Menu

Changement climatiqueAprès une année climatique sans précédent, l’APCA élabore son plan d'action

Sébastien Windsor, président des chambres d'agriculture, lors de la conférence de rentrée de l'APCA le 24 août. (©Terre-net Média)
Sébastien Windsor, président des chambres d'agriculture, lors de la conférence de rentrée de l'APCA le 24 août. (©Terre-net Média)

Entre le gel, les inondations, l’été humide, les productions agricoles ont été mises à rude épreuve cette année. Face à des événements climatiques qui risquent désormais de devenir la norme, les chambres d’agriculture se mobilisent sur le terrain pour accompagner les agriculteurs dans l’adaptation. Le plan de relance, mais aussi la future Pac et le Varenne de l’eau, sont autant de leviers pour aboutir, dès 2022, à un plan d’action déclinable et adapté à chaque territoire.

 

« C’est la première fois que je fais une rentrée à l’APCA sans avoir fini ma moisson... », commente Sébastien Windsor, président des chambres d’agriculture, en introduisant la conférence de presse de rentrée des chambres d'agriculture, le 24 août. Avec la pluviométrie de l’été, la moisson française n’est en effet achevée qu’aux deux tiers, avec un retard considérable pris dans la moitié nord du pays.

Une qualité inquiétante pour la valorisation des céréales

« C’est une année assez hétérogène, avec des qualités inquiétantes pour la valorisation des céréales », explique ainsi Christophe Hillairet, secrétaire général de l’APCA. L’humidité a rendu un certain nombre de blés non panifiables, avec des conséquences sur les prix, explique l’agriculteur francilien qui a lui-même eu des décotes à 30 euros la tonne sur son blé. « Quand vous avez des gens engagés dans des contrats à 180 €, on voit tout de suite ce que ça engendre économiquement, à l’échelle de l’exploitation », ajoute-t-il.

Christophe Hillairet, secrétaire général de l'APCA.
Christophe Hillairet, secrétaire général de l'APCA. (©Terre-net Média)
 

Cette tendance est d’ailleurs confirmée par le cabinet Agritel, pour qui honorer les débouchés traditionnels en blé meunier nécessitera « un important travail du grain en amont, tandis que des aménagements de cahier des charges devront être âprement négociés ». La part de blé fourrager sera particulièrement importante cette année, en raison de la faiblesse des poids spécifiques.

Du côté des éleveurs, les récoltes de foin ont été compliquées dans certaines régions, avec les pluies régulières, ce qui génère des inquiétudes concernant l’approvisionnement, aussi bien en protéines qu’en céréales, compte tenu de la hausse des cours, explique encore Christophe Hillairet.

Une année climatique qui n’en finit plus d’être compliquée

Sans compter que les pluies de l’été n’ont pas été le seul phénomène climatique désastreux de l’année. En effet, le gel d’avril a fortement touché l’arboriculture et la viticulture, et les inondations au début de l’été dans certaines zones ont affecté les cultures de céréales, colza et pois.

Par ailleurs, les conditions sont désormais compliquées pour réimplanter des cultures, avec des sols « tassés, matraqués », indique le secrétaire général de l’APCA. Les contraintes climatiques pèsent donc encore pour la suite de l’année. Ainsi, l’implantation du colza risque d’être plus complexe, entre certaines zones où le sol est trop sec, et d’autres où l’humidité est en excès. « La vraie difficulté, c’est surtout que quand on n’a pas fait la moisson, c’est difficile de semer le colza », explique Sébastien Windsor, qui évoque également une autre conséquence de ce décalage : la difficulté à semer les SIE dans les délais impartis pour toucher les aides Pac.  

Dès 2022, un plan d’action face à cette problématique structurelle

Si les aléas climatiques ne sont pas inconnus des agriculteurs, « ce qui est nouveau, c’est leur fréquence, leur ampleur et les conséquences globales » qu’ils génèrent, souligne le président des chambres d’agriculture. Ces événements deviennent « une vraie problématique structurelle », et constituent « un enjeu très fort pour mieux accompagner les agriculteurs », ajoute-t-il. Face à cela, les chambres d’agriculture ont « changé de braquet et se mobilisent très fortement », insiste Sébastien Windsor.

Les trois volets du Varenne agricole de l’eau et du changement climatique constituent un levier pour élaborer, dès 2022, « un plan d’action dans chaque région, chaque territoire, et accompagner les agriculteurs face aux enjeux du changement climatique », explique le président des chambres. Ce dernier espère des résultats rapides du premier volet pour un système assurantiel réformé et opérationnel dès l’année prochaine. De leur côté, les chambres d’agriculture travaillent, dans le cadre du deuxième volet, sur un diagnostic de l’impact du changement climatique à l’échelle des régions et des territoires, un travail qui doit être terminé pour novembre.

Les chambres d’agriculture sont également à l'œuvre pour tirer parti, sur le terrain, du plan de relance (diagnostics carbone, PAT…) et de la nouvelle Pac. L’APCA collabore ainsi à la définition opérationnelle de la MAE pour zones intermédiaires, qui doit permettre de diversifier les assolements sur les exploitations où les niveaux de rendements sont aujourd’hui assez bas. Les chambres développent également les MAE de transition (MAE forfaitaires) qui auront pour objectif d’accompagner l’agriculteur dans la prise de risque liée à une modification dans son système.

Enfin, toujours dans le cadre de la Pac, les chambres anticipent pour permettre au plus d’agriculteurs possibles d’accéder à l’écorégime. « Si presque tout le monde y a accès, il ne faudra pas dire que c’est parce que c’est trop facile, c’est parce que l’on aura anticipé et permis aux agriculteurs de modifier leurs pratiques », prévient ainsi Sébastien Windsor.

Journaliste politique et économie

Réagir à cet article

Sur le même sujet