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Pac 2015/2020Un plan protéines végétales de 147 M€ pour rendre la France plus autonome

Un plan protéines végétales de 147 M€ pour rendre la France plus autonome

La dimension écologique de ce plan, présenté par Stéphane Le Foll, vise à exploiter toutes les opportunités agronomiques pour développer les productions de protéagineux et de légumineuses dans les exploitations agricoles, quelle que soit leur orientation.

Quelques semaines avant l’entrée en vigueur des nouvelles mesures de la Politique agricole commune pour la période 2015/2020, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a présenté le "Plan protéines végétales pour la France".

En voulant associer la performance écologique à la performance économique, ce plan s’inscrit pleinement dans l’orientation de la politique élaborée rue de Varenne depuis deux ans et demi (Loi d'avenir pour l'agriculture, Giee, "Ambition bio 2017" etc).

La dimension écologique de ce plan vise en effet à exploiter toutes les opportunités agronomiques pour développer les productions de protéagineux et de légumineuses dans les exploitations agricoles.

La dimension économique réside dans la volonté d’aider les éleveurs à maîtriser les coûts d’alimentation de leurs animaux et au niveau national, à rendre la France moins dépendante des importations de soja d’Amérique. A très court terme, le continent américain n’aura pas les moyens de répondre à la fois aux besoins des pays asiatiques et européens. Ce qui entraînera une rupture d’approvisionnement avec une inflation démesurée des prix des protéines végétales importées contre laquelle le plan protéines végétales entend se prémunir.

Le plan de protéines végétales 2015/2020 de 147 millions d’euros (M€) comprend un premier volet "productions" de 49 M€ et un second volet "autonomie fourragère des élevages" de 98 M€. Son financement est assuré pour les six années à venir par le prélèvement de deux points sur le budget des aides découplées du premier pilier Pac. Et son fonctionnement serait articulé dans une nouvelle enceinte interprofessionnelle issue de la fusion de l’Onidol (graines et fruits oléagineux) et de l’Unip  (plantes riches en protéines).

Les mesures financées pour six ans

La construction de ce nouveau plan protéines se distingue des précédents car il repose sur les différentes mesures liées à la mise en place de la nouvelle Pac (paiements "verts" du premier pilier (1) et les Maec en zones intermédiaires) qui le rendent cohérent, selon le ministre de l’Agriculture. Ainsi, sa pérennité ne serait pas seulement dépendante d’écarts de prix relatifs entre les céréales et les oléo-protéagineux très liés à la conjoncture des marchés : en 2010, les différences de prix, défavorables pour les protéagineux, avaient rendu caduques les mesures du bilan de santé de la Pac prises pour développer la production de protéines végétales.

En productions végétales, le plan de Stéphane Le Foll serait ainsi financé par une aide couplée à la production de :

- 35 M€ pour la production de protéagineux (pois, lupin, féverole) ;

- 6 M€ pour la production de soja ;

- 8 M€ pour la production de légumineuses fourragères déshydratées.

Selon le ministère de l’Agriculture, le montant des aides à recevoir serait compris entre 100 € et 200 €. Les enveloppes de crédits sont fongibles et si la mesure rencontre un succès trop important auprès des agriculteurs, l’aide à l’hectare serait réduite à 100 €. Et elle ne porterait que sur une surface limitée.

Le programme "Ambition bio 2017" s’inscrit déjà dans la volonté de renforcer l’autonomie en protéines végétales des exploitations converties en bio. Et une Maec en cours de négociation avec la Commission européenne introduisant des légumineuses dans les systèmes irrigués, pourrait compléter le dispositif.

En productions animales, le plan "protéines végétales" vise à renforcer l’autonomie fourragère des élevages. 

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