compétitivité et l'accès à des Pdr (Programmes de Développement Rural) pour l’obtention de financements destinés à la modernisation des outils de récolte, elles sont floues et n’ont hélas pratiquement aucune chance d’aboutir. Même s’il y a des possibilités sur ces enveloppes, les choix des régions n’appartiennent pas à M. Le Foll.

Pour des prix de vente motivants

La CR et l’Opg rappellent au ministre que l’intérêt majeur des cultures protéiques produites sur notre territoire est qu'elles sont exemptes d'Ogm. Vu la demande pour ce genre de graines par le secteur de l'élevage, un encouragement dans cette voie qualitative aurait été perçu favorablement.

Ce capharnaüm d'aides présenté reflète bien la phase terminale de la Pac et l'incapacité de la France à faire entendre sa voix à l'UE. Plutôt que de proposer une carotte mâchée et remâchée, assortie de nombreux coups de bâton, le ministère ferait mieux de miser sur des prix de vente motivants pour les agriculteurs. »

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