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Réforme de l’assurance récolteGroupama mise beaucoup sur la pédagogie auprès des jeunes agriculteurs

Avec la fréquence accrue des aléas climatiques ces dernières années, les primes d'assurance multirisque climatique, ne devraient pas baisser, selon Groupama. (©Terre-net Média)
Avec la fréquence accrue des aléas climatiques ces dernières années, les primes d'assurance multirisque climatique, ne devraient pas baisser, selon Groupama. (©Terre-net Média)

Au lendemain de la commission mixte paritaire entre sénateurs et députés entérinant une version plus « musclée » de la réforme de l’assurance récolte, Groupama se dit optimiste pour que cette dernière permette une plus large souscription des agriculteurs pour assurer leurs cultures. Mais le maintien, voire la hausse des primes d’assurances devra être compensée par d’autres arguments convaincants auprès des producteurs qui s’en passent actuellement. Sans quoi l’objectif d’une couverture de 60 % des surfaces de grandes cultures à l’horizon 2030 ne sera pas atteint.

 

« Une réforme historique, pensée pour les agriculteurs, inscrivant les assureurs dans une logique de partenariat public/privé, et reposant sur les principes de solidarité et d’universalité » : Voilà qualifié, par les représentants de Groupama, lors d'une conférence de presse jeudi 17 février, le projet de réforme de l’assurance multirisques climatiques. Un projet que les sénateurs avaient, mercredi 8 février, quelque peu « musclé » par rapport à la version validée par les députés.

Au lendemain de la tenue de la commission mixte paritaire entre députés et sénateurs, qui a conforté la version amendée, les représentants de Groupama ont affiché leur optimisme quant aux effets de cette réforme pour sauver le dispositif.

Car il s’agit bien de sauver le dispositif d’assurance récolte : depuis sa création en 2005, le taux de surfaces couvertes en grandes cultures n’a pas dépassé les 30 %. Un chiffre insuffisant, selon les assureurs, pour être économiquement pérenne. La multiplication des aléas climatiques ces cinq dernières années rend « le dispositif intenable pour les assureurs », selon eux. Les aléas de 2016 ont mis le ratio sinistres/primes dans le rouge et n’est pas repassé dans le vert depuis.

Selon Groupama, le dispositif actuel d'assurance récolte n'est pas tenable.
Selon Groupama, le dispositif actuel d'assurance récolte n'est pas tenable. (©Groupama)
 

Avec une charge de sinistres supérieure à 200 M€ pour le seul assureur Groupama, l’épisode exceptionnel de gel d’avril dernier après un redoux tout aussi inhabituel un mois plus tôt a été le « facteur déclencheur » de la réforme. Sur toute la France, « plus de 80 % de nos sociétaires en viticulture ont déclaré un sinistre, représentant 105 000 ha de surfaces agricoles sinistrées. Et près de 20 000 ha de cultures betteravières ont eu recours à la garantie de « re-semis », détaille François Schmitt, agriculteur et président de Groupama Grand Est.

L'année 2021 a été, avec l'épisode exceptionnel de gel en avril, le facteur déclencheur de la réforme du dispositif multirisque climatique.
L'année 2021 a été, avec l'épisode exceptionnel de gel en avril, le facteur déclencheur de la réforme du dispositif multirisque climatique. (©Groupama)
 

« La baisse des primes pas à l’ordre du jour »

La réforme ne sera cependant pas synonyme de baisse des primes d’assurances, bien au contraire. Dans un contexte de dispositif « déficitaire », la multiplication des aléas, et donc potentiellement des indemnisations engendrera une hausse des primes. Pacifica et Groupama l’avaient déjà annoncé en novembre dernier pour 2022. « Compte tenu de l’évolution du changement climatique, la baisse des primes n’est sans doute pas à l’ordre du jour », confirme Pascal Viné, directeur des relations institutionnelles de Groupama. Auprès de tous les agriculteurs qui ne souscrivent pas à l’assurance récolte en raison, notamment, de son coût, les assureurs devront alors trouver d’autres arguments.

« Il y avait jusqu’à présent une forte culture d’une intervention de l’État », notamment pour les aléas les plus exceptionnels. L’État n’interviendra qu’au troisième et dernier niveau du dispositif », rappelle François Schmitt. « Et si l’intervention de l’État baisse auprès des non-assurés, cela va mécaniquement augmenter le nombre de souscripteurs. »

Et tout comme le Gouvernement, le premier assureur agricole compte bien sur la nécessaire pédagogie à faire auprès des jeunes installés. « Il y a un vrai effort de pédagogie à faire ! Choisir de s’assurer contre les conséquences d’un aléa sur ses récoltes, ça doit être comme décider de traiter une ou deux fois ses parcelles contre une maladie. »

Ces arguments devront être suffisamment solides pour convaincre les jeunes agriculteurs de s’assurer sur le long terme, et ainsi atteindre les objectifs de couverture du dispositif désormais annexé au texte de la réforme : à l’horizon 2030, il s’agit, selon le rapport du député Frédéric Descrozaille, de couvrir 60 % des surfaces en grandes cultures et du vignoble (contre 30 % en 2020), 30 %  des cultures fruitières (contre un peu plus de 4 % en 2020) et 30 % des prairies.

L'objectif de la réforme de l'assurance récolte est d'au moins doubler le taux de couverture des surfaces en grandes cultures et en vignes.
L'objectif de la réforme de l'assurance récolte est d'au moins doubler le taux de couverture des surfaces en grandes cultures et en vignes. (©Groupama)

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