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Semis 2022Un premier bilan contrasté des semis de colza

Et chez vous ? Comment se portent vos colzas ? N'hésitez pas à partager la situation de votre secteur dans les commentaires en dessous de l'article.(©Terre-net Média)
Et chez vous ? Comment se portent vos colzas ? N'hésitez pas à partager la situation de votre secteur dans les commentaires en dessous de l'article.(©Terre-net Média)

Avec la chaleur et les pluies très aléatoires, la période des semis de colza a été particulièrement tendue et longue cette année. En cette fin septembre, agriculteurs et institut technique réalisent un premier bilan à l'échelle de l'Hexagone. (Article mis à jour à 13h37)

Le bilan est à ce jour relativement contrasté. Beaucoup de régions ont souffert et souffrent encore de la sécheresse. « Les conditions n'étaient pas réunies pour un semis de colza optimal cette année. En témoigne une longue période d'implantation, qui s'est étalée de début août jusqu'au 20-25 septembre dans plusieurs secteurs, et qui explique notamment la situation hétérogène des parcelles aujourd'hui dans l'Hexagone », indique Jean Lieven, ingénieur régional Terres Inovia en Normandie à l'occasion d'un webinaire organisé par Corteva Agriscience et Terre-net Factory le 29 septembre 2022.

Du stade cotylédons à 10-11 feuilles 

« Les colzas vont du stade cotylédons, pour ne pas dire "pas tout à fait levé", au stade 10-11 feuilles au sein d'une même région. Dans l'ensemble, les secteurs Bourgogne et Champagne-Ardenne ne s'en sortent pas trop mal, mais c'est plus compliqué pour le Centre-Val-de-Loire, la Lorraine et particulièrement en Charente », note l'expert. 

Lors du webinaire, plusieurs agriculteurs ont également pu faire part de leurs situations. Pour Cédrick Picard, chef de culture à Barc dans l'Eure, « les semis ne se sont pas trop mal passés, on a finalement reçu l'eau tant attendue ». L'hétérogénéité est aussi présente sur son exploitation, située de part et d'autre de la Seine, avec des types de sols très différents (limons profonds, sableux, argilo-calcaires...). Ses parcelles vont du stade cotylédons à 6-8 feuilles.

Aussi installé en Normandie, François Dufour, qui travaille également en tant que responsable filières et environnement chez Corteva Agriscience, témoigne de semis plus tardifs de ses colzas associés autour du 23 août, avant la pluie. Dans l'Oise, Guillaume Chartier a, lui, testé le strip-till pour un semis au monograine le 12 août avant les quelques pluies annoncées. Pour le moment, l'agriculteur se dit plutôt content de l'essai : « le colza est dans de bonnes dispositions, au stade 6-8 feuilles ». « Il faut préciser que la moisson a été particulièrement précoce cette année. Cela a permis de faire des apports de fientes et de vinasse, et un travail du sol à chaque fois pour enfouir la matière organique. »

Sur sa chaîne Youtube "David Forge, les Bonus", l'agriculteur d'Indre-et-Loire partage également l'état de ses colzas : « plutôt bien implantés et au stade 6-8 feuilles au 24 septembre ». Découvrez son témoignage dans la vidéo ci-dessous : 

Cliquez sur le curseur pour lancer la vidéo. 

« Tout reste rattrapable »

« C'est beaucoup trop tôt aujourd'hui pour prédire le potentiel de rendement des colzas en 2023, ajoute Jean Lieven. Tout ce qu'on sait, c'est que le semis reste une phase cruciale et que la phase automnale qui suit va conditionner le colza à tolérer plus ou moins bien les aléas climatiques ou les attaques de bioagresseurs. L'idéal est d'avoir une dynamique de développement régulière bien sûr, mais tout reste rattrapable aujourd'hui. »

« Avec l'été sec, on ne s'attendait pas à partir du même pied que l'an dernier en colza, estime l'expert. Toutefois, les semis réalisés tardivement montrent la volonté de semer du colza ». Selon un sondage publié sur Terre-net entre le 20 et 27 septembre 2022, la sole de colza reste stable cette année pour plus de 43 % des agriculteurs (944 votants). Elle augmente de plus de 5 % pour 24 % des votants, mais diminue de plus de 5 % pour 32 %. 

Retrouvez tous les détails ci-dessous :  

Points d'attention à l'automne

Pour les colzas levés, les deux grands points d'attention à l'automne restent les adventices et les ravageurs. Concernant ces derniers, on peut citer notamment « les altises et leurs larves, qui rongent le colza pendant l'hiver. Pas de solution miracle, mais un semis précoce, l'usage de la fertilisation au semis et la pratique du colza associé restent des leviers agronomiques majeurs pour esquiver ce risque. Les plantes gagnent en vigueur et ont un meilleur rythme de développement, sauf quand la pluie n'est pas là bien sûr... », précise Jean Lieven. C'est pourquoi il préconise de se tenir prêt dès début août pour saisir les opportunités...

Si « la fertilisation durant l'automne n'est pas autorisée à ce jour, les différents organismes de la filière travaillent pour une évolution de cette règle », note Guillaume Chartier, aussi administrateur de la Fédération des producteurs d'oléo-protéagineux (Fop). 

Au sujet de la gestion des adventices, il faut noter que « la période d'interculture particulièrement sèche n'a pas été favorable à la réalisation de faux-semis », rappelle Jean Lieven. Comme Cédrick Picard, « de plus en plus d'agriculteurs ont désormais recours à la post-levée, qui permet d'investir dans le désherbage une fois que le colza est correctement levé, observe François Dufour. Cela donne aussi plus de souplesse dans l'organisation du chantier et permet de répondre à des problématiques géranium ou chardon-marie dans certaines régions. » 

Pour le contrôle des graminées avant hiver, François Dufour a tenu à rappeler trois « bonnes pratiques essentielles en ce qui concerne la propyzamide », pour la préservation de cette molécule  :

  • « 1 seule application à 750 g/ha par campagne de colza »
  • « Pas d'application sur sol trop sec ou saturé en eau pour éviter les échecs ou les ruissellements » ;
  • « Pour une bonne efficacité, privilégier la période entre novembre et décembre et viser les adventices au système racinaire peu développé. ».

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