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Marchés céréaliersMétéo et fondamentaux : de bons signaux pour booster le prix du blé

Le prix du blé, que ce soit sur le physique en récolte 2020 ou récolte 2021, ou sur le marché à terme, reprend des couleurs depuis début avril, à la faveur de signaux plus positifs pour les cours. (©Pixabay)
Le prix du blé, que ce soit sur le physique en récolte 2020 ou récolte 2021, ou sur le marché à terme, reprend des couleurs depuis début avril, à la faveur de signaux plus positifs pour les cours. (©Pixabay)

Un temps plus sec en Europe mais aussi de l’autre côté de l’Atlantique, un regain de demande des pays importateurs maghrebins… : plusieurs indicateurs boostent actuellement le prix du blé en Europe et en France.

 

Non seulement le prix du blé se maintient à un bon niveau, mais il progresse bien depuis début avril, à la faveur de signaux favorables tant du côté de la demande que de celui de la météo. Jeudi 15 avril, le blé rendu Rouen récolte 2020 reprenait des couleurs, à 213 €/t, soit 13 € de plus qu’une semaine auparavant. En nouvelle récolte, la hausse est identique, avec le cap des 200 €/t franchi mercredi 14.

Après un mois de mars inquiétant – le blé rendu Rouen ancienne récolte avait perdu 30 €/t en un mois – ce rebond des cours depuis début avril résulte d’abord de conditions météos aussi inquiétantes pour l’état des cultures qu’encourageantes pour le maintien des prix. « Un climat sec touche en effet les blés français, allemands, et du Royaume-Uni actuellement », explique notre expert dans sa dernière analyse.

Un temps sec qui alimente certaines inquiétudes

Les gelées hivernales de ce début avril ont fortement impactées les betteraves. Avec certes moins de certitudes, elles risquent d’altérer le potentiel de production des céréales d’hiver. En attendant les prochaines semaines pour pouvoir estimer de potentiels dégâts, FranceAgriMer a maintenu ses notations de culture à 87 % de « bon à très bon », contre 62 % l’an dernier et 80 % en moyenne quinquennale.

C’est désormais un climat sec qui tend à maintenir les cours. Et cette tendance météo devrait perdurer pour les deux prochaines semaines en Europe.

De l’autre côté de l’Atlantique aussi, le temps est au sec. Le manque de précipitations et les températures basses entravent le bon déroulement des semis de printemps aux États-Unis et au Canada.

Les conditions de cultures, tant en Europe qu’aux États-Unis, « resteront probablement le facteur déterminant pour guider les cours ces prochains mois », a confirmé Paul Le Bideau, chargé d’études économiques à FranceAgriMer, à l’issue du conseil spécialisé grandes cultures du 14 avril.

La reprise des cours trouve aussi une explication du côté de la demande : les importateurs maghrébins – l’Algérie, la Tunisie et, en tête, l’Egypte – ont profité de la contraction des prix au mois de mars pour relancer des appels d’offres.

L’Algérie a ainsi terminé ses achats de blé ancienne campagne, avec un volume négocié de 520 000 t avant le démarrage du Ramadan. Quand le jeûne musulman sera terminé, le pays entamera ses achats pour la nouvelle récolte.

L’Egypte, quant à elle, a d’ores-et-déjà opéré son premier appel d’offre pour la nouvelle récolte. Un achat de plus de 340 000 tonnes pour lequel l’origine russe, au prix très compétitif de 234 €/t, a été privilégiée. Avec un tel prix, les Russes affichent la couleur pour la prochaine campagne, en dépit de la nouvelle taxe flottante à l’export qui sera instaurée à partir du 2 juin prochain. 

Selon notre expert marchés Marius Garrigue, la Russie compte bien montrer sa « capacité à s’imposer sur le marché mondial malgré la taxe flottante ». Ceci dit, « cette forte décote du blé nouvelle campagne face à la récolte 2020 devrait motiver les importateurs à repousser davantage leurs achats pour la période estivale. »

Les opérateurs français espèrent bien profiter, dès que possible de ces opportunités à l’export. FranceAgriMer a ainsi relevé de 100 000 t son objectif vers les pays tiers pour cette campagne, « au regard du réalisé et de la demande algérienne et africaine à attendre d’ici la fin de la campagne ».

Rédacteur en chef de Terre-net

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