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Mal-être en agricultureAgir sur trois piliers, « l’entreprise, le technique et l’humain »

Suite au rapport du député Olivier Damaisin, le gouvernement a déployé fin 2021 sa feuille de route pour l’accompagnement des agriculteurs en difficulté, mais la profession agricole, dont les chambres d’agriculture, n’a pas attendu pour prendre le sujet à bras le corps. Cécile Foissey, de la chambre d'agriculture de Haute Marne, témoigne de son expérience en vidéo.

Céclie Foissey est médiatrice, formatrice et coach à la Chambre d'agriculture de la Haute-Marne.
Céclie Foissey est médiatrice, formatrice et coach à la Chambre d'agriculture de la Haute-Marne. (©Capture d'écran Youtube - Chambres d'agriculture France)
 

Humaniser, prévenir et accompagner : ce sont les trois axes de la feuille de route gouvernementale face au mal-être des agriculteurs, dévoilée en novembre 2021. Pour la déployer, les pouvoirs publics s’appuient sur l’expertise des associations, des dispositifs et des organisations du monde agricole qui travaillent depuis des années sur cette problématique, comme les réseaux « sentinelles », les cellules Réagir des chambres d’agriculture, ou le service Agri’écoute de la MSA.

Pour évoquer cette problématique, présenter les dispositifs d’aide existants et des témoignages d’accompagnement, les chambres d’agriculture, organisent avec la FNSEA, Jeunes Agriculteurs, la Coopération agricole et la MSA une journée autour du mal-être en agriculture ce 15 juin.  

« La force de mon intervention, c’est que je connais l’exploitation agricole »

A cette occasion, Cécile Foissey, médiatrice, formatrice et coach à la chambre d'agriculture de Haute-Marne, explique dans une vidéo comment les chambres d’agriculture travaillent pour détecter le mal-être d’un agriculteur et accompagner ce dernier. Il ne s’agit pas forcément d’un problème économique, « parfois, on se rend compte que des fermes tournent bien économiquement, mais que l’on a des problèmes d’entente qui génèrent du mal-être, ou des problématiques personnelles de dépression, de passage à vide », souligne-t-elle.

Retrouvez ci-dessous le témoignage vidéo de Cécile Froissey

L’une des difficultés, ajoute-t-elle, c’est que « l’agriculteur est souvent le dernier à se préoccuper de lui, il se préoccupe déjà de ses animaux, de sa ferme, et lui il passe en dernier ». « Ensuite, travailler sur soi n’est pas si simple », précise la conseillère, qui a une formation de thérapeute. « La force de mon intervention en tant que chambre d’agriculture, c’est que je connais l’exploitation agricole, et que comme c’est très lié aux problématiques de la vie d’un agriculteur, où la différence entre vie privée et vie professionnelle est souvent ténue, le fait que je connaisse leur métier est un plus pour l’accompagnement », ajoute Cécile Foissey.

Faire le lien entre l’économique et l’humain

Les conseillers chambre spécialisés en entreprise, et ceux des cellules Réagir « peuvent faire appel à moi quand derrière un problème économique, il y a un problème humain », précise-t-elle. « Parfois, c’est une problématique humaine qui va bloquer une problématique technique, parfois une problématique technique va créer des difficultés humaines, ou encore de l’économique va générer des tensions entre associés », témoigne la conseillère, qui met en avant « un vrai lien entre trois piliers, l’entreprise, le technique et l’humain ».

Au sein des chambres, « travailler sur ces trois piliers nous permet de faire des aller-retour et de voir là où on peut aider au mieux aider, et d’aller débloquer les freins là où ils sont », conclut-elle.

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