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Vu sur le web« Faut-il conserver des colzas qui ont tardé à lever ? »

En cas de colzas levés tardivement, il est indispensable de « redoubler de vigilance en anticipant les agressions d’insectes et le développement d’adventices », selon Gilles Sauzet. (©Syppre)
En cas de colzas levés tardivement, il est indispensable de « redoubler de vigilance en anticipant les agressions d’insectes et le développement d’adventices », selon Gilles Sauzet. (©Syppre)

Cette campagne encore, beaucoup de colzas ont souffert du manque d'eau lors de l'implantation. Faut-il conserver des colzas qui ont tardé à lever ? Retrouvez les recommandations de Gilles Sauzet, ingénieur de développement chez Terres Inovia, suite aux expérimentations menées sur la plateforme Syppre Berry.

« Faut-il conserver des colzas qui ont levé tardivement ? » Selon Gilles Sauzet, ingénieur de développement chez Terres Inovia et responsable de la plateforme Syppre Berry, la réponse est globalement oui, mais cela va nécessiter plusieurs points d'attention...

« La réussite de la campagne n'est impossible »

Tout d'abord, deux facteurs essentiels vont conditionner cette décision : la date de levée, qui ne doit pas dépasser la fin du mois de septembre, et la structure de peuplement. « Le peuplement doit être de qualité et la répartition homogène. Celui-ci doit être situé entre 15 et 35 pieds par mètre carré, à adapter bien sûr au contexte pédologique. La réussite de ces colzas sera, de toute façon, fortement dépendante des conditions météorologiques, contrairement à un colza robuste, explique l'expert. L’agriculteur prend un risque supplémentaire, mais la réussite de la campagne n’est pas impossible ».

Un itinéraire technique adapté sur la plateforme Syppre Berry

Pour la suite, il est alors indispensable de «  redoubler de vigilance en anticipant les agressions d’insectes et le développement d’adventices ». Sur la plateforme d'essais du Berry, les équipes Syppre ont mis en œuvre plusieurs interventions et traitements pour «  assurer une croissance continue des colzas » : 

  • « Contre les adventices, deux anti-graminées foliaires ont été appliqués début octobre et début novembre pour contrôler les repousses de céréales nombreuses et très vigoureuses, puis un traitement anti-dicotylédones début décembre (à mi-dose) et fin décembre (à pleine dose associé à un anti-graminée contre les vulpins par temps pluvieux). »
  • « Contre les insectes, il a été appliqué un traitement contre les altises adultes et les charançons du bourgeon terminal fin octobre, puis contre les larves d’altises fin décembre, et contre les charançons de la tige en début de montaison. »
  • « Plusieurs applications d’azote, de phosphore et de soufre ont été réalisés, en février (avant une pluie) à dose modérée, puis en mars (azote et souffre), grâce à une météo favorable. Un nouvel apport d’azote et de soufre devrait être prévu au stade E. »

Pour le moment, cet itinéraire technique semble porter ses fruits : « la croissance des plantes est continue, même si la biomasse aérienne est faible, la parcelle est propre et la plante saine ». Cette stratégie, bien que coûteuse, pourrait donc « donner des résultats, à condition d’avoir de la chance et une météo favorable tout au long du cycle printanier, estime Gilles Sauzet. Au prix où est le colza, cela peut être intéressant de prendre ce risque ».

Journaliste cultures

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