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Changement climatiqueLes systèmes bovins viande devront mieux maîtriser le déficit d’herbe estival

Les systèmes bovins viande devront mieux maîtriser le déficit d’herbe estival

Dans le Limousin, le changement climatique à l’horizon 2050 engendrera un déficit d’herbe estival plus important dans les exploitations de bovins-viandes. Ces dernières devront apprendre à mieux gérer leur stock fourrager sur l’ensemble de l’année. Extrait du rapport AFClim.

Dans le cadre d’une étude sur le réchauffement climatique, le centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture s’est penché sur le cas des exploitations bovines du Limousin, en prenant une exploitation-type familiale de 95 ha, dont 91 ha de prairies avec un troupeau de 103 Ugb de race limousine. Les broutards de 14 mois sont destinés à la filière italienne. Le système de l’exploitation est techniquement simple, avec un faible chargement, une stabulation 100 % paillée, mais avec une sensibilité importante aux conditions climatiques et une faible autonomie en concentrés. L’unique filière de vente et l’unique ressource fourragère constitue également les menaces de ce système. On rencontre ce système sur la majeure partie de la zone limousine et plus particulièrement sur le Haut-Limousin. Il existe également dans les zones élevées du plateau de Millevaches et dans les zones à étés plus secs, mais dans des structures plus importantes et à des niveaux de chargements plus faibles.

Des rendements fourragers maintenus voire à la hausse

Dans cette zone, le changement climatique n’entraîne pas d’augmentation forte du nombre de jours échaudants et les ressources en eau sont abondantes. Concernant l’herbe, le nombre de jours de pâturage augmente de 8 jours ou plus au printemps et à l’automne, grâce à l’allongement de la période de pousse et au maintien des conditions d’accès aux pâtures pour des fauches précoces et pour les animaux en automne. Des problèmes peuvent apparaître au printemps pour gérer la pointe de travail pour la première coupe.

Les conditions de resemis des prairies temporaires seraient meilleures à l’automne qu’au printemps. Les rendements augmenteraient légèrement. L’une des principales contraintes que pose le climat de 2050 sur ce système d’exploitation est la nécessité de pallier le déficit d’herbe estival par un apport de fourrages grossiers de complément (report du printemps vers l’été). Or, le taux de fauche au printemps est déjà très élevé (près de la moitié de la surface en herbe est fauchée en première coupe) et augmenter ce ratio conduirait à un déséquilibre dans le système (toutes les surfaces fauchées au printemps fourniraient trop d’herbe à faire pâturer en automne). Ce phénomène conduisant à un gaspillage de la ressource est déjà observé actuellement les années où l’automne est favorable ; il pourrait devenir habituel dans le contexte du changement climatique.

Pour le maïs, actuellement utilisé à double fin (grain ou ensilage), les conditions de culture seront maintenues dans les zones de plus basse altitude (raccourcissement du cycle de production permettant une moindre exposition au déficit hydrique estival) et améliorées dans les zones de haute altitude, sans toutefois permettre chaque année une récolte en grain. Les rendements seraient maintenus en moyenne pour le maïs ensilage, mais plus variables. L’irrigation, actuellement peu pratiquée en dehors du bassin de Brive, pourrait s’avérer intéressante. Les rendements en luzerne seraient maintenus.

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