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SucreCristal Union renoue avec les bénéfices, après sa restructuration

Le groupe sucrier Cristal Union (marque Daddy) a renoué avec les bénéfices lors de son exercice décalé 2020/21, recueillant les premiers fruits de la restructuration de son outil industriel et tirant profit de la hausse des cours. Article mis à jour à 17h36.

« Nous renouons avec une performance importante, malgré une récolte en baisse. Notre chiffre d'affaires s'établit à 1,7 milliard d'euros, notre Ebitda à 201 millions d'euros, et notre résultat net à 69 millions d'euros », a déclaré lundi Xavier Astolfi, directeur général adjoint du groupe, lors d'une conférence de présentation des résultats. Ce bénéfice permet de rompre une spirale négative pour le deuxième groupe sucrier français, qui avait connu en 2018/2019 la première perte de son histoire (- 99 millions d'euros), avec la chute des cours du sucre après la fin des quotas et une nouvelle année difficile en 2019/20 (- 89 millions d'euros), notamment en raison des coûts générés par une restructuration. Celle-ci s'est traduite notamment par la fermeture des sucreries de Toury (Eure-et-Loir) et de Bourdon (Puy-de-Dôme).

Cette année a permis de limiter les conséquences sur la rentabilité du groupe des baisses de récolte de ses betteraviers coopérateurs. Ceux-ci ont vu leurs rendements reculer d'environ 30 % en raison d'une épidémie de jaunisse « sans précédent » sur les cultures, a rappelé le groupe.

Malgré ce contexte agronomique défavorable, le chiffre d'affaires a légèrement progressé (+ 3,8 %). « C'est lié notamment à notre activité sucre qui représente la moitié de la création de chiffre d'affaires, et c'est en partie lié à une augmentation des prix du sucre dans l'ensemble de l'Union européenne », a souligné M. Astolfi.

Le groupe a également bénéficié d'une hausse des prix de « près de 20 % » de l'alcool et de l'éthanol. « Malgré une baisse des volumes vendus dans l'éthanol, nous avons été capables de tirer avantage de l'augmentation des prix du pétrole et de faire en sorte que l'éthanol que nous vendons soit tiré à la hausse », a indiqué le dirigeant. La forte demande en alcool, notamment pour produire des solutions hydroalcooliques, a permis de compenser partiellement cette baisse des ventes d'éthanol. « Sur les gels hydroalcooliques, nous avons fait des ventes d'alcool qui ont largement dépassé nos ambitions pré-Covid, puisque nous sommes passés de 50 000 hectolitres à plus de 500 000 », a indiqué M. Astolfi.

Pour le prochain exercice, « nous pensons que les prix européens vont monter », a déclaré Alain Commissaire, directeur général du groupe, soulignant notamment la hausse des prix mondiaux, amenée à se poursuivre, selon lui. Il a notamment évoqué une forte révision à la baisse de la récolte brésilienne de canne à sucre de 630 à 550 millions de tonnes, touchée par une « sécheresse larvée ». Autre facteur de nature à faire grimper les cours du sucre, selon M. Commissaire, la remontée des cours du pétrole, qui pourrait inciter le Brésil à produire davantage d'éthanol et donc moins de sucre.

Dans cet élan d'optimisme, le groupe entend revoir en nette hausse la rémunération de ses planteurs : après une année 2020 qui a payé la tonne de betterave à 25,50 euros en moyenne, le groupe se fixe pour 2021 un objectif à 27 euros « et surtout un objectif à moyen terme de 30 euros », a indiqué M. Astolfi.

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