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Mise en œuvre de la Pac en 2015Pour la Coordination rurale, les éleveurs sont sacrifiés

Dans une lettre rendue publique, la section viande de la Coordination rurale souligne les décisions en trompe-l’œil pour soutenir la production de bovins viande et les revenus de leurs éleveurs.

Pour la Coordination rurale, le ministre de l’Agriculture défend une réforme de la Pac « en droite ligne de toutes les précédentes qui n'affiche qu'un seul changement : une baisse du budget ».

« Dans ces conditions, il aurait été préférable d'opter, avec un brin de courage, pour une Pac qui encadre, régule et protège nos différents marchés européens pour garantir un prix de vente supérieur aux coûts de production », écrit dans un courrier rendu public, Michel Manoury, président de la section Viande de la Coordination rurale. Et puisque Stéphane Le Foll n’a pas répondu à sa demande de recevoir une délégation afin de discuter de la mise en œuvre de la réforme de la Pac en 2015, le responsable de la CR a décidé de lui faire part par écrit de ses positions.

Ainsi, ce dernier souligne dans ce courrier les « signaux contradictoires et trop partiels » que le président de la République et Stéphane Le Foll, « ont envoyés aux éleveurs allaitants. Ils plongent ces derniers dans une situation d'inconfort le plus total ».

Selon Michel Manoury :

- « le maintien de la Pmtva se traduit en réalité par une baisse de son budget. Son montant unitaire de 200 € ne sera tenable que pour une faible partie du cheptel  ;

- les bénéficiaires de la nouvelle Ichn fusionnée avec la Mae seront perdants ;

- le soutien à l'engraissement : l'aide unitaire de 60 € par animal n'est finalement accordée qu'à 25 animaux contractualisés et abattus en France ».

« Concernant l'aide à l'engraissement, nous jugeons inacceptable de la limiter aux animaux abattus en France », ajoute Michel Manoury.

« Si vous souhaitez imposer à la filière de la viande bovine le modèle d'intégration et de contractualisation de la filière porcine, vous commettez … une grave erreur compte-tenu de la santé économique du secteur porcin ».

« Il en est de même si vous vous obstinez à appliquer aux éleveurs de bovins viande les mêmes conditions d'accès aux aides que celles déjà proposées aux éleveurs ovins. »

Outre les critères de contractualisation requis pour toucher les aides à l’engraissement, la Coordination rurale attire l’attention du ministre de l’Agriculture « sur l'aberration des seuils et des planchers » imposés.

« Cette discrimination est tout simplement scandaleuse, et votre argument pour justifier ce saupoudrage de la rigueur budgétaire ne tient pas, lorsque celle-ci ne s'applique pas partout : 220 millions d'euros notamment pour le budget de l'Agence de la Biodiversité ». 

Le syndicat conteste aussi l’absence de reconnaissance de l'ensemble des actifs agricoles.

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