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Bilan météoUn mois de juin particulièrement pluvieux

Un mois de juin coupé en deux, à moitié estival et pourtant très pluvieux. (©Pixabay)
Un mois de juin coupé en deux, à moitié estival et pourtant très pluvieux. (©Pixabay)

Après un printemps frais, juin a renoué avec la chaleur. En revanche, dans la continuité du mois de mai, les précipitations ont conservé un niveau très élevé. Frédéric Decker, météorologue à MeteoNews, revient sur la climatologie de ce mois en France.

La chaleur a été omniprésente du 1er au 19 juin sur la plupart des régions avant une troisième décade nettement plus fraîche (14 jours de chaleur par exemple à Orly du 1er au 19, 0 du 20 au 30). Bien que modérément fraîche, cette dernière décade a quelque peu abaissé la moyenne mensuelle qui était partie pour être parmi les plus élevées des 75 dernières années. La température moyenne mensuelle nationale atteint 19,5 degrés pour une normale 1991-2010 de 18,3 degrés, soit 1,2 degré d'excédent, mais 1,7 degré au-dessus de la normale 1981-2010 et 3,0 degrés au-dessus de la normale 1951-80 (trentaine d'années les plus froides du 20e siècle). Seuls trois mois de juin ont été plus chauds depuis 1946 : 2005 (19,7 degrés), 2017 (20,4 degrés) et 2003 (21,5 degrés). Deux mois de juin sont à égalité avec 2021 : 1976 et 2019. Le maximum national absolu atteint 37,3 degrés le 14 à Perpignan. Nous restons très loin des 46,0 degrés atteints dans le Gard en juin 2019 ! Le 1er, à l'inverse, Charleville-Mézières enregistrait 3,2 degrés seulement. On notera aussi un étonnant 4 degrés le 4 à Brest. Une valeur qui frôle le record de froid absolu pour un mois de juin dans cette ville, s'établissant à 3,8 degrés le 2 juin 1962. L'excédent thermique a surtout été marqué sur les régions méridionales et près des frontières de l'est, alors que la Bretagne et la Normandie connaissaient un mois de juin dans les clous thermiquement parlant.

Graphique températures juin 2021
(©MeteoNews)

Soleil de saison

Le soleil a très largement brillé en première quinzaine, nettement plus que la normale, avant un brutal coup d'arrêt, la seconde moitié du mois ayant été anormalement sombre au gré des passages perturbés et orageux successifs qui ont apporté une masse nuageuse abondante. Ce qui fait de ce mois de juin une période "dans les clous" : 233 heures d'ensoleillement national moyen pour une normale de 232 heures. Brest est la ville ayant reçu le moins de rayons : 153 heures seulement. Ajaccio et Marseille se partagent la première place du podium avec 351 heures de lumière.

Beaucoup de pluie

Après les orages parfois violents et très pluvieux du tout début de mois, une certaine sécheresse s'installe du 4 au 15 : peu voire pas de pluie sur l'ensemble de nos régions. La situation bascule ensuite avec des vagues orageuses virulentes tout d'abord du 16 au 22, puis l'établissement d'un courant dépressionnaire d'origine océanique, apportant des pluies régulières et parfois abondantes. En moyenne nationale, la France a reçu 91 mm ou litres d'eau par mètre carré au cours de ce mois pour une normale de 55 mm, soit un fort excédent de + 65 %. Il faut remonter à juin 1997 pour trouver un chiffre au moins aussi élevé (109 mm, record), et seuls cinq mois de juin ont été plus arrosés que 2021 : 1997, 1992, 1963, 1957 et 1953. Les régions méditerranéennes ont toutefois reçu peu d'eau.  Ainsi, il n'est pas tombé la moindre goutte à Avignon (Vaucluse) ! Et c'est à Saint-Yan, en Saône-et-Loire, que le cumul mensuel le plus important a été relevé avec 205 mm. L'activité orageuse a été forte durant ce mois de juin, rattrapant partiellement le déficit hydrique du printemps.

Phénomènes divers

Le 19 juin, une tornade frappe la commune de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, en Indre-et-Loire. Elle emporte le clocher de l'église sur son passage et provoque des lourds dégâts. Elle est classée de type F2 (sur l'échelle de Fujita qui va jusqu'à F5). D'autres tornades, plus faibles et de courte durée, concernent la Charente, la Seine-Maritime et le Doubs les 21 et 22 puis la Dordogne le 24. Les orages ont par ailleurs pu provoquer des inondations et des violentes rafales de vent par endroits, notamment du Bassin parisien aux frontières de l'est et au sud de la Garonne.

Un mois de juin coupé en deux donc, à moitié estival avec soleil et chaleur en première quinzaine, très arrosé, frais et sombre ensuite. Il figure malgré tout parmi les cinq mois de juin les plus chauds depuis 1946.

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