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AgroéquipementLes ventes décollent mais les délais s'allongent !

Les industriels souffrent de retard d'approvisionnements et de livraisons, freinant la production et augmentant les coûts. (©Adobe Stock)
Les industriels souffrent de retard d'approvisionnements et de livraisons, freinant la production et augmentant les coûts. (©Adobe Stock)

L'année 2021 devrait se terminer avec une hausse des ventes située entre 8 et 11 % selon le syndicat des constructeurs. La filière a bénéficié du plan de relance, qui a clairement boosté les ventes depuis mai dernier. La crainte des constructeurs concerne les problèmes d'approvisionnement en composants, nécessitant dans certains cas extrêmes de stopper les chaînes. Côté tracteur, les ventes ont retrouvé un niveau élevé, à la hauteur de ce qu'elles étaient en 2013.

 

Axema, le syndicat des constructeurs de matériel agricole, annonce une hausse des ventes importante pour 2021. Le carnet de commande devrait terminer l'année avec une augmentation située entre 8 et 11 %. Le prix des productions agricoles, et le plan de relance de l'État, ont clairement boosté le marché de l'agroéquipement. Seul bémol actuellement : les industriels font face à des problèmes d’approvisionnement et de livraison, qui font tomber les marges.

Du côté agriculteur, la demande en équipements neufs est actuellement soutenue. Dans l’enquête de conjoncture réalisée par l'institution en septembre 2021, 90 % des industriels et des importateurs de matériels agricoles ont déclaré avoir un bon, voire très bon carnet de commandes pour la fin d’année 2021 et le premier semestre 2022. Résultat : le marché se porte entre 6,5 et 6,7 milliards d’euros.

Un ralentissement attendu pour le second semestre 2022

Les constructeurs craignent cependant un ralentissement de l'activité au second trimestre l'an prochain. D'abord, ils prennent en compte la fin de l’effet plan de relance dont ils ont bénéficié, puisque c'est à partir de mai 2021 que les ventes ont bondi. Le contre coup mécanique est donc à craindre et 2022 pourrait alors marquer la fin du cycle haussier d’investissement entamé mi-2017. Le marché du neuf arriverait ainsi à un niveau de stabilisation en valeur sur 2022, principalement grâce au bon premier semestre pour lequel les commandes sont déjà remplies.

L’incertitude sur l’évolution des cours agricoles, les politiques publiques et les récoltes de 2022 seront autant de facteurs capables d'influencer l’évolution du marché, sans oublier l’allongement parfois considérable des délais de livraison. Ils pourraient bien pénaliser le chiffre d’affaires des entreprises au second semestre 2022. Comme le reste de l'industrie, la filière agroéquipement rencontre des difficultés d'approvisionnement.

Huit semaines de délai supplémentaires

Pénurie de composants, flambée du prix des matières premières et coût du transport... autant de paramètres qui impactent directement la capacité de production et la marge des constructeurs. L'acier a par exemple augmenté de 40 % si l'on se réfère à sa valeur en août 2021 par rapport à août 2020. 83 % des dirigeants interrogés ont dû allonger leur délai de livraison, en moyenne de 8 semaines.

Les concessionnaires font leur possible pour limiter l'impact sur les agriculteurs, en mettant à leur disposition par exemple des machines de substitution. Côté fabricants, les spécifications de certaines machines peuvent être modifiées en vue de livrer plus rapidement, voire même livrer des outils partiellement terminés. Sans compter que la pression sur la chaîne d’approvisionnement accroît le coût de production. Axema déclare d'ailleurs que 96 % des entreprises interrogées ne répercutent pas totalement le surcoût sur le prix de vente.

24 657 tracteurs au neuvième mois de l'année

Question tracteur, l'indicateur du nombre de certificat d'immatriculation délivré pour les engins neufs grimpe. Les chiffres du marché tracteur ont retrouvé leur plus haut niveau depuis 2013. Sur les neuf premiers mois de l'année, 24 657 tracteurs ont été immatriculés (source : Axema), soit une croissance de 14,9 % par rapport à 2020 et 14,5 % par rapport à la moyenne quinquennale de 2015 à 2019. 

En matière d'équipement, la protection des cultures, le semis, la fertilisation et la manutention sont les familles de produits ayant le plus bénéficiées de l'élan actuel. Les marques déclarent avoir une forte augmentation de leur chiffre d'affaires sur le marché du gros.

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